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Médias

Presse: Les violations pointées par le Conseil national

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5782 Le 15/06/2020 | Partager
Un rapport d’étape sur les irrégularités dans la couverture de la crise du Covid-19
Fake-news, exploitation frauduleuse de l’identité visuelle, appels à la violence…
Une série d’actions pour inverser la tendance

Depuis le début de la crise du Covid-19, les journalistes sont en première ligne pour assurer aux citoyens un accès à des informations crédibles et vérifiées. Néanmoins, durant cette période certaines irrégularités ont été relevées par la Commission de déontologie relevant du Conseil national de la presse. Il s’agit de violations aux règles d’éthique, ayant fait l’objet d’un rapport de cette instance dressant un bilan d’étape.

L’objectif est «d’attirer l’attention des confrères sur ces manquements». Mais cela n’exclut pas que les cas identifiés fassent l’objet d’une procédure disciplinaire, en vertu de la loi portant création du Conseil. Ce dernier a mis en place une feuille de route pour renforcer l’immunité du corps journalistique face à ce genre de pratiques.

Parmi les actions prévues, l’organisation de rencontres avec les professionnels autour des règles de déontologie, des sessions de formation en matière de couverture des situations de catastrophes ou de crises, en plus de l’élaboration de guides pratiques…

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Le rapport élaboré par le Conseil national de la presse a mis l’accent sur une série de mauvaises pratiques lors de la couverture de la crise du Covid-19, dont le non respect du droit à l’image et à la protection de la vie privée. Cela concerne particulièrement des sites électroniques d’informations, ayant publié des vidéos des contrôles menés par les autorités sans prendre la peine de flouter les visages des personnes concernées. D’autant que cela peut donner lieu à des poursuites judiciaires pour non respect de la présomption d’innocence, comme cela est noté par ce document.  (Ph Bziouat)

■ Théories du complot
Quelques jours seulement après l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, le Conseil national de la presse a alerté sur certaines pratiques comme «le recours de certains sites d’informations à exploiter ce sujet dans l’objectif d’augmenter leurs audiences, notamment à travers la publication de vidéos dénigrant les données scientifiques autour de cette pandémie». D’autres sites d’informations n’ont pas hésité à présenter des interprétations faisant le lien avec des théories du complot, ne se basant sur aucune donnée scientifique, selon cette instance.

■ Multiplication des fake-news
Des sites d’informations ayant publié des fausses informations ou des articles marqués par des violations de la charte de déontologie du Conseil national de la presse ont procédé à leur retrait. Néanmoins, le rapport élaboré par cette instance rappelle que cela reste insuffisant, dans la mesure où il était nécessaire de faire le point sur ces violations et présenter des excuses. «Une démarche décisive pour favoriser une mise à niveau de la profession», est-il indiqué. Ce rapport a également pointé la multiplication de certaines pratiques, comme l’exploitation illégale de l’identité visuelle de certains médias, pour la publication de fake-news. La chaîne de télévision Medi1 TV et le site d’information Hespress avaient publié des communiqués mettant en garde contre l’utilisation frauduleuse de leurs logos dans des vidéos publiées en ligne. Des professionnels ont également protesté contre la publication d’articles d’opinion en leurs noms, sans autorisation préalable des intéressés. D’autres sites électroniques n’ont pas hésité à faire la promotion de certaines informations erronées, comme la découverte d’un traitement du Covid-19 à base de plantes médicinales. Pour le Conseil national de la presse, ces supports étaient à la recherche de buzz, sans prendre la peine de vérifier ces informations avant leur publication, surtout vu leur impact potentiel sur la santé des citoyens.

■ La dignité humaine bafouée
Plusieurs vidéos publiées n’ont pas respecté l’obligation de préservation de la dignité humaine. C’est le cas notamment d’un site d’informations ayant mis en ligne un enregistrement, avant de le retirer plus tard, lorsque les responsables de ce support ont découvert que la personne interviewée souffrait de problèmes mentaux. Le Conseil a également pointé d’autres violations aux règles d’éthique, notamment dans des interviews réalisées avec des personnes en situation de handicap, d’une manière «mettant en cause le principe du respect de la dignité humaine».

■ Apologie de la violence
Parmi les mauvaises pratiques pointées, le traitement du sujet des migrants subsahariens durant la crise du Covid-19. Ce document pointe notamment un article, publié dans un site d’informations, «mettant en garde contre un potentiel risque de propagation du virus à Casablanca à cause des subsahariens, en utilisant des expressions comme «hordes», et des stéréotypes qui constituent de véritables violations à la Charte de déontologie du Conseil». D’autres cas ont été identifiés, comme la publication de vidéos portant sur la couverture de manifestations de sensibilisation à l’importance du respect des mesures de confinement. Des enregistrements mis en ligne contiennent une apologie à la violence, et parfois des appels au meurtre des personnes qui ne respectent pas les mesures de confinement, considérées comme des traîtres à la Nation.

M.A.M.

 

 

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