×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 203.440 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 254.995 articles (chiffres relevés le 29/5 sur google analytics)
Société

Foot/CAF: Un rapport d'audit compromettant

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5718 Le 13/03/2020 | Partager
Des défaillances à la pelle
Manque de traçabilité et de pièces justificatives dans plusieurs transactions
L'enquête a été commanditée par Ahmad Ahmad, président de l'instance africaine

Absence d’organisation et de procédures administratives, mauvaise gestion des finances, … les multiples maux qui rongent la Confédération africaine de football (CAF), ont été révélés au grand jour par un rapport d’audit réalisé par le cabinet international Price waterhouse Coopers (PwC) entre septembre et octobre derniers.

Cette enquête approfondie, commanditée par la CAF présidée par Ahmad Ahmad, a porté sur la gestion financière et opérationnelle de cette instance entre 2015 et 2019. Ce travail vise à définir et à accélérer la mise en œuvre du processus de réforme organisationnelle de cette instance africaine, dirigée pendant près de 30 ans par Aissa Hayattou (1988-2017).

comptes-caf-018.jpg

«Les remboursements à la CAF de Tactical Steel et ES Pro consulting et la constitution de ES Pro Consulting limited EAU en juillet 2019, sont extrêmement suspects. Ils pourraient indiquer un arrangement de ristournes clandestines entre les deux parties ou un cas de fraude fiscale par paiements off-shore», note le rapport de l’audit de la confédération

Le but est «de garantir que la CAF fonctionne avec transparence et efficacité, tout en respectant les normes de gouvernance les plus strictes», souligne le rapport remis à la Confédération. Ce document énumère les défaillances relevées par les auditeurs du cabinet international.

Ainsi, les pratiques comptables et le système de contrôle interne de la CAF fournissent un tableau limité de la gestion financière de l’organisation en ce qui concerne les justificatifs et les dépenses par principaux facteurs. Autre point sombre au tableau, «le manque de traçabilité de plusieurs transactions, l’absence de pièces justificatives acceptables ont rendu l’examen exhaustif des transactions difficile, lourd et fastidieux. Dans certains cas, il est impossible à déterminer», indique le document.

En outre, l’absence de contrôles financiers clés et le défaut des tâches dans les opérations financières quotidiennes ont été observées au cours de l’examen. Souvent, un seul employé a le pouvoir et doit exécuter des tâches contradictoires, comme approuver des dépenses, recevoir des biens et services et valider des paiements. Le rapport a pointé certains dossiers.

■ Peu de traçabilité des fonds de développement de la FIFA: Celle-ci avait versé 51 millions de dollars sur le compte bancaire de la CAF en Egypte sur la période de 2015 à 2018. Les auditeurs ont examiné 40 paiements totalisant 10 millions de dollars, représentant 41% du total des décaissements durant cette période. Sur les paiements examinés, 14 d’un montant de 4,6 millions de dollars n’étaient accompagnés d’aucune pièce justificative. Certains paiements étaient considérés comme inhabituels ou à risque élevé. Seuls 5 paiements totalisant 1,6 million de dollars étaient suffisamment documentés et semblaient conformes à l’objectif décrit. «Les exemples de paiement à risques observés comprennent le transfert de fonds de développement de la FIFA sur le compte opérationnel de la CAF pour lequel elle n’a pu fournir une explication ou une documentation satisfaisante». Idem pour «les paiements en espèces de grande valeur avec peu ou pas de documentation justificative, les chèques à encaisser par le personnel de la CAF sans description ou explication appropriée des utilisations des espèces», note le rapport. Ainsi, la traçabilité et la justification de l’utilisation des fonds de développement semblent compromises, en raison du mélange des fonds de la CAF et de la FIFA.

■ L’exclusivité à Lagardère-sports, sans appel d’offres: Selon l’accord signé par l’ancienne direction de la CAF, Lagardère-sports avait l’exclusivité des transmissions des matches. En contrepartie, cette société devait lui verser une contribution minimale de 1 milliard de dollars pendant la durée du contrat, entre 2016 et 2028. L’accord regroupe toutes les propriétés de la CAF et donne à Lagardère-sports l’exclusivité d’exploiter les droits sur toutes les plateformes de diffusion (TV, Internet et téléphone mobile). Ce qui réduit la concurrence sur le marché et peut être préjudiciable à la CAF. Ce contrat a été conclu sans appel d’offres. Cela peut être interprété comme un comportement anticoncurrentiel. D’ailleurs, l’Autorité égyptienne de la concurrence avait constaté en 2017 que l’accord était contraire aux règles en vigueur car passé sans appel d’offres. De même, la durée de cet accord de 12 ans rend l’évaluation de la valeur de cette transaction impossible.

■ Les paiements aux associations membres sans suivi: La CAF accorde des subventions annuelles à chacune des 54 associations membres (AM). Au cours de la période considérée (2015-2019), elle a versé un total de 27 millions de dollars, sous forme de subventions aux AM. Sauf que la confédération ne surveillait pas l’utilisation de ces dotations. En outre, la CAF n’a pas mis en place de procédures permettant d’identifier les signataires et le bénéficiaire effectif du compte bancaire sur lequel ils créditent les subventions. Pis, la CAF a effectué plusieurs paiements sur des comptes bancaires des AM qui ne sont pas domiciliés dans leurs pays d’origine. Selon le département des finances de la CAF, ces arrangements sont en place pour les AM situées dans des pays où les transactions bancaires sont restreintes.

■ Le décaissement en espèces pour des sommes importantes. La CAF a créé des réserves importantes de liquidités appelées «fonds de caisse», s’établissant à quelques centaines de milliers de dollars. Elle établit un chèque au nom d’un membre du département des finances qui retire l’argent du compte de la CAF et l’apporte à la caisse conservée dans les locaux de la confédération.

Le marché de Tactical Steel sème le doute

La CAF a passé plusieurs achats d’équipements sportifs, de kits d’arbitrage et de ballons de football auprès de Tactical Steel pour une valeur de 4,4 millions de dollars entre décembre 2017 et décembre 2018. Ces achats ont été finalisés et confirmés par courrier électronique et sans contrat émis par la CAF. Selon le rapport, l'ancien SG (Amr Fahmi), l’ancien SG adjoint aux finances (Essadik Alaoui) et l’ex-directeur financier (Mohamed El Sherei) ont approuvé et ordonné des paiements à Tactical Steel, basés sur des factures pro format, sans lui demander des factures définitives ou faire les contrôles nécessaires. Elle a émis ces factures pro format à la CAF sous 3 entités commerciales différentes: Tactical Steel France (constituée en juin 2016), ES Pro consulting France (constituée en mars 2018) et ES Pro Consulting limited EAU (constituée en juillet 2019). Ces trois sociétés ont une personne commune dans leurs propriétaires qui est Romuald Seillier. Selon les mails, cette société a procédé à des remboursements à la CAF considérés comme étant «extrêmement suspects et pourraient indiquer un arrangement de ristournes clandestines entre les deux parties ou un cas de fraude fiscale par paiements off-shore».

Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc