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Société

CAF: Lakjaâ plaide pour un grand toilettage

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5718 Le 13/03/2020 | Partager
«La gestion financière et administrative de la CAF n’a pas évolué en 30 ans»
«L’absence de procédures est manifeste»
L’ordonnance du président de la Fédération royale marocaine de foot
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«Partout, le marketing est devenu le nerf de la guerre dans la coupe du monde et dans les autres compétitions footballistiques. A la CAF, le marketing devait être au centre de l’activité. Il ne l’est pas», a souligné Fouzi Lakjaâ, président de la FRMF (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: Le rapport d’audit sur la gestion de la CAF a révélé plusieurs dysfonctionnements. Quels sont les principaux enseignements que vous tirez de ce travail?

- Fouzi Lakjaâ: La gouvernance n’avait pas évolué en fonction du management. Sur le plan footballistique et la gestion administrative et financière, la CAF est restée sur la même position pendant 30 ans. L’un des dysfonctionnements relevé porte sur l’absence d’une organisation adéquate pour accompagner l’évolution footballistique. Partout, le marketing est devenu le nerf de la guerre dans la coupe du monde et dans les autres compétitions footballistiques comme la Champions league, ou celles d’Europe et d’Asie. A la CAF, il devait être au centre de l’activité. Il ne l’est pas. Donc, l’absence d’une organisation qui a évolué au fil du temps devait être aujourd’hui au rendez-vous de tous les défis du football. En plus, nous ne pouvons pas rester sur les mêmes formats de compétitions d’il y a 40 ans.

Evoluer dans la rupture,
en consolidant l’expérience accumulée

- Quid des autres dysfonctionnements pointés par ce rapport?
- Le 2e grand problème révélé par le rapport d’audit réside dans l’absence des procédures. Nous avons une structure administrative où celles-ci n’existent pas. Qui fait quoi, qui engage la dépense, recouvre la recette, négocie le marketing…? Dans toute cette logique, vous avez un appareil qui a délégué la gestion administrative et financière au dernier rang pour se concentrer sur l’organisation des évènements et réduire ainsi la CAF à une structure événementielle, qui se contente d’organiser les rendez-vous dans les pays et ça s’arrête là. La 3e observation mise en valeur et c’est la conséquence de l’absence d’une organisation et des procédures donne automatiquement, à quelques cas, ayant été mal gérés où les responsabilités sont confuses et où les procédures ne sont pas respectées. Le rapport a parlé de Tactical Steel, des subventions données aux fédérations nationales… Pour moi, tout cela est la conséquence immédiate de l’absence d’une organisation et de procédures nettes et claires au sein de la structure.

- Au niveau de la gouvernance, quels sont les remèdes que vous comptez apporter?
- Pour moi, la CAF, au niveau de la gestion a besoin d’un changement dans la rupture. Cela veut dire que nous devons refaire les choses évidemment, en consolidant l’existant. Nous devons mettre en place une direction financière en bonne et due forme, avec les compétences et la séparation des pouvoirs… Il faut qu’il y ait des structures de marketing qui travaillent en symbiose avec la direction financière pour notamment augmenter les ressources. Nous devons réorganiser la structure des compétitions et renforcer celle du développement. L’organisation de la CAF est une structure qui est appelée à évoluer dans la rupture, en consolidant l’expérience qui a été accumulée.

- Le manque d’infrastructures est également décrié. Que faut-il faire pour rattraper le déficit?
- En matière de développement de l’infrastructure, le football africain a besoin d’un «Plan Marshall». Il faut s’atteler à trouver les moyens et les mécanismes financiers nécessaires pour corriger ces déficits. Car, nous ne pouvons pas dire que nous pratiquons le football selon les normes internationales.
Donc, il faut ce Plan Marshall pour trouver le système institutionnel et financier adéquat. Il faudra dégager les moyens nécessaires pour faire cet investissement et l’amortir sur une bonne maturité en permettant de réaliser un saut qualitatif et quantitatif vers l’avant à l’ensemble des pays du continent.

2 milliards de dollars  nécessaires pour combler
 le déficit en stades

- Quelles sont les estimations des montants en jeu?
- Aujourd’hui, si vous voulez construire un stade par pays, dans les normes, autour de 30.000 spectateurs, il vous faut près de 50 millions de dollars. Si vous multipliez par 40 pays qui manquent de ce type de stades, vous êtes déjà à 2 milliards de dollars. D’où l’annonce du président de la Fifa début février pour la mobilisation de 1 milliard de dollars pour commencer ce projet. Il faut au moins disposer d’un stade au niveau de la capitale où il sera possible de jouer une compétition de haut niveau pour les équipes nationales, les compétitions des clubs dans les conditions normées. Cela permettra leur commercialisation en vue d’avoir les moyens que vous pouvez par la suite réinjecter dans le football et le développement.

- La CAF a-t-elle conçu une feuille de route pour la mise en œuvre du Plan Marshall dont vous avez parlé?
- Nous n’allons pas nous réveiller un beau matin et trouver 1 milliard de dollars sur la table pour aller le dépenser. Aujourd’hui, la ligne directrice est là, le besoin est connu, nous connaissons nos moyens. Il faut mettre tout cela dans un projet ramassé et mettre en place un leadership. L’important est d’avancer pour le concrétiser dans les plus brefs délais parce que c’est l’urgence des urgences.

Coronavirus: Matches à huis clos

Les rassemblements massifs du public, quelle que soit la nature de l’activité, est un facteur de risque. Tout le monde suit avec inquiétude ce qui se passe un peu partout dans le monde. Au Maroc, de nombreux événements tels que le salon de l’agriculture, celui de l’automobile et le Forum Crans Montana ont été annulés.  Le comité exécutif de la Fédération royale marocaine de football a discuté de cette question. Tout le monde est conscient que «la sécurité sanitaire de notre public, des fans qui viennent dans les stades par milliers chaque week-end, est la priorité. Nous le faisons dans la douleur parce que nous savons que la présence du public dans un match de football est fondamentale. Mais, quand il y a des dizaines de milliers de spectateurs dans un stade, le risque est plus grand. Donc, par prévention et mesure de sécurité, nous avons préféré que les matches se déroulent sans public, pour une phase que j’espère la plus courte possible», souligne Fouzi Lakjaâ, président de la FRMF. Pour lui, le public pourra toujours les suivre à la télévision. Le président reste très attentif à l’évolution de ce virus. «Quand le mal disparaîtra, nous allons rétablir la situation», précise-t-il.
Sur le manque à gagner financier des clubs de football suite à cette décision, le président est formel: «je préfère que l’on perde des millions de dirhams par club que les vies humaines qui n’ont pas de prix. Pour les clubs, nous allons trouver le moyen de les soutenir et les accompagner. Ils sont compréhensifs. C’est la famille du football».

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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