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    Economie

    L’édition en quasi-stagnation

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5691 Le 05/02/2020 | Partager
    A peine +1,7% de titres sur un an en littérature et sciences humaines et sociales
    25% des auteurs sont à leur compte
    Un secteur encore anarchique

    +1.000 titres tous les dix ans. Voilà à quel rythme progresse la production éditoriale au Maroc, selon la Fondation du Roi Abdul-Aziz Al Saoud, qui vient de publier son cinquième rapport annuel sur l’état de l’édition et du livre au Maroc, en littérature et sciences humaines et sociales.

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    Entre 2014 et 2019, le nombre de titres produits au Maroc a presque doublé. Cependant, cette progression est notamment due à l’intégration des publications numériques, dont la veille a été renforcée. Sur un an, l’augmentation est de seulement 1,7%.

    Une évolution lente et somme toute dérisoire, notamment pour une population de près de 34 millions d’habitants. «L’édition au Maroc n’en est qu’à ses débuts! Certains pays ne comptant que 5 millions d’habitants produisent quatre fois plus de titres», relève Mohamed Sghir Janjar, directeur adjoint de la fondation.

    En 2018-2019, quelque 4.219 titres ont été édités, soit une très légère augmentation sur un an (+1,7%). Si l’on regarde l’évolution depuis 2014 (voir illustration), l’on constate que le nombre de titres produits a presque doublé. Une hausse exponentielle, mais en trompe l’œil. «Cette croissance est notamment due à l’intégration des titres numériques que nous pouvons désormais mieux recenser», explique Janjar.

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    Près de la moitié des titres édités relève des œuvres littéraires, du droit et des études islamiques. Des disciplines, comme les sciences, le management et la psychologie n’apparaissent que rarement dans le catalogue des éditeurs. 

    Pourquoi une évolution aussi timide du secteur? S’agit-il d’un déficit de productions intellectuelles, d’un manque de lecteurs, d’un défaut de financement…? Sans doute pour toutes ces raisons. Toutefois, l’édition marocaine bénéficie d’un appui financier de plus en plus renforcé.

    L’an dernier, 12,3% des publications ont été appuyées. Le ministère de la Culture finance les deux tiers des projets soutenus. Le livre marocain reste, en outre, le moins cher du Maghreb, avec un prix moyen de 72,7 DH. Son prix ne représente que le quart de la moyenne des livres en France.

    La production numérique est en progression continue. Les documents électroniques représentent aujourd’hui 20,3% de l’ensemble des publications (+12,7% par rapport à l’an dernier), contre 3,4% cinq ans plus tôt. Les méthodes de veille de la fondation se sont, certes, renforcées.

    Néanmoins, une réelle dynamique a été enclenchée, selon le rapport. Les e-publications englobent 112 numéros de revues, dont la moitié appartenant à des institutions privées, et s’intéressant principalement au droit, à l’économie, aux questions sociétales et à la philosophie. Elles couvrent également 745 livres, traitant en majorité d’économie, d’études religieuses et de politique.

    Les publications électroniques sont essentiellement rédigées en langue arabe, tout comme les éditions en format papier. 78% de l’ensemble des titres de 2018-2019 ont été produits en arabe. L’arabisation de l’édition marocaine a été enclenchée à partir des années 80, suite à l’arabisation de l’enseignement public et des études littéraires et des sciences humaines et sociales dans les universités.

    Des contenus centrés sur le Maroc

    En termes de champs disciplinaires, les œuvres littéraires se placent toujours en tête (20,4%), avec la poésie comme premier genre (35%), suivies du droit et des études islamiques. 64% des publications portent sur le Maroc.

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    La langue arabe domine toujours le champ éditorial marocain, le résultat d’une arabisation qui a démarré dans les années 80. La part des autres langues reste marginale. Par ailleurs, les deux tiers des publications sont centrées sur le Maroc.

    Les auteurs marocains restent focalisés sur les questions nationales et peu ouverts sur les enjeux mondiaux. «L’activité éditoriale marocaine semble tourner le dos au reste du monde. C’est le cas notamment du faible intérêt pour l’Afrique, avec 55 titres, la Méditerranée: 8 titres, et l’Asie: 12 titres», souligne le rapport.  

    Plus des trois quarts des auteurs sont marocains, suivis des Français (3,5%) et des Tunisiens (3,4%). 25% publient à compte d’auteur.

    Pour la fondation, ceci reflète la réalité du champ éditorial marocain encore peu structuré. Ceux qui publient à leurs frais voient généralement leurs productions limitées à leur entourage immédiat. «Beaucoup ne procèdent pas au dépôt légal auprès de la Bibliothèque nationale, et échappent ainsi à tout recensement, puisqu’il n’existe pas de système national de diffusion ou de registre national. C’est l’anarchie totale», regrette le directeur adjoint de la fondation. Les chiffres du secteur ne sont donc pas exhaustifs. La collecte de données se complète au fil des ans.

    Les éditeurs institutionnels publics et associations assurent 57,4% des ouvrages. A leur tête, la fondation Mouminoun Bila Houdoud, Editions Approches, le ministère des Finances, l’OCP Policy Center et Bank Al-Maghrib. La gent masculine continue de dominer le paysage éditorial, avec une part de 83% des productions.

    Ahlam NAZIH

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