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    Aide au développement: Alerte sur les dérives

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5642 Le 27/11/2019 | Partager
    Elle se transforme en outil de surendettement des pays pauvres
    Forte baisse des dons et hausse des prêts
    La Cnuced appelle au recentrage sur les secteurs productifs
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    En 2018, l’aide publique au développement des 30 membres du Comité d’aide de l’OCDE s’est élevée à 153 milliards de dollars. Ceci, sur la base de la méthode «équivalent-don». Selon la méthode fondée sur les flux financiers, l’aide se serait élevée à 149,3 milliards, soit 2,7% de moins qu’en 2017

    Grande mutation de l’aide publique au développement. D’abord, elle échappe de plus en plus au contrôle des pays pauvres. Elle devient ensuite le fait de fondations philanthropiques et s’érige enfin en mécanisme de surendettement des pays les moins avancés (PMA).

    D’où le tout récent appel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement aux pays donateurs pour «qu’ils recentrent  davantage leur soutien sur les secteurs productifs». Surtout en ce qui concerne les pays pauvres dont la grande majorité se situe en Afrique.   

    Selon le dernier rapport de la Cnuced, le paysage de l’aide publique au développement s’est transformé au cours des dernières années. Il a vu l’émergence de fondations philanthropiques, comme la Fondation Bill & Melinda Gates, de fonds thématiques consacrés à la lutte contre le changement climatique ou à l’éradication du paludisme ou du secteur privé. L’aide, qui ne dépend plus seulement des agences étatiques ou des banques de développement, s’est dispersée et devenue opaque.

    «Les capacités institutionnelles des PMA se heurtent à la complexité de plus en plus croissante de l’écosystème du financement», s’inquiète la Cnuced.Si l’aide extérieure continue d’augmenter, son rythme de croissance s’est ralenti. Elle a progressé en moyenne de 2% par an entre 2010 et 2018 contre 7% au cours de la décennie précédente.

    La plupart des membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n’ont toujours pas tenu leurs promesses d’allouer l’équivalent de 0,15% à 0,20% de leurs revenus nationaux à l’aide aux pays pauvres.

    Parallèlement, la part des aides dans le PIB des pays les moins avancés ne cesse de diminuer, passant de 16% en 1990 à 7%, en 2017, ce qui témoigne d’une réduction de leur dépendance, mais elle représente toujours pour eux la première source de financement extérieur. Et puis la Cnuced constate que «la hausse de l’aide octroyée aux PMA depuis 2011 s’est traduite principalement par une augmentation des prêts, alors que le volume des dons a surtout stagné, voire reculer». Au risque de mener au surendettement des bénéficiaires.

    Même analyse du côté de l’OCDE. En 2018, l’aide extérieure consentie par les donateurs du secteur public a baissé de 2,7% par rapport à l’année  précédente, et la part allouée aux pays qui en ont le plus besoin s’inscrit également en recul. Ce repli s’explique en grande partie par une diminution de l’aide affectée à l’accueil des réfugiés, du fait du reflux du nombre d’arrivées et du durcissement des règles permettant de défalquer des budgets d’aide publique certaines des dépenses relatives aux réfugiés.

    Les chiffres calculés sur la base des flux financiers de façon à pouvoir comparer les données de 2018 à celles de 2017 montrent que l’aide consentie en faveur des pays les moins avancés a baissé de 3% en termes réels. Celle destinée à l’Afrique de 4%, et l’aide humanitaire de 8%. Les dépenses d’APD ont augmenté dans 17 pays donneurs, la Hongrie, l’Islande et la Nouvelle-Zélande enregistrant les hausses les plus marquées. L’APD a en revanche enregistré un recul dans 12 pays, imputable dans certains cas à une baisse du nombre d’arrivées de réfugiés, les replis les plus marqués ayant été observés en Autriche, en Finlande, en Grèce, en Italie, au Japon et au Portugal.

    «Cet affaissement de l’aide publique est particulièrement inquiétant car il fait suite à des données montrant que les apports privés en faveur du développement diminuent également», relève l’OCDE. La contraction résulte du fait que les pays riches «ne tiennent pas leur engagement pris en 2015, ce qui remet en question les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030».

    Ainsi «l’investissement privé est devenu une composante essentielle du partenariat mondial pour le développement durable», note la Cnuced, qui doute, cependant, que les intérêts des entreprises privées étrangères coïncident avec ceux des pays pauvres. D’abord, parce que ces capitaux se concentrent dans une poignée de pays: 10 des 47 Etats les moins avancés ont absorbé environ 70% de l’ensemble du financement privé. Ils risquent aussi de favoriser les grandes entreprises au détriment des PME et d’accroître les inégalités à l’intérieur des pays destinataires entre villes développées et zones rurales.

    Par ailleurs, l’aide extérieure est de plus en plus difficile à tracer tellement les frontières entre financements publics et privés sont floues. En pensant que «les milliards allaient attirer les milliers de milliards», les agences de développement ont commencé à investir des fonds dans le secteur privé des pays pauvres, espérant attirer les financements d’entreprises, comme l’a fait l’Agence française de développement (AFD) avec sa filiale Proparco.

    A.G.

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