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    Economie

    Financement: 7 entreprises sur 10 écartées du crédit bancaire

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5638 Le 21/11/2019 | Partager
    En causse, la cherté de l’argent et les garanties exigées
    Le fisc, les coûts de facteurs et les conflits sociaux, les autres freins
    Deux tiers des grandes entreprises contrôlées redressées en 2019
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    La structure des entreprises est à 93% constituée de TPME contre 7% de grandes entreprises. Près des deux-tiers d’entre elles sont concentrées dans l’espace régional Casablanca-Tanger et 39% des entreprises sont implantées dans la région de Casablanca-Settat

    Difficile l’accès au financement. Environ 7 entreprises sur 10 n’accèdent pas aux crédits bancaires. «Et l’écrasante majorité est constituée des TPE», révèle la dernière enquête du HCP sur l’environnement économique de l’entreprise.

    En cause, la cherté de l’argent et les garanties exigées par les institutions financières. Un tiers des entreprises sondées estime que les conditions se sont davantage resserrées sur les 3 dernières années. Probablement sous l’effet de l’ampleur des créances en souffrance.

    D’ailleurs, l’inflation des défaillances d’entreprises, notamment le défaut de paiement, a atteint des proportions inquiétantes sur les deux dernières années. Du coup, seules les grandes entreprises arrivent à bénéficier de crédits bancaires: 56% contre 27% pour les TPME.

    La même prédominance d’entreprises de taille critique participe le plus à l’effort de l’investissement. Si la proportion sur les 3 dernières années s’élève à près de 40%, elle atteint le double pour les grosses entreprises, constate le HCP. La taille de l’entreprise s’érige en facteur déterminant de l’investissement. Toutefois, l’acte d’investir est entravé par le manque de financement pour les 2/3 des entreprises quelle que soit leur taille.

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    Dans l’ensemble, 58% des chefs d’entreprise sont insatisfaits des services offerts par les institutions financières. Ce mécontentement est plus accentué chez les TPE: 63%

    De même, la moitié des entreprises déclare avoir recruté, au cours des trois dernières années. Cette proportion atteint 90% pour les grandes entreprises (GE) et 70% pour les PME contre 38% pour les TPE. Les grandes structures recrutent principalement des profils d’un niveau élevé (ingénieurs, cadres supérieurs) alors que les TPE se contentent des techniciens spécialisés et des ouvriers qualifiés. La majorité de l’embauche est effectuée pour combler les départs ou pour raison d’expansion de l’activité.

    Les principaux obstacles au recrutement sont l’insuffisance des carnets de commandes pour 63% des entreprises et le coût élevé de la main-d’œuvre dans 26% des cas. Par ailleurs, un grand nombre de sondés déclarent que le système actuel d’éducation et de formation professionnelle ne leur permet pas de trouver sur le marché du travail des profils adéquats.

    L'industrie, avec 52% des entreprises, est le secteur qui souffre le plus de cette inadéquation. S’ajoute également l’environnement lié à la fiscalité. A cet effet, les entreprises se plaignent surtout du contrôle fiscal et de la multiplicité des redressements. A ce titre, aucune entreprise quelle que soit sa taille n’est épargnée. Le tiers des grosses entités déclarent avoir fait l’objet d’un contrôle fiscal dont 73% ont été redressées en 2019.

    Dans l’ensemble, le système fiscal est jugé contraignant par 60% des d’entreprises, un facteur de découragement de l’investissement par 95% d’entre elles et source de méfiance pour 88%. Et la majorité estime que le système favorise le recours à des pratiques informelles. Car, la fiscalité est jugée complexe par la moitié des entreprises.

    Un autre frein à l’activité des entreprises tient aux conflits sociaux. Près d’un cinquième des entreprises déclare avoir connu ces conflits. Ces problèmes sont présents de manière significative au sein des GE: 44%. Cette proportion est réduite de moitié pour les PME. S’ajoute aussi la lenteur de traitement des litiges commerciaux par les tribunaux. La contrainte est redoutée par la moitié des entreprises dans la mesure où elles sont encore confrontées à la difficulté d’application des décisions judiciaires.

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    Sur les 3 dernières années, 39% des entreprises ont réalisé des investissements. Cette proportion s’élève à 80% pour les grandes entreprises contre 49,5% pour les PME. Toutefois, l’acte d’investir est handicapé par le manque de financement pour les 2/3 des entreprises quelle que soit leur taille

    L’accès aux marchés publics est également pointé du doigt par des chefs d’entreprise. Une frange importante estime que la commande publique reste la chasse gardée de certaines entreprises. Le manque de transparence est évoqué par 56% des PME ayant soumissionné à un marché public.

    Par ailleurs, près de 89% des chefs d’entreprise considèrent que les délais de paiement après livraison des commandes publiques constituent un réel frein au développement de l’entreprise. Ce facteur menace beaucoup plus les TPME (90%) qui le considèrent comme obstacle majeur à très sévère à la continuité de leur activité.

    En ce qui concerne les principaux facteurs de production, 61% des chefs d’entreprise déclarent que le coût de l’énergie constitue un obstacle pour la compétitivité. Sans oublier que l’absence d’éthique au sein de l’administration publique est dénoncée par 57% des entreprises. Ce phénomène est relevé parmi les entreprises, tous secteurs confondus.

                                                                                      

    Méthodologie

    L’enquête du HCP a été menée auprès d’un échantillon de 2.101 unités: 769 représentant l’industrie, 371 la construction, 294 le commerce et 667 les services marchands non financiers. Couvrant tout le territoire national, elle a ciblé les entreprises organisées, à savoir celles qui détiennent une comptabilité formelle.

    Elle porte sur les entreprises opérant dans les secteurs de l’industrie, de la construction  et des services et exclut les secteurs financier et de l’agriculture. Cette enquête s’est déroulée entre les mois de janvier et juillet 2019. Elle a mobilisé 80 enquêteurs encadrés par 10 superviseurs.

    Les entreprises ciblées ont été classées selon le double critère du chiffre d’affaires et des effectifs employés par référence aux textes juridiques qui en fixent les limites au Maroc. Ainsi, les très petites et moyennes entreprises (TPME) sont celles dont le chiffre d’affaires est inférieur à 75 millions de DH et des effectifs inférieurs à 200 employés.

    Les très petites entreprises (TPE) sont définies comme étant les unités ayant un CA de moins de 3 millions de DH et un effectif inférieur à 10 employés. Les grandes entreprises (GE) sont celles dont le chiffre d’affaires est supérieur à 75 millions de DH ou des effectifs dépassant 200 personnes.

    A.G.

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