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    Société

    L’administration pénitentiaire tire la sonnette d’alarme

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5632 Le 12/11/2019 | Partager
    Les ressources budgétaires ne suffisent plus
    Déficit des dépenses liées à la gestion des établissements
    200 millions de DH d’arriérés pour l’eau et l’électricité
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    Le nombre de prisonniers grossit d’année en année au point d’atteindre 85.765 à fin septembre dernier. Sur cette population carcérale, il faudra prendre en compte 40,60% qui sont dans ces établissements à cause de la détention provisoire

    Le budget d’investissement de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) n’a pas bougé depuis 2013. Devant les députés de la Commission de la justice et de la législation, Mohamed Salah Tamek, connu pour son franc-parler, n’a pas dissimulé ses demandes d’augmentation des dotations de son département, adressées au ministre de l’Economie et des Finances.

    Le but est d’améliorer les infrastructures de base pour faire face aux sureffectifs dont souffrent les prisons. Pour le patron de la DGAPR, cela passera par la réalisation des projets de construction programmés dans les différentes régions. Il énumère les frustrations engendrées par la faiblesse des dotations budgétaires.

    En effet, la délégation ne peut pas par exemple lancer les travaux de construction de la prison locale de Laâyoune. Et du coup, elle ne peut pas procéder à la fermeture de l’actuel établissement. Pourtant, plusieurs associations des droits humains, nationales et internationales, l’avaient critiqué.  D’autant que ce bâtiment avait fait l’objet d’un engagement du Royaume du Maroc dans le cadre de son interaction avec les deux rapports des Nations Unies sur la lutte contre la torture en 2012 et 2014.

    Dans ce réquisitoire, Mohamed Salah Tamek ne mâche pas ses mots. Après sa réplique au rapport de la Cour des comptes, il met en relief les contraintes susceptibles de menacer la pérennité des acquis. Connues de tous, ces contraintes sont, en majorité, liées au maintien du niveau des ressources financières et humaines consacrées à la délégation générale alors qu’elles devaient augmenter.

    Elles sont insuffisantes pour peser sur la progression inquiétante des effectifs de la population carcérale. En effet, à fin septembre dernier, ils étaient 85.767 détenus contre 83.757 en 2018. Cette nouvelle hausse enregistrée impose naturellement une mobilisation de ressources humaines et financières suffisantes.

    Le but n’est pas seulement d’éviter de revenir sur les acquis, mais de garantir la sécurité des établissements pénitentiaires et l’intégrité des prisonniers. Surtout, à fin septembre dernier, la détention provisoire représente 40,60% de la population carcérale. Un autre élément assombrit le tableau: la délégation générale n’assure pas la couverture des dépenses liées à la gestion des établissements pénitentiaires. En effet, en matière de restauration des détenus, elle enregistre un déficit de 60 millions de DH. Idem pour le montant des arriérés de la consommation de l’eau et de l’électricité qui a atteint 200 millions de DH.

    Pour le patron, le maintien du même niveau de budget ne permet pas à cette administration de réaliser tous ses projets. Elle fait face à des difficultés relatives  à la mise à niveau des infrastructures de base et la poursuite des changements des prisons situés dans les centres urbains ou dans les quartiers menaçant ruine. Le déficit en matière de postes budgétaires cause la détérioration des indicateurs d’encadrement de la population carcérale.

    Pourtant, le PLF 2020 a consacré à la DGAPR 500 nouveaux postes budgétaires. Le tableau s’assombrit à cause de «l’absence de toute amélioration de la situation matérielle des fonctionnaires. Ce qui impacte négativement leur moral, leur rentabilité et réduit l’attractivité des compétences nécessaires pour se développer», indique le délégué général.

    En revenant sur les réalisations de cette année, il a rappelé l’ouverture d’une nouvelle prison à Tan-Tan. Celle de Berkane est programmée avant la fin de cette année. En plus, les travaux sont en cours pour la construction de plusieurs prisons notamment à Oujda, Assilah, Larache et El Jadida 2, avec une capacité globale d’accueil de 5.800 lits. La délégation générale a lancé les travaux de construction d’un établissement pénitentiaire à Dakhla, d’une capacité de 600 lits.

    A cela s’ajoute la rénovation des prisons de Taza, Aït Melloul, Toulal 2, Safi, Khénifra, Taounate, Fkih Bensalah, Oued Zem, Atita 2, Azilal, Zaïo, El Jadida, Tiznit et Tanger 1. Ces réalisations ont permis d’améliorer la capacité d’accueil qui est passé de  158.505 mètres carrés en décembre 2018 à 159.505 mètres en septembre de cette année.

    Il faut s’attendre à une amélioration de la surface réservée à chaque prisonnier d’ici 2022, après la fin de la construction de plusieurs établissements pénitentiaires pour atteindre 3 mètres carrés. Ce qui réduirait le taux de surpeuplement.  Mais son élimination dépendra de la maîtrise du nombre de détenus, particulièrement ceux en détention provisoire. Il faudra  rationaliser ce mécanisme et recourir aux peines alternatives, tout en prenant en compte la réalité des établissements pénitentiaires.

     Répartition régionale des prisonniers

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    La répartition des prisonniers à fin septembre dernier fait ressortir une forte implantation à Casablanca et à Rabat. Ces deux régions cumulent en effet 37,52% de la population carcérale. Elles abritent également le plus grand nombre d’établissements pénitentiaires

    1 médecin pour 821 détenus

    L’encadrement médical s’est également amélioré. En effet, au cours de cette année, la délégation a recruté 12 médecins et 10 chirurgiens dentistes. Ce qui a amélioré le taux d’encadrement qui est passé d’un médecin pour 883 prisonniers et un dentiste  pour 1.338 détenus en septembre 2018 à un médecin  pour 821 et un dentiste pour 1.180 à fin septembre. La restauration s’est également renouvelée, avec une amélioration en qualité et en quantité des repas. Cela s’explique notamment par la réactualisation des cahiers des charges, avec de nouveaux critères qui obligent les opérateurs à se conformer aux conditions de sécurité sanitaire, particulièrement dans la préparation et la distribution des repas. Les laboratoires accrédités pour effectuer le contrôle ont réalisé près de 200 visites pour procéder à des prélèvements avec examen microbiologique.

    Mohamed CHAOUI

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