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    Politique

    Remaniement: Moins de portefeuilles, plus d’efficacité?

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5612 Le 11/10/2019 | Partager
    Pour El Othmani, le regroupement de départements répond à un souci de cohérence
    Khalid Ait Taleb: enfin un déclic pour la Santé?
    Recul des politiques face à l’expertise des technocrates
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    Sur les 23 ministres, 6 arrivent pour la première fois au gouvernement, parmi eux des personnalités sans étiquette politique, choisies pour leur expertise, permettant de pallier certains dysfonctionnements constatés sous le mandat de quelques ministres partisans (Ph. MAP)

    Finalement, Saâdeddine El Othmani a tenu sa promesse de réduire le nombre des membres de son équipe. La nouvelle version de l’exécutif est passée de 39 à 23 ministres en plus du chef du gouvernement. Dans cette architecture, certains ministères ont été tout simplement supprimés.

    C’est le cas notamment du super ministère de la Gouvernance et des Affaires générales, dirigée jusqu’ici par Lahcen Daoudi. Ce département gérait des dossiers sensibles, dont le processus de réforme de la Compensation, mais également les relations avec des institutions internationales comme la Banque mondiale.

    Pour l’instant, El Othmani ne s’est pas encore prononcé sur le redéploiement des attributions de ce département. Des sources avancent que ces dossiers devraient être pris en charge au niveau de la primature. L’autre ministère qui ne figure plus dans la nouvelle architecture: la Communication. L’idée est de favoriser une autorégulation du secteur, surtout après la mise en place du Conseil national de la presse.

    Parallèlement, la logique de pôles qui caractérise le nouveau gouvernement s’est traduite par le rattachement de certains départements à d’autres. C’est le cas notamment de la Réforme de l’Administration, qui passe sous la houlette du ministère de l’Economie et des Finances. Idem pour la Culture, fusionné dans le même département que la Jeunesse et des Sports. Exit également du secrétariat d’Etat au développement durable

    . Désormais, Moulay Hafid Elalamy est également responsable des stratégies en matière d’économie verte. Pour El Othmani, ce regroupement répond à un souci de «cohérence». Il favorisera «la convergence des interventions publiques», a-t-il souligné. Pour plusieurs observateurs, la nouvelle logique répond également à un souci d’économie et d’austérité.

    L’idée est d’éviter les gaspillages liés à la multiplication des départements ministériels. D’autant que le chef du gouvernement a pratiquement supprimé tous les secrétariats d’Etat. Une décision qui vise notamment d’éviter de reproduire les erreurs de la période précédente. Il faut dire que durant le mandat précédent, plusieurs conflits avaient éclaté entre certains ministres et les secrétaires d’Etat qui étaient sous leur tutelle.

    Au-delà des aspects liés à la réduction du nombre de portefeuilles, le nouveau gouvernement est également marqué par l’arrivée de nouvelles compétences. Sur les 23 ministres, 6 rejoignent pour la première fois l’exécutif.

    Parmi les nouveaux profils, figurent des personnalités sans étiquette politique, choisies essentiellement pour leur expertise. Ils ont été nommés dans des départements stratégiques, qui connaissaient une série de problèmes, que les ministres politiques n’ont pas réussi à résoudre. C’est le cas notamment au niveau du département de la Santé. Ce secteur avait connu une série de protestations de différentes corporations, qui s’étaient élevées contre les décisions du ministre PPS, Anas Doukkali.

    Aujourd’hui, c’est un connaisseur du domaine qui rejoint ce département. Khalid Ait Taleb, professeur en médecine, ex-directeur du CHU de Fès. Ce professionnel connaît bien les dysfonctionnements du secteur de santé et les différents déficits à combler. Cette logique a également concerné le département de l’Enseignement supérieur, avec l’arrivée de Driss Ouaouicha.

    Cet ancien président de l’Université Al Akhawayn - connue pour son modèle éducatif performant - est au fait des nouvelles exigences du domaine, qui connaît de rapides transformations, liées notamment aux nouveaux besoins du marché de l’emploi. Là aussi, il remplace un ministre politique, le Pjdiste Khalid Samadi. La nomination de Ouaouicha s’inscrit dans la logique d’accompagnement de la mise en œuvre de la réforme du système éducatif.

    Au niveau du ministère du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui, qui a fait ses preuves dans le secteur privé, arrive à ce département à un moment crucial. La conjoncture internationale, notamment après la faillite du mastodonte Thomas Cook et la restructuration du marché avec la montée en puissance de la digitalisation, exige une réelle mise à niveau du secteur.

    L’apport de ce profil managérial, primée à plusieurs reprises pour ses efforts dans le monde des entreprises, sera décisif. Surtout après le retard de plusieurs chantiers sous le mandat du ministre UC Mohamed Sajid. Elle a été nommée sous la bannière du RNI.

    D’autres nouvelles têtes figurant dans la nouvelle composition du gouvernement répondent également au souci de rajeunissement. C’est le cas notamment de Mohamed Amekraz, l’un des rares nouveaux profils proposés par le PJD, qui a maintenu pratiquement tous ses poids lourds.

    Le nouveau ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, qui dirigeait la Jeunesse du PJD, est connu pour sa proximité avec Abdelilah Benkirane, et pour ses sorties tonitruantes dans les meetings partisans. Aujourd’hui, il est attendu sur une série de dossiers épineux.

    En tête, la relance du dialogue social, mais également l’aboutissement à un consensus avec les centrales syndicales autour de deux lois organiques stratégiques, bloquées depuis quelques années. Il s’agit des deux textes sur le droit de grève et sur les syndicats. Certains estiment que cet avocat «ne dispose pas de l’expertise nécessaire pour mener à bien ces chantiers», au moment où d’autres avancent que «sa fraîcheur peut favoriser l’accélération de la résolution de ces dossiers».

    La guerre des cabinards

    La nomination d’un nouveau gouvernement se traduit souvent par un branle-bas de combat au sein des partis de la majorité. Plusieurs membres se livrent des batailles dans le cadre de la guerre des cabinards. Aujourd’hui, des observateurs estiment que la nouvelle logique de compétence et de méritocratie ne doit pas se limiter au choix des ministres, mais également à celui des membres des cabinets. C’est décisif pour favoriser la fluidité et l’efficacité du traitement des dossiers. Or, la tradition est que les ministres choisissent leurs collaborateurs au sein de leur formation politique. Plusieurs voix se sont élevées pour rompre avec ces pratiques, assimilées à des rentes.

                                                                                      

    La parité sacrifiée?

    De 8 femmes ministres durant le mandat précédent, seules 4 femmes figurent dans l’équipe actuelle. Sur les 4, deux arrivent au gouvernement pour la première fois, au moment où les Pjdistes Jamila El Moussali et Nezha El Ouafi ont été reconduites. Un recul en matière de représentativité féminine au sein de l’exécutif. Il s’agit du résultat de la suppression des secrétariats d’Etat, dont la majorité étaient dirigées par des femmes.

    Aujourd’hui, les 4 femmes ministres disposent d’attributions renforcées. C’est le cas notamment de Nadia Fettah Alaoui, en charge d’un ministère stratégique, avec plusieurs départements. Outre le Tourisme, son portefeuille comporte également le Transport aérien, l’Artisanat et l’Economie sociale. Idem pour El Moussali, qui est passé du secrétariat d’Etat à l’Artisanat, au ministère géré jusque-là par sa collègue Bassima Hakkaoui, composé des secteurs de la Solidarité, de la Famille et du Développement social.

    De son côté, la ministre MP, Nezha Bouchareb, prendra en charge le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Habitat et de la Politique de la ville, qui était géré durant les mandats précédents par des ministres épaulés par des secrétaires d’Etat, à l’instar du duo Abdelahad El Fassi/Fatna Khiel, et avant lui le binôme Nabil Benabdallah et Driss Merroun.

    M.A.M.

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