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    Algérie: Les manifestants refusent l'appel au dialogue du pouvoir

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5551 Le 08/07/2019 | Partager
    Des milliers d’Algériens exigent le départ du général chef de l’état-major Ahmed Gaïd Salah
    Une mobilisation pour ce 20e vendredi qui coïncide avec la fête d’indépendance du pays
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    Des milliers d’Algériens ont envahi vendredi 5 juillet les rues d’Alger pour demander l’instauration d’un pouvoir civil malgré un impressionnant dispositif policier (Ph. AFP)

    «Deuxième indépendance», 
    «seconde République», les mots sont forts pour décrire les ambitions du peuple algérien en cette vingtième semaine de manifestations. Des milliers d’Algériens ont envahi vendredi 5 juillet les rues d’Alger pour demander l’instauration d’un pouvoir civil malgré un impressionnant dispositif policier. Aux cris de «partez, libérez l’Algérie», la contestation ne faiblit pas et retentit comme un refus catégorique de l’appel au dialogue lancé mercredi 3 juillet par le président par intérim Abdelkader Bensalah.
     Lors d’un discours télévisé, ce dernier a présenté l’idée  d’un grand débat national, sans la participation de l’armée ni de l’Etat, comme étant la seule solution crédible. Une proposition qui «devrait emporter l’adhésion de l’ensemble des Algériens». Pari raté. Le peuple refuse toute proposition émanant des anciens du «clan Bouteflika». «Pas de dialogue dans ces conditions», lance la manifestante Lina Hamrouche à l’AFP. Le président par intérim ayant annoncé qu’il gardait ses fonctions malgré la fin de son mandat qui s’achèvera le 9 juillet, le pays continue ainsi à faire face à une crise politique qui dure depuis l’annulation de la présidentielle du 4 juillet, faute de candidats.
    C’est donc un bras de fer sans relâche qui a lieu entre le peuple et le pouvoir dominé par le général Gaïd Salah qui dirige l’armée, la police et la justice d’une main de fer. Les manifestations du vendredi 5 juillet l’ont d’ailleurs pris pour cible principale. «Le vernis a craqué et on a finalement découvert que [c’est] Gaïd Salah [qui] dirige le pays», explique un jeune, au journal Le Monde.  

    Les manifestants ont encore une fois exigé la libération d’une trentaine de détenus arrêtés pour «atteinte à l’unité nationale» et le port d’«un emblème autre que l’emblème national». Ces accusations visent les drapeaux amazighs que le chef de l’état-major de l’armée a interdit. Toutefois, de nombreux manifestants continuent à les arborer en signe de défi et de protestation. La foule a aussi demandé la libération de Lakhdar Bouregaa, héros de la guerre d’indépendance, en détention pour avoir publiquement critiqué Gaïd Salah. Cette arrestation, qui est survenue dans le contexte de la 57e fête d’indépendance du pays, a été vécue comme «une insulte à toute une nation» selon l’écrivain Kamel Daoud.
    Ce vendredi a donc sonné comme une coïncidence symbolique pour les Algériens. Les parallèles avec la guerre d’indépendance ont été nombreux, et certains y ont même vu un aboutissement, un signe: «En 1962, le pays a été libéré, aujourd’hui il faut libérer la société, c’est un saut historique», résume l’historien français Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie.
    Mais si l’engouement et l’espoir sont de mise, le défi reste de taille. Avec une opposition toujours divisée, l’absence de leaders politiques légitimes, et un pouvoir plus répressif que jamais qui tente de se maintenir coûte que coûte, l’issue demeure incertaine. 

    Ali Benramdane,Avec A.Bo

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