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    Economie

    «La pauvreté n’est pas inévitable»

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5544 Le 27/06/2019 | Partager
    Elle peut être transformée en prospérité, si l’Etat opte pour les bonnes politiques
    L’économie structurelle propose aux pays de se concentrer sur leurs propres atouts
    Les infrastructures peuvent être la base d’une coopération avec le Maroc en Afrique
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    La Chine était considérée en 1978 comme l’un des pays les plus pauvres. Aujourd’hui, elle est l’une des grandes puissances mondiales. «Chaque Etat peut changer sa situation s’il réussit à mettre en place les bonnes politiques, permettant d’atteindre la prospérité», estime Justin Yifu Lin (Ph. Bziouat)

    Directeur de l’Institut chinois de recherche économique, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Justin Yifu Lin, qui était l’invité de l’Académie du Royaume, la semaine dernière, revient sur les tensions économiques entre Pékin et Washington, les clés pour briser le cercle de la pauvreté ainsi que sur le potentiel de coopération avec le Maroc sur le continent africain.

    - L’Economiste: Quels sont les enjeux de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats Unis?
    - Justin Yifu Lin:
    Le commerce s’appuie sur une logique win-win. L’éventuelle guerre commerciale aura des effets négatifs sur la Chine, les Etats-Unis et le reste du monde. Actuellement, nous espérons qu’un accord puisse être trouvé. Nous serons prêts à prendre les mesures qui seront adoptées par les Etats-Unis.
    - Dans ce contexte, le commerce est-il encore un «jeu volontaire et gagnant-gagnant»?
    - Je pense que le commerce est toujours gagnant-gagnant, sauf si les Etats sont sous domination coloniale. Par contre, dans les temps modernes, c’est le marché qui détermine cette relation. Par exemple, les Etats-Unis importent de la Chine parce que le coût de la production est bas, avec une grande qualité. Ce principe est valable pour les relations commerciales avec d’autres pays. Ceci est assimilé par tout le monde actuellement.

    - Quelles sont les implications de «l’économie structurelle» pour les pays en développement?
    - La nouvelle économie structurelle ambitionne de fournir de nouveaux moyens pour comprendre la nature du processus économique de développement. L’idée est également de favoriser l’émergence d’un certain cadre politique qui pourrait aider les pays en développement à explorer les opportunités permettant de réaliser la prospérité. Dans le passé, les idées de développement provenaient souvent de pays à haut revenu. Mais celles-ci ne donnaient pas les résultats escomptés, parce que la référence était ces pays à haut revenu. Aujourd’hui, l’économie structurelle propose que les Etats en développement se concentrent sur leurs propres ressources. L’idée est de se baser sur leur potentiel et les domaines qu’ils maîtrisent le mieux. Elle propose également les facilitations du gouvernement au profit du secteur privé pour favoriser son orientation vers les domaines où il a des avantages comparatifs. C’est ce qui permet d’être compétitif sur le marché domestique et à l’international. C’est un changement de paradigme. Au lieu de prendre les pays développés en tant que référence, il s’agit de se concentrer sur ses propres atouts.
    - Quelles sont les opportunités de coopération entre le Maroc et la Chine en Afrique?

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    Pour l’économiste chinois Justin Yifu Lin, chaque Etat peut changer la situation de pauvreté s’il réussit à mettre en place les bonnes politiques, à l’instar de la Chine, qui était considérée en 1978 comme l’un des pays les plus pauvres dans le monde (Ph. AFP)

    - Il existe plusieurs opportunités à saisir. Par exemple, la Chine a lancé l’initiative «one belt one road» (la nouvelle route de la soie). Je pense que ce type de coopération peut bénéficier à plusieurs pays. Surtout qu’en matière de développement, les infrastructures sont essentielles. Cette initiative propose de se baser sur cet aspect comme un moyen pour renforcer la coopération avec les Etats en développement. C’est dans ce contexte que l’aide du Maroc peut être bénéfique pour plusieurs pays dans la région.

    - Vous avez affirmé que la pauvreté n’est pas inévitable. Comment peut-on relever ce challenge?
    - C’est un constat confirmé par mes propres expériences. La Chine était considérée en 1978 comme l’un des pays les plus pauvres. Aujourd’hui, elle est l’une des grandes puissances mondiales. Chaque Etat peut changer sa situation s’il réussit à mettre en place les bonnes politiques, permettant d’atteindre la prospérité.

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