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    Analyse

    Dialogue social: «Nous ne sommes pas totalement satisfaits»

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5505 Le 29/04/2019 | Partager
    L’accord triennal reste un premier pas
    Smig/Smag, l’alignement toujours pas envisagé
    Entretien avec El Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’UMT
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    El Miloudi El Mokharek: «Nous avons proposé de ressusciter le Conseil consultatif du suivi du dialogue social» (Ph. L’Economiste)

    - L’Economiste: Ce n’est pas la première fois qu’un accord est conclu à la veille du 1er mai. Quelles garanties avez-vous obtenu sur sa mise en œuvre? 

    - El Miloudi El Mokharek: La réussite du dialogue social est évaluée par rapport à la concrétisation des engagements pris. La première hausse du salaire des fonctionnaires de 200 DH est prévue pour fin mai, celle du Smig et du Smag (5%) et des allocations familiales dès juillet prochain. Sur le volet législation du travail et libertés syndicales, nous allons défendre les intérêts de nos adhérents sur le droit de grève et la réforme des retraites.
    Durant ces derniers mois, nous avons négocié de bonne foi avec le ministre de l’Intérieur. Nous sommes parvenus à un accord sans être totalement satisfaits. Mais c’est un pas de franchi en particulier par rapport à l’amélioration des revenus de l’ensemble des salariés. La première offre du gouvernement était dérisoire et discriminatoire dans la mesure où les montants proposés étaient faibles. Par ailleurs, elle excluait le personnel des établissements publics, certaines échelles dans la fonction publique ainsi que les salariés du privé.  
    Pour nous, cet accord constitue une avancée. Obtenir une hausse des allocations familiales de 300 DH par mois pour les trois premiers enfants pour un salarié payé au Smig est important. 98,5% des salariés du privé et des fonctionnaires comptent en moyenne 2,8 enfants.

    - Le fait de négocier avec le ministère de l’Intérieur a surpris beaucoup de monde.
    - Le chef du gouvernement a échoué à mener les négociations avec les partenaires sociaux. L’UMT s’est pourtant engagée dans des discussions aussi longtemps que possible avant de décider de boycotter les réunions si les propositions n’étaient pas revues. Le ministre de l’Intérieur n’a certes pas vocation à mener le dialogue social mais il est membre du gouvernement. Pour nous, toute institution est la bienvenue pourvu que nos problèmes soient réglés. Nous avons d’ailleurs proposé de réactiver le Conseil consultatif du suivi du dialogue social. En tout cas, le ministère de l’Intérieur était pratique et pragmatique. Les mesures sur lesquelles nous nous sommes mis d’accord sont bien meilleures que celles proposées au départ.

    - N’est-il pas temps d’aligner le Smag sur le Smig?
    - Le gouvernement adopte toujours la même approche. Lors des discussions les indicateurs macroéconomiques sont mis en avant et nous sommes bombardés de chiffres en milliards de dirhams. Durant ce round de discussions, le Smag était au départ exclu des négociations. C’est à notre demande qu’il a été intégré. La hausse de 10% concerne le Smig et le Smag. L’une de nos principales revendications est l’alignement du Smag sur le Smig. Le gouvernement n’a pas non plus accepté certaines mesures novatrices: la déduction des frais de scolarité vu la crise que connaît l’enseignement public. Il s’est opposé aussi à la réduction de la pression fiscale sur les salaires. On nous a demandé d’attendre les assises fiscales prévues les 3 et 4 mai.

    - Où est passé le front syndical?
    - Le syndicalisme doit être libre et indépendant des partis politiques. Lorsque cette indépendance fait défaut, le mouvement syndical risque d’être instrumentalisé à des fins partisanes. Nous avons essayé d’unifier nos revendications et nos positions, cela a fonctionné durant le gouvernement Benkirane. Nous avons constitué une force de pression en particulier sur le dossier de la réforme paramétrique de la CMR. Mais les calculs politiques ont pris le dessus au niveau des organisations proches des partis politiques.  Un syndicat en particulier, membre de l’ex-front syndical, avait voté contre les intérêts des travailleurs dans le dossier CMR.

    Propos recueillis par Khadija MASMOUDI  

     

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