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    Economie

    Commerce avec l’UE: Le déficit avoisine 90 milliards de DH

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5485 Le 01/04/2019 | Partager
    Tous les accords de libre-échange sont déficitaires, sauf avec l’Afrique et le Brésil
    Plus de 92% du décifit est lié à des facteurs structurels
    Trois leviers pour redresser la situation
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    Les échanges montrent le diagnostic sur le déficit chronique du compte courant depuis 2007 et qui a atteint un plancher en 2012 avant de commencer à se redresser

    Le constat est alarmant: le Maroc est déficitaire au niveau de tous ses accords de libre-échange, à l’exception de ceux passés avec l’Afrique et le Brésil. Pour les dizaines d’autres accords, l’aiguile de la balance des paiements penche constamment dans le rouge. L’exemple de l’Union européenne est révélateur.

    En effet, avec ce premier partenaire de Rabat, le déficit a avoisiné 90 milliards de DH en 2017. Il a dépassé 35 milliards de DH avec la Chine. Ce sont les deux aspirateurs du déficit commercial, pour reprendre l’expression d’un responsable au ministère des Finances. Quant au déficit enregistré avec la Turquie, il est de 12 milliards de DH.

    Au moment où les partis politiques remettent leurs copies sur le nouveau modèle de développement, le commerce extérieur reste le maillon faible. Ce constat se présente sous le format d’un déficit commercial chronique, qui n’a pas cessé de se creuser au cours des 10 dernières années, de 2007 à 2017. Sachant que les statistiques des échanges extérieurs de 2018 ne seront dispopnibles que dans 3 mois. C’est à cette date que le bilan de la balance des paiements est fait», affirme une source proche du dossier.

    Ce déficit chronique de la balance commerciale marocaine des biens et services, qui en découle, constitue aujourd’hui une source de préoccupation majeure au vu des tensions qu’il suscite sur les équilibres financiers extérieurs du pays et de ses impacts connexes sur l’économie marocaine en termes de ponction sur la croissance et de perte d’emplois», selon une étude réalisée par la direction des études et des prévisions financières (DEPF) du ministère des Finances.

    Le travail de la DEPF a consisté à décortiquer ce déficit, notamment celui des biens et des services. L’objectif est de déterminer s’il était un phénonmène conjoncturel ou structurel. L’analyse s’est basée sur une méthode utilisée au niveau international. Le résultat a été stupéfiant: plus de 92% de ce décifit est lié à des facteurs structurels. Ce qui suppose des solutions stratégiques. Les réponses en lien avec la politique de change, budgétaire ou fiscale sont d’ordre conjoncturel.

    A ce titre, elles ne sont pas les solutions adéquates, affirme la DEPF. «Le caractère structurel du déficit commercial apparaît également au niveau de l’impact limité des variations des termes de l’échange sur le volume des produits exportés par le Maroc. Cette situation laisse suggérer que les facteurs liés à la compétitivité hors coûts s’avèrent plus déterminants en matière d’impulsion de l’offre exportable et de gains additionnels de parts de marchés», est-il indiqué.

    Ceci étant dit, une action vigoureuse devrait être déployée pour contrecarrer l’érosion du solde commercial et veiller à sa soutenabilité globale. Les actions suggérées par le rapport de la DEPF sont structurées autour de trois axes interdépendants dont l’un vise à « accélérer le processus de transformation structurelle de l’économie marocaine pour édifier un profil de spécialisation hautement compétitif».

    L’objectif est d’assurer une articulation judicieuse de la stratégie industrielle avec la politique commerciale et celle relative à l’attractivité des investissements étrangers. Cela suppose de relever le taux d’intégration locale au niveau des principales filières industrielles pour «élargir le spectre de création de valeur et des emplois et in fine parvenir à capter en interne les effets de la sophistication du tissu productif».

    Cela passe par le nécessaire développement du capital humain, des capacités d’innovation, de recherche et développement. C’est une condition sine qua non de la compétitivité industrielle hors coûts. Elle est déterminante pour impulser l’offre marocaine et gagner en termes de parts de marché.

    La compétitivité des coûts est une bataille perdue d’avance. On ne peut pas gagner contre la Chine, le Vietnam, la Turquie… Ce travail doit être accompagné par la mobilisation du potentiel des régions et la valorisation de leurs vocations respectives. L’idée est d’en faire des relais de compététivité et d’attractivité de l’économie marocaine.

    Le deuxième  axe insiste sur la nécessité d’ «optimiser la politique d’ouverture extérieure du Maroc pour en tirer le maximum d’opportunités qu’elle recèle. Car, l’aggravation du déséquilibre de la balance commerciale soulève la question du rendement de cette politique  commerciale», note le document. Comme les résultats obtenus ne semblent pas être à la hauteur de l’effort de libéralisation tarifaire consenti, la DEPF propose une triple action pour redresser la situation.

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    Le déficit du solde structurel nominal des biens et services est structurel à plus de 92% et il est imputé essentiellement aux potentiels de croissance au Maroc et au niveau de ses principaux partenaires

    D’abord, il s’agit de procéder à une révision globale des accords de libre-échange qui ont été conclus par le Maroc en vue d’un rééquilibrage des relations commerciales. Il ne s’agit pas de se soustraire aux engagements pris puisque l’ouverture est un choix irréversible.

    Ensuite, il faudra renforcer le dispositif de défense commerciale dans le but de lutter contre la concurrence étrangère déloyale, notamment à travers un contrôle strict de la frontière. Car, dans l’application de ces accords, le Royaume fait preuve de naïveté. Des mesures qui ne sont pas d’ordre tarifaire peuvent être exploitées par le Maroc pour préserver le tissu local de la contrebande, de la sous-facturation et du dumping.

    Enfin, il faudra songer à «recourir à une autre doctrine en matière de conclusion des accords de libre-échange en privilégiant plus les groupements régionaux que l’approche bilatérale. Il s’agit aussi de cibler en priorité les pays du Sud pour se prémunir contre les chocs concurrentiels asymétriques», analyse la note de la DEPF.

    Dernier axe: le Maroc est tenu d’approfondir son ancrage régional en Afrique. Les attributs que lui confère sa position géostratégique lui permettent de disposer d’une grille d’alliances et de partenariats diversifiés. Cela peut se faire à travers la promotion de joint-ventures dans les secteurs névralgiques de l’économie africaine dont l’agriculture, l’industrie et l’énergie.

    Rabat est tenue de faire aboutir sa demande d’adhésion à la Cedeao, un groupement qui constitue une profondeur stratégique vitale. La DEPF ouvre des pistes en vue d’impulser l’effort d’exportation dans le continent, particulièrement vers des marchés porteurs. Pour cela, il est impératif de «consolider le dispositif de la diplomatie économique et de le relayer  par d’autres mécanismes efficients».

    C’est le cas de la mise en place d’un système de veille stratégique pour capter  les opportunités commerciales, tout en anticipant sur les risques auxquels pourraient être exposées les entreprises marocaines. Il est également recommandé de concevoir une offre marocaine intégrée pour susciter de fortes synergies entre les grands opérateurs et les PME ciblant les marchés africains.

    Tout cela doit être accompagné d’une politique incitative dont le déploiement serait assujetti à des critères de résultats, notamment la hausse du chiffre d’affaires à l’export, le gain des parts de marché ou encore l’effet sur la création d’emplois au Maroc.

    Intégration maghrébine

    La redynamisation de l’intégration maghrébine est également sur la table. Pour réanimer l’UMA, il est impératif de s’affranchir des aléas de l’agenda politique qui plombent cette union régionale. Car la tendance au niveau mondial n’est plus au multilatéralisme, mais aux accords de coopération régionale. Partout, des blocs régionaux sont en train d’émerger autour de la Chine, de l’Europe,...

    M.C.

     

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