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    Analyse

    Développement: Une dynamique à 2 vitesses

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5483 Le 28/03/2019 | Partager
    Les inégalités sociales et territoriales persistent selon le récent rapport de l’ONDH
    Les citadins mieux lotis que les populations du monde rural
    Les fosses septiques et les décharges sauvages encore omniprésentes dans les campagnes
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    Les disparités entre milieux urbain et rural persistent particulièrement en matière d’accès aux services et aux équipements de base

    Quel est l’impact des politiques sociales sur le vécu quotidien des citoyens? Au cours de 5 dernières années, le niveau de vie des Marocains a augmenté en moyenne de 2,2% par an entre 2012 et 2017.

    Pour la seule année 2017, les dépenses annuelles moyennes par personne se sont élevées à 18.226 DH, selon les chiffres contenus dans le rapport de l’Observatoire national du développement humain (ONDH) sur les «dynamiques de développement».

    Cette amélioration cache toutefois une série de disparités. Le gap entre riches et pauvres continue de se creuser. Comme nous l’avions annoncé dans notre édition du 28 décembre dernier, les 10% les plus aisés ont accaparé, entre 2012 et 2017, près du tiers de la consommation globale des ménages.

    Cela constitue une dépense par habitant 10 fois plus grande que celle des 10% les plus pauvres. Ces derniers ont vu leur poids dans la consommation globale augmenter durant les 2 dernières années. Elle est en hausse de 3,1%, grignotant quelques points dans la part des plus riches.

    En termes de disparités territoriales, l’écart entre les habitants des villes et ceux du monde rural continue de se creuser. Certes, l’amélioration du niveau de vie a été plus importante dans les campagnes que dans les villes, avec respectivement 3,5% contre 1,2%. Mais d’autres inégalités persistent, favorisant une dynamique de développement à deux vitesses.

    Par exemple, la proportion des ménages occupant un habitat insalubre a plus augmenté en milieu rural que dans les villes. Elle est passée de 2,2% à 3,2% contre 3,8% à 4,4%. Globalement, l’habitat de type rural reste prédominant dans les campagnes. Dans les villes, la part des appartements continue de grignoter sur les autres catégories de logement, notamment «le cube», soit 23,3% en 2017.

    Au niveau de l’accès aux équipements, si le raccordement au réseau électrique est en cours de généralisation, le gap reste encore important pour ce qui est de l’eau potable. Si plus de 77% des ménages urbains sont alimentés en eau potable, ce taux ne dépasse pas 40,8% dans le monde rural. Idem pour l’assainissement liquide. En 2017, plus de 94% des habitations dans les villes sont raccordées au réseau des égouts publics.

    Dans les campagnes, les fosses septiques, les puits ou latrines sont les plus répandus, avec une part de 83% en 2017. Les ménages intégrés dans le circuit d’assainissement liquide dépassent à peine 12% en 2017 contre seulement 7% en 2012. D’autres disparités dans l’accès aux équipements de base sont également pointées. C’est le cas notamment en matière de collecte des déchets.

    Dans les villes, 95,9% des ménages sont couverts par les services de ramassage des ordures par camions ou charrettes, mis à disposition par les communes. Dans les campagnes, les déchets sont généralement jetés directement dans la nature, même si cette pratique semble reculer, passant de 82,4% en 2012 à 79,4% en 2017.

    La moitié des Marocains se sentent pauvres

    Si la vulnérabilité à la pauvreté a baissé entre 2012 et 2017, passant de 15,7% à 9%, elle reste encore importante en milieu rural, avec 17,5%. La situation semble se détériorer si l’on prend en compte le taux de pauvreté relative, «dont l’incidence est plus élevée que la vulnérabilité». Son taux a augmenté dans les campagnes, passant de 37,3% à 38,2% entre 2012 et 2017.
    Une tendance en rupture avec l’évolution au niveau national, marquée par une baisse de la pauvreté relative de 21,4% à 19,7% durant la même période. Même constat pour la pauvreté multidimensionnelle, prenant en compte les conditions de vie. En milieu rural, son taux s’élève à 6,2% contre 10,7% en 2012. Cette baisse est loin d’être suffisante. Surtout lorsque cette forme de pauvreté est «en phase d’éradication en milieu urbain, où elle est passée de 1,4% à 1%, soit un niveau statistiquement insignifiant». Cette amélioration, notamment dans les villes, n’a pas permis d’atténuer le sentiment de pauvreté chez les ménages. Plus de 50% des Marocains se considèrent subjectivement pauvres. Ce taux est plus élevé en milieu rural avec 65,4% en 2017 contre 53,6% en 2012.

    Dépenses annuelles moyennes par personne en DH

    • 2012: 16.366
    • 2013 : 16.670
    • 2015 : 17.080
    • 2017 : 18.226

    M.A.M.

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