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    Ecrans interactifs et enfants: Les ficelles pour les apprivoiser

    Par Karim Agoumi | Edition N°:5481 Le 26/03/2019 | Partager
    Une conférence-atelier sur le sujet organisée au groupe scolaire Charles Péguy
    Règle «3-6-9-12», dialogue interactif, contrôle parental,… Les tuyaux à adopter pour éviter le pire
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    Le psychologue scolaire du groupe Charles Péguy, Amine Souaq, a récemment animé une conférence-atelier intéressante sur la surexposition aux écrans chez les enfants. Pour éviter le pire, il conseille avant tout le contrôle parental et la maîtrise du temps d’utilisation de ces appareils (Ph. CP)

    Tablettes, smartphones, réseaux sociaux… Tout devient prétexte aujourd’hui à visionner son appareil pour les nouvelles générations. Des outils technologiques qui deviennent de plus en plus performants au fil des années et qui constituent un véritable danger pour nos progénitures.

    C’est pour apprendre aux parents et à leurs enfants à en faire meilleur usage que le groupe scolaire Charles Péguy a récemment tenu une conférence-atelier sur le sujet. Une prise de conscience capitale pour la santé physique mais aussi mentale de ces tout-petits.

    La surexposition aux écrans est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur aujourd’hui au sein de notre société. Ainsi, d’après les derniers chiffres de l’Académie américaine de pédiatrie (AAP), près d’un enfant sur deux âgés entre 0 et 3 ans utilise régulièrement ce type d’appareils. Et ce n’est pas tout. Un enfant entre 1 et 6 ans passe en moyenne chaque semaine plus de 4h10 «connecté» d’après la même étude.

    Des chiffres particulièrement inquiétants, d’autant plus que 44% des parents prêtent leur smartphone à leur progéniture pour «avoir le calme à la maison». «C’est un phénomène catastrophique. Un enfant de cet âge est en pleine période d’exploration de ses sens et doit interagir directement avec le monde extérieur pour son propre équilibre», confie dans ce sens le psychologue scolaire de l’établissement Amine Souaq.

    Côté risques, ces petits «joujoux»  créent tout d’abord une forte dépendance pouvant rapidement devenir maladive chez le jeune, apprend-on. «L’enfant risque de construire un véritable lien d’attachement avec ces objets. Sans connexion, il devient irritable et perd ses repères spatio-temporels», précise le spécialiste. Cette surexposition peut également perturber le développement et l’apprentissage de ces tout-petits.

    «Lorsqu’il se retrouve face à un écran, l’enfant ne réfléchit plus et ses capacités de créativité ou de mémorisation se trouvent en berne», insiste Souaq. Il peut alors être atteint de déficit d’attention, de troubles du langage mais également de ralentissement psychomoteur. Sur le plan cérébral, la luminosité émise par les tablettes et les smartphones – plus connue sous le nom de lumière bleue – trompe le cerveau en le plongeant dans des activités «diurnes» en pleine nuit.

    Il en résulte alors un manque de mélatonine, hormone responsable de la croissance, qui entraîne rapidement de sérieux troubles du sommeil et peuvent également endommager la rétine. Enfin, le phénomène favorise la prise de poids en réduisant de manière sensible toute activité physique.

    Pour changer la donne et éviter le pire, il est tout d’abord conseillé d’appliquer la règle dite «3-6-9-12». Une directive dictée par l’AAP qui suggère d’éviter la télévision avant trois ans, les consoles de jeux avant 6 ans, l’utilisation de la toile seule avant 9 ans et celle des réseaux sociaux avant 12 ans.

    Pour les enfants, plus particulièrement, l’expert propose aux parents d’accompagner leurs rejetons lors du visionnage de chaque programme et de commenter ce dernier lors d’un échange qui soit le plus interactif possible. «S’exprimer sur une vidéo ou un dessin animé permet de leur donner du sens et de ne pas tomber dans une passivité pouvant être désastreuse par la suite pour la personnalité de l’enfant», souligne le psychologue scolaire.

    Le spécialiste encourage également la pratique régulière d’une activité physique et de jeux de société ou éducatifs qui ne soient pas virtuels pour ne pas devenir «déphasé» avec la réalité. Bannir l’utilisation des écrans dans les lieux publics et communautaires est également vivement conseillé selon l’expert.

    «L’enfant a souvent tendance à manipuler son écran dans ces lieux qui sont censés au contraire le sociabiliser», confie Souaq. Enfin, le contrôle parental et un temps d’utilisation maîtrisé contribuent également à réduire le risque. Chez l’adolescent, le dialogue demeure l’une des meilleures options.

    Les parents doivent régulièrement les sensibiliser sur les dangers de la toile, du harcèlement, des plagiats ou encore du téléchargement. Une connexion nocturne illimitée est également particulièrement déconseillée, à un âge où poser des limites devient vital pour son équilibre.

    Un phénomène très présent au Maroc

    Bien qu’il n’y ait encore aucune étude sur le sujet, la surexposition aux écrans virtuels est particulièrement présente sous nos latitudes. «Près d’un Marocain sur deux utilise régulièrement un téléphone intelligent et 90% de la population est constamment connectée. Une utilisation malheureusement inconsciente et loin d’être intelligente», souligne le psychologue scolaire du groupe Charles Péguy Amine Souaq. La faute à de mauvaises habitudes prises et à un manque de sensibilisation sur les risques. Par ailleurs, la culture des apparences et la mondialisation n’ont pas aidé à contenir ce phénomène.

    Karim AGOUMI

     

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