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    Tribune

    Développement: Pourquoi parier sur la finance privée marocaine

    Par Dr Bandar HAJJAR | Edition N°:5463 Le 28/02/2019 | Partager

    Bandar Hajjar est président de la BID. Il prendra la parole lors de la 2e édition du Forum annuel sur les PPP organisée par la BID sous le thème: «Efforts conjugués pour des objectifs communs» qui se tiendra à Rabat le 28 février 2019 https://ppp-forum.org/ (Ph. privée)  

    L’introduction des Objectifs de développement durable de l’ONU a marqué une nouvelle ère pour le développement international, faisant passer le niveau de financement requis de milliards à des trillions de dollars.

    Les réflexions menées avec mes partenaires de l’ONU ont démontré que même les économies les plus robustes ne peuvent à elles seules résoudre les défis mondiaux du développement; le déficit de financement actuel des pays en voie de développement est estimé à 2,5 trillions de dollars par an.

    Pour combler ce déficit de financement, de nouvelles sources de financement doivent être exploitées, telles que les marchés mondiaux des capitaux. Pour que cela fonctionne, cependant, de nouveaux types de projets de développement sont nécessaires – des projets qui fonctionnent au niveau de la viabilité financière et de l’impact du développement. En outre, il est nécessaire de créer un environnement propice, permettant aux marchés d’œuvrer en faveur du développement – ceux-ci doivent être dynamiques, inclusifs et durables.

    Le secteur privé est le facteur potentiel majeur de développement à court et à long terme, et en tant que président de la Banque islamique de développement, je plaide pour un changement de paradigme en matière de développement qui accorde une grande importance à la valeur de l’accroissement du financement privé.

    Les gouvernements qui souffrent de contraintes budgétaires sévères doivent chercher à établir des règlementations qui permettent à tous les agents économiques sur le marché – tant publics que privés – de jouer un rôle dans le développement. La communauté du développement au niveau mondial doit aussi redoubler d’efforts pour engager le secteur privé à reconnaître son rôle vital en tant que moteur de croissance et d’investissement.

    Le Maroc s’est rapidement taillé une réputation de leader mondial dans le secteur des PPP, grâce à son environnement favorable à la facilitation des PPP. Nous devrions donc tirer un bénéfice direct des enseignements d’un pays qui a fait ses preuves dans ce domaine et nous tourner vers le secteur privé où des gains d’efficience et des économies d’échelle sont réalisés, en transférant ces connaissances et cette expertise au secteur public.

    En comparaison avec le modèle traditionnel des marchés publics, les PPP bien conçus entraînent généralement des rendements socioéconomiques plus élevés. Une sélection et une mise en œuvre améliorées, une efficacité accrue et une meilleure maintenance sont quelques-uns des principaux avantages des projets de PPP, en plus de l’appel à des capitaux privés pour réduire le déficit de financement des infrastructures nécessaire à la réalisation des Objectifs de développement durable.

    Au cours des dernières années, le Maroc a développé de nombreux projets d’infrastructures susceptibles de transformer et de renforcer l’économie locale. Le train à grande vitesse (TGV) entre Tanger et Casablanca, par exemple, assure une meilleure connectivité aux principales villes marocaines. De même, la centrale solaire du complexe Noor – la plus grande au monde – a contribué à faire du Maroc un chef de file dans le domaine des énergies renouvelables.

    De nombreux cas de financement de PPP par la BID ont été couronnés de succès, comme par exemple l’extension et la réhabilitation du projet du port de Jorf Lasfar pour l’OCP au Maroc, pour lequel la BID a approuvé un financement de 150 millions de dollars US.
    Le projet a été achevé fin septembre 2017 et a déjà eu des impacts significatifs sur le développement au Maroc. Les expéditions totales à partir du port ont presque doublé, passant de 10 millions de tonnes à environ 17,6 millions de tonnes, tandis que le nombre de navires déchargés au port est passé de 571 à 686.

    Ce projet a permis la création de 200 emplois directs. Rien de tout cela n’aurait été possible sans cette collaboration entre les secteurs public et privé, ces deux volets se complétant pour combler le déficit de financement des infrastructures mondiales.

    Le financement des PPP offre un avantage concurrentiel ainsi qu’une qualité et une efficacité accrues. Il est important de noter que le financement des PPP réduit la charge qui pèse sur les budgets de l’Etat pour mener à bien des projets de développement et d’infrastructures à forte intensité d’investissement, en optimisant la répartition des risques entre les deux secteurs.

    Si nous voulons nous attaquer à l’actuel déficit de financement annuel de 2,5 trillions de dollars et œuvrer à la réalisation des Objectifs de développement durable des Nations unies, nous devons repenser la manière dont nous finançons le développement.

    A la BID, nous exhortons les gouvernements internationaux à renforcer l’inclusivité du secteur privé et à soutenir les infrastructures fondées sur les revenus au moyen des PPP. Cela sera crucial à l’avenir pour optimiser l’impact sur le développement.

    Contraintes budgétaires

    Les 57 membres de la BID, qui sont tous des pays en voie de développement, sont confrontés à d’énormes contraintes budgétaires. Avant la crise financière mondiale, entre 2004 et 2008, le solde budgétaire total de tous nos pays membres était excédentaire de 3,8% du PIB en moyenne. Entre 2013 et 2017, cependant, ce solde a fait place à un déficit de 3,5% du PIB.

     

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