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    Analyse

    Migration: Les enjeux de l’entrée à la Cedeao

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5443 Le 31/01/2019 | Partager
    Les protocoles de libre circulation, un véritable défi
    3 scénarios d’évolution prévus par l’Ires
    La mise en œuvre de la réforme Kagame et de l’Agenda pour les migrations proposée par le Roi, décisive

    La demande d’adhésion du Maroc à la Cedeao s’inscrit dans le cadre du processus de renforcement de l’intégration régionale et de consolidation de l’implication du pays dans le développement du continent. Mais au-delà des opportunités qu’offre la politique africaine du Maroc, une série d’enjeux se posent avec acuité.

    En tête, la question migratoire, qui constitue un véritable défi au niveau du continent. L’adhésion du Maroc à la Cedeao devra également prendre en compte cette dimension. «Les perspectives changent selon que le Maroc sera admis ou non à la Cedeao», souligne un récent rapport de l’Institut royal des études stratégiques (Ires) sur la Migration en Afrique.

    Pour les rédacteurs de ce document, «dans l’hypothèse où il ne serait pas admis à cette Communauté, il gardera toute sa liberté de réguler l’immigration sur son territoire, compte tenu de l’évolution de sa démographie et de son économie». Mais, si le Maroc devient membre, «il devra mettre en application les protocoles relatifs à la libre circulation».

    Au moment où le pays multiplie les efforts pour garantir un traitement humain et inclusif aux migrants, dans le cadre de la politique migratoire, lancée il y a quelques années, le Maroc risque de faire face à une véritable hausse des flux de migrants. Face à cette situation, le rapport de l’Ires prévoit 3 scénarios, en fonction de l’évolution de plusieurs paramètres.

    Pour le premier «scénario du statu quo», les politiques socio-économiques africaines ne devraient pas changer. «Elles maintiennent le même niveau de développement social et humain et les mêmes inégalités». Dans cette configuration, «la même tendance migratoire observée sur la période 1990-2017 devra continuer». Pour le scénario optimiste, l’Afrique, la Cedeao et le Maroc devront poser les bases solides d’un développement autonome durable.

    Cette orientation est conditionnée par une mise en œuvre effective et efficiente des recommandations du Rapport Kagame et de l’Agenda africain pour les migrations proposé par le Roi Mohammed VI. Dans cette configuration, «la circulation des ressortissants des Etats membres de la Cedeao s’instaurerait alors progressivement, conformément aux objectifs du développement autonome durable», est-il indiqué. Pour l’Ires, «le Maroc en tirerait les plus grands avantages, en particulier en encourageant l’installation des migrants les plus compétents et ceux dont son économie a besoin». Le concept «d’immigration choisie» commence à faire son chemin dans cette nouvelle logique (voir page suivante).

    Le 3e scénario prévu par ce rapport est plutôt pessimiste. Il sera le résultat de la non-application des mesures prévues afin d’aboutir à une migration sûre, ordonnée et régulière. L’une des principales raisons qui pourraient favoriser cette orientation: l’absence d’adhésion de plusieurs pays du fait que des dirigeants hostiles à la migration y ont accédé au pouvoir, notamment en Europe.

    Dans ce cas, «la situation de la migration devra empirer, recelant plus de menaces sécuritaires, appelant de plus en plus de mesures de contrôle, tendant vers la militarisation des frontières, en Europe mais également en Afrique, avec des retombées sur la Cedeao et le Maroc en particulier», peut-on lire dans ce rapport.

    Leviers

    La montée des flux migratoires pose une série de défis au Maroc et aux Etats de la Cedeao. L’Ires a proposé une série de mesures afin de faire face à ces enjeux. En matière de prévention, ce rapport appelle à «une action concertée entre le Maroc et ses partenaires de cette communauté, qui concerne notamment la dynamisation du mécanisme africain de coopération policière et le Comité des chefs de police de l’Afrique de l’Ouest». L’idée est également de mettre l’accent sur des politiques innovantes, qui «consistent à changer les attitudes, les perceptions et les représentations négatives vis-à-vis de l’immigration». Des prérequis sont indispensables pour la réussite de cette orientation. D’un côté, «une société marocaine plus égalitaire, solidaire et ouverte sur la diversité, est mieux disposée à entretenir des relations mutuellement avantageuses avec les migrants». De l’autre, «des migrants préparés et formés s’intègrent mieux dans une telle société».

    Meilleur accès des migrants aux services sociaux

    • 5.515 enfants migrants inscrits dans les 12 Académies régionales de l’Education pour l’année 2017-2018
    • 1.500 d’entre eux sont inscrits au niveau primaire
    • 315 élèves ont bénéficié de cours de soutien en 2017-2018
    • 75 assistantes sociales assurent l’orientation des migrants dans les structures hospitalières
    • 649 migrants ont bénéficié du dépistage clinique dans le cadre de la campagne de dépistage

    Source: Rapport 2018 politique nationale d’immigration et d’asile

    M.A.M.

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