Economie

Les centres de comptabilité agréés boudés

Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5346 Le 07/09/2018 | Partager
Malgré un dégrèvement de 15% de l’IR pour les bénéficiaires
Un service offert par les chambres professionnelles cible les petits contribuables

Le dispositif des centres de comptabilité agréés destinés aux commerçants, industriels et artisans n’a pas pris. A peine trois Chambres de commerce ont déployé ce service. «C’est le dernier point prévu de notre contrat-programme sur lequel nous sommes en retard.

Nous venons de tenir une réunion sur les derniers préparatifs pour que le centre de comptabilité agréé puisse ouvrir au plus tard en octobre», s’engage Omar Moro, président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Tanger. Dans un premier temps, la prestation sera gratuite. D’autres points de service seront ouverts ensuite à Tétouan et à Al Hoceïma.

Les centres de comptabilité agréés ont pour mission de tenir la comptabilité, d’établir les déclarations fiscales et de certifier la sincérité de la comptabilité de ses adhérents. C’est un service offert par les Chambres de commerce, d’agriculture et d’artisanat à leurs membres. Le budget des centres provient surtout d’une subvention annuelle versée par la Chambre de commerce.

Plusieurs chambres professionnelles envisageaient d’offrir cette prestation à leurs adhérents, mais ont dû y renoncer suite à la fusion dans le cadre de la nouvelle organisation administrative qui s’est traduite par la fermeture de certaines chambres.
Les contribuables qui confient la tenue de leur comptabilité aux centres agréés bénéficient d’un abattement de 15% au titre de leur impôt sur le revenu moyennant un certificat de sincérité.

Certains commerçants font appel aux services d’une fiduciaire dont les honoraires sont parfois plus élevés que la redevance versée au centre de comptabilité et qui varie de 70 DH par mois à 200 DH. Par conséquent, le manque de communication pourrait aussi expliquer le peu d’engouement que suscitent les centres de comptabilité agréés.

«Lancé en 2001, le centre de comptabilité agréé de Casablanca est le premier à avoir été ouvert. Il compte à peine 95 clients. Certains sont assujettis à la TVA, mais l’écrasante majorité sont des petites structures de moins de 2 millions de DH», explique Chanani Fekkak. Le centre s’est diversifié en proposant également des services de création de sociétés.

L’autre raison à l’origine de l’échec de ce dispositif porte sur l’éloignement du centre par rapport aux usagers ciblés. Ils sont généralement situés au centre-ville. Ce qui dissuade les utilisateurs de faire appel à leurs services surtout quand ils sont situés dans d’autres villes.

Des pépinières pour sortir de l’informel

Les centres de comptabilité agréés ciblent les contribuables assujettis à l’IR selon le régime du résultat net simplifié et les forfaitaires. L’agrément accordé aux centres de comptabilité relevant de sociétés de gestion créées par les chambres professionnelles vise à attirer commerçants, industriels et artisans vers plus de transparence. «Ces centres avaient un rôle de pépinière pour aider les commerçants à construire une comptabilité avant de basculer vers une fiduciaire ou un cabinet d’expert-comptable», précise Chanani Fekkak, SG de l’Organisation professionnelle des comptables agréés. Il dirige également le centre de comptabilité agréé relevant de la Chambre de commerce de Casablanca.

 

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