Economie

Tendrara: Le gaz marocain commercialisé dans 2 ans!

Par Nadia DREF | Edition N°:5346 Le 07/09/2018 | Partager
Sound Energy vient d’annoncer l’obtention de l’accord d’exploitation
Construction de centrales, de pipeline, contrat de vente, terrassement de puits TE-9… La compagnie met le turbo
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Le Maroc récupérera les infrastructures (gazoduc) existant sur le territoire, dès l’expiration de l’accord avec l’Algérie en 2021. Transporter le gaz produit localement sera une nouvelle vocation pour le GME  (Ph. L'Economiste)

Le potentiel des gisements gaziers de l’Oriental se confirme de jour en jour. Le britannique Sound Energy vient de se voir attribuer la concession de développement (production et exploitation) du gaz découvert à Tendrara. Une licence lui a été accordée par le ministère de l’Energie et des Mines, suite à une demande déposée en juin dernier par la firme britannique et ses partenaires (Cf. L’Economiste du 11 juin 2018).

«Je suis ravi de l’attribution de la première concession de développement dans l’est du Maroc. Ceci constitue une étape critique dans la commercialisation de notre découverte de gaz», déclare James Parsons, CEO de Sound Energy. Et d’ajouter: «La société continue de faire d’excellents progrès sur tous les fronts, y compris l’ingénierie de base et la conception, le contrat de vente de gaz ou encore les travaux de terrassement de TE-9».

Cette concession couvre une superficie de 133,5 km². Le plan de développement retenu par Sound Energy et validé par le ministère de tutelle s’articule autour de trois axes majeurs. Le premier concerne le forage de cinq nouveaux puits de développement horizontaux, en plus de la reconstitution des puits existants TE-6 et TE-7.

Le deuxième axe porte sur la construction d'une station de traitement de gaz et d'une station de compression. S’y ajoute la mise en place d'un pipeline d'exportation de gaz à partir de Tendrara d’une longueur de 120 km reliant la future station au point de livraison du Gazoduc Maghreb-Europe (GME).

A ce titre, l'ingénierie de base et la conception sont déjà en cours, précise Sound Energy qui met déjà le turbo. La troisième phase concerne le début de la production et de la commercialisation du gaz dans deux ans environ. Les volumes attendus s’élèvent à près de 60 millions de pieds cubes par jour sur une période minimale de 10 ans.

Au cours de cette période, sous réserve de l'optimisation des plans de forage, 10 à 13 puits seront forés pour maintenir ce taux de production, annonce la firme anglaise chargée de l’exploitation.

Pour élargir leurs périmètres d’intervention et d’exploration, les sociétés Sound Energy et Schlumberger ont signé le 30 août dernier un nouvel accord pétrolier avec l’Onhym, portant sur la zone onshore nommée «Grand Tendrara» d’une superficie approximative de 14.500 km².

Cette zone couvre une partie des anciens permis de recherche dits «Tendrara Lakbir» et la zone de l’autorisation de reconnaissance «Matarka», précise-t-on auprès de l’Onhym. Suite aux travaux menés (aérogradiométrie et sismique), les deux partenaires misent énormément sur le potentiel en hydrocarbures de la zone dite Grand Tendrara, jouxtant l’Algérie et dont le sol regorge de gisements de gaz.

En vertu de cet accord, Sound Energie détiendra 47,5% de parts. Les 52,5% restants seront détenus respectivement par Schlumberger (27,5%) et l’Onhym (25%). Portant sur une durée de 8 ans, cet accord englobe trois phases. Une première période de 4 ans pour le forage de 2 puits d'exploration. Sound Energy mise sur les puits TE-9 et TE-10 pour atteindre l’objectif.

La deuxième phase se décline sous forme d’une première période complémentaire facultative de 2 ans (1 puits d'exploration). S’ensuit une seconde période optionnelle complémentaire de 2 ans dédiée à la réalisation d’un autre puits d'exploration.

A moyen terme, la production de gaz permettra au Maroc à la fois d’alimenter le marché domestique et d’exporter vers l’Europe du Sud, notamment l’Espagne et le Portugal. Ce qui constituera également la meilleure alternative possible à la non-reconduction de l’accord avec l’Algérie relatif au Gazoduc Maghreb-Europe qui prendra fin en 2021.

«Gas to power»

La feuille de route pour le développement du gaz naturel «Gas to Power», mise en place en 2004, accuse du retard. Pour rappel, ce plan ambitieux vise la réalisation d’un terminal gazier pour contribuer à l’importation des besoins du Maroc qui sont estimés à environ 5 milliards de mètres cubes par an. Dans une première phase, la priorité sera d’alimenter les centrales électriques d’une quantité d’environ 3,5 milliards de mètres cubes par an. La deuxième phase consistera à fournir à certaines industries leurs besoins en gaz naturel estimés à environ 1,5 milliard de mètres cubes par an. L'investissement global est estimé à près de 46 milliards de DH. Ce plan comprend, notamment, la construction d’un port méthanier pour recevoir des navires chargés de GNL, d’une usine de regazéification, de centrales électriques à cycle combiné totalisant 2.400 MW ainsi qu’un gazoduc reliant le terminal gazier aux zones de consommation de Casablanca, Mohammedia et Kenitra ainsi que du Nord. C’est l’ONEE qui est en charge de la réalisation de ce projet dans le cadre d’un contrat PPA (Power Purchase Agrement).

 

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