Analyse

Guelmim-Oued Noun/Agriculture: La révolution du cactus à Sidi Ifni

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5317 Le 18/07/2018 | Partager
Avec 80.000 ha cultivés, c’est la plus importante filière de la région
A très forte valeur ajoutée, elle profite actuellement à 7.456 personnes
Un don qatari de 400 millions de DH pour un plan pastoral
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Source: Agence pour le développement agricole 
Le Plan agricole régional (2009-2020) pour le développement de la production animale a identifié 7 projets potentiels portant sur un montant d’investissement estimé à 1.936,5 millions de DH. Trois des projets proposés appartiennent au Pilier I du Plan Maroc Vert et dont le montant d’investissement est estimé à 706,5 millions de DH, alors que 4 projets appartiennent au Pilier II d’un montant d’investissement estimé à 1.230 millions de DH

Si dans quelques semaines, les fruits de cactus de Aït Baâmrane feront le bonheur des amateurs des figues de Barbarie partout au Maroc, c’est grâce à des années de travail pour le développement de cette filière dans la région Guelmim-Oued Noun. «Avec 80.000 ha de cultures de cactus, cette filière est indiscutablement la plus importante dans la région, et le secteur employeur le plus important. L’intervention clef qui a contribué à l’essor de la filière est l’ouverture des pistes à l’intérieur des plantations qui ont facilité l’accès au marché national et l’entrée des investisseurs», rappelle Mohamed Darfaoui, directeur régional de l’agriculture de la région Guelmim-Oued Noun.

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La filière du cactus, à très haute valeur ajoutée aussi bien au niveau de ses fruits frais que de ses produits dérivés, dont la fameuse huile de graines, a concentré plus de 35% de l’investissement global du Plan Maroc Vert. Elle est pour l’heure, cultivée sur 80.000 ha, une superficie destinée à augmenter selon les prévisions 2020 du PMV (Ph. L’Economiste)

Cette filière à très haute valeur ajoutée, aussi bien au niveau de ses fruits frais que de ses produits dérivés dont la fameuse huile de graines, a concentré plus de 35% de l’investissement global du PMV avec 301 millions de DH et a profité à 7.456 bénéficiaires. Avec une production annuelle de 5 tonnes par ha et un prix de vente du fruit frais estimé à 3.000 DH la tonne, la filière est aussi une source d’emploi familial de premier ordre dans la région, particulièrement dans la province de Sidi Ifni. Epargnée du fléau de la cochenille qui a touché les autres régions du Maroc ces dernières années, la figue de Barbarie de Guelmim-Oued Noun se positionne aujourd’hui en pole position dans le secteur agricole. 
En plus du cactus, d’autres produits du terroir et produits de niche ont bénéficié des actions du PMV dans le cadre du pilier II. On y retrouve le miel, les dattes, le cactus, l’argan, les câpres et le couscous ainsi que les produits spécifiques aux populations nomades de ces régions dites «Beydanes», comme le thé aromatisé, les produits carnés et les dérivés du lait camelin et caprin. Etant donné l’importance de ces filières en termes d’emplois et de valeur ajoutée, le PMV a misé sur les principales, celles qui ont un fort potentiel de développement. Aussi, la région Guelmim-Oued Noun est connue pour son activité d’élevage pastoral d’ovins et de caprins avec une ascension croissante au fil des années. L’élevage des bovins reste quant à lui très limité. L’intervention du PMV s’est effectuée au niveau de l’aménagement pastoral, dans le cadre d’un projet financé par un don qatari de 400 millions de DH. Le projet a concerné l’amélioration des parcours, la mise en repos, l’aménagement des points d’eau ainsi que des opérations vétérinaires au profit du cheptel. Côté produit, le développement de la filière a concerné les viandes rouges et certains produits du terroir comme les produits carnés et les dérivés du lait camelin et caprin. 


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De pasteurs à apiculteurs

En parallèle à l’élevage, le PMV a développé l’apiculture auprès de la population nomade. La région est en effet très connue pour son miel d’euphorbe et les grandes étendues parfaitement accessibles à cette population. A travers l’équipement en ruches peuplées d’abeilles sahariennes et la formation, cette population a pu améliorer ses revenus d’une manière significative. La mise en place de 4 unités, dont les plus importantes se trouvent à Tan Tan et Sidi Ifni, pour l’extraction de miel et la mise en bouteille conformes aux exigences de qualité et d’hygiène, a permis de valoriser ce produit fort apprécié sur le marché. En outre, un centre de formation a été mis en place pour accompagner les fils d’agriculteurs et d’éleveurs dans la formation dans la filière apicole.


 

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