International

Le long chemin vers le Brexit

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
L’UE se dit impatiente
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Depuis Berlin où elle a rencontré son homologue allemande Angela Merkel, la Première ministre conservatrice Theresa May, a promis que la réunion de Chequers «fixerait une voie pour avancer afin de permettre aux négociations d’accélérer…» (Ph. AFP)

Les plus hauts responsables de l’UE ont mis la pression sur le Royaume-Uni pour qu’il dévoile rapidement sa vision de leurs relations économiques post-Brexit. Les Européens n’accepteraient aucun projet ne convenant pas au gouvernement irlandais.

«Nous attendons maintenant avec impatience le Livre blanc du Royaume-Uni, et nous espérons vivement qu’il apportera la clarté, le réalisme et l’élan nécessaires à ces négociations», a indiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, devant les eurodéputés réunis en session plénière à Strasbourg. Il faisait référence à un document que doit publier Londres la semaine prochaine.

Y seront détaillés les objectifs du gouvernement pour la future relation commerciale qu’il souhaite nouer avec l’UE après leur séparation, programmée fin mars 2019. Les termes de cette nouvelle relation devront notamment garantir qu’il n’y aura pas de retour d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Un objectif partagé sur le fond par Londres et Bruxelles.

Lors d’un sommet la semaine dernière à Bruxelles, les 27 dirigeants des pays qui resteront dans l’UE se sont dits «préoccupés par le fait qu’aucun progrès substantiel n’a encore été réalisé» sur cette question de la frontière irlandaise, devenue le principal point de blocage des négociations du Brexit.

A noter que le constructeur automobile Jaguar Land Rover a menacé de réduire ses dépenses au Royaume-Uni en cas de Brexit dur. Et ce, à la veille d’une réunion cruciale du gouvernement mis sous pression d’adopter une position commune. En effet, la Première ministre conservatrice Theresa May réunit vendredi 6 juillet 2018, son cabinet à Chequers, sa résidence de campagne.

Cette rencontre s’annonce houleuse entre les partisans du maintien d’une relation commerciale étroite avec l’UE et les supporters d’un divorce sans concession. Evidemment, sous l’oeil attentif de Bruxelles qui exige une position claire du Royaume-Uni à moins de neuf mois du Brexit.

Partisans d’une ligne dure face à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, le ministre du Brexit David Davis ou encore le ministre de l’Environnement Michael Gove devraient défendre cette option. Face à eux les ministres des Finances, Philip Hammond, et de l’Industrie, Greg Clark, veulent la solution plus «douce» d’un partenariat douanier inédit.

Le Royaume-Uni percevrait les taxes douanières au nom de l’UE pour les biens transitant sur son territoire mais destinés au marché des 27. Cette option aurait l’avantage d’éviter l’instauration de douanes en bonne et due forme entre le Royaume-Uni et le continent. Entre les deux, Theresa May voudrait proposer une solution de compromis: un partenariat douanier avec des technologies utilisées pour réduire les contrôles.

F. Z. T. avec agences

 

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