Economie

Service public L’impératif de la reddition des comptes

Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5300 Le 25/06/2018 | Partager
La lutte contre la corruption, une question majeure
8 pays décrochent le prix d’excellence au Forum des Nations Unies
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Mohammed Benabdelkader, ministre de la Réforme de l’administration et de la fonction publique, rappelle que le Forum des Nations Unies pour le service public est l’occasion d’une coopération internationale multipartite pour consolider les mécanismes de bonne gouvernance (Ph. Mokhtari)

Les Objectifs de développement durable (ODD), qui représentent une sorte de contrat social, imposent la traduction de politiques publiques efficientes. Ils étaient quelque 750 participants d’une centaine de pays différents invités au débat du Forum des Nations Unies pour le service public, qui vient de se tenir à Marrakech. Une question a été centrale, celle de la lutte contre la corruption. Avec comme mots d’ordre: «le temps d’agir, c’est maintenant!».

En effet, il fallait profiter d’une telle «occasion de coopération internationale multipartite pour consolider les mécanismes de bonne gouvernance», comme l’a exprimé Mohammed Benabdelkader, ministre de la Réforme de l’administration et de la fonction publique. Car «le pouvoir est aujourd’hui sommé de rendre des comptes», a-t-il ajouté.

Pour autant, la DG de Global Government Industry chez IBM, Julia Glidden, tempère. «Si nous retournons après dans nos silos, ce forum n’aura servi à rien». Celle qui donnait le ton du rôle du secteur privé pour atteindre les ODD parle d’un «nouveau modèle de coopération public-privé à définir».

L’exemple de la plateforme, comme l’est Amazon ou Open Zika, a prouvé son efficacité en rassemblant tout un écosystème, en tenant ses objectifs, et en confiant la gestion des hyper-données locales à l’ensemble des acteurs. L’approche se doit d’être participative. L’ancien président de la République de Maurice et actuel vice-président de la World Leadership Alliance - Club de Madrid, Cassam Uteem, précise qu’il n’y a «pas de modèle qui convient à tous les pays.

Chacun doit considérer l’approche la mieux adaptée pour tenir les objectifs». Et pour lui aussi «tout le monde doit pouvoir jouer un rôle productif. L’ensemble de la communauté doit contribuer aux décisions. Si les citoyens participent à les forger, ils les acceptent». Justice et transparence étant la base de tout exercice pour l’ancien président. «Ne pensons pas que nous sommes les seuls experts».

Eduquer, c’est aussi s’inscrire comme modèles. Alors le Forum des Nations Unies pour le service public a oscillé entre échange d’idées et remise de prix. Huit pays ont été distingués. L’Indonésie pour son programme de réduction des cas de paludisme, l’Autriche pour son internat qui accueille des demandeurs d’asile mineurs non accompagnés, ou la République de Corée qui a mis en place un système d’information fiscale en ligne afin de renseigner le public sur les recettes, budgets et dépenses.

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Bien encadrés par la sécurité, les syndicats sont venus rappeler les failles des institutions, pendant que les responsables gouvernementaux menaient leurs travaux au sein du Forum de l’ONU (Ph. Mokhtari)

Espagne, Kenya, Suisse, Thaïlande font partie des gagnants tout comme la Colombie, porteuse d’une initiative qui tente de nouer le dialogue entre membres de gangs rivaux. En marge du forum, la 56e session du conseil d’administration du Centre africain de formation et de recherche administratives pour le développement (CAFRAD) a elle aussi distribué ses prix. Le Maroc ayant reçu le Prix panafricain du service public pour ses projets «e-instruction» et «Infractions routières».

L’événement rappelle que le rôle des gouvernements locaux et régionaux est essentiel à l’atteinte des ODD, dont 65% de leur mise en œuvre relève du niveau local. Leurs atouts étant leur proximité et leur compréhension des défis auxquels leurs communautés et populations sont confrontées.

Les gouvernements locaux sont dans une position unique pour engager tous les acteurs et toutes les parties prenantes dans la conception de politiques et de stratégies en matière de développement. Ils sont également bien placés pour identifier les besoins urgents, les priorités et les lacunes afin d’améliorer la prestation des services publics. Les actions les plus visibles et les plus concrètes se doivent donc d’être prises au niveau local.

«Nous sommes là pour dialoguer», explique un représentant de la Fédération nationale de l’enseignement. Bien encadrés par la sécurité, les syndicats sont venus parler des failles, pendant que les responsables gouvernementaux menaient leurs travaux au sein du Forum de l’ONU.

«L’espoir est grand de se faire entendre et surtout d’être écoutés. Nos voix, nos expériences doivent être prises en compte», ajoute-t-il. Il s’agissait de rappeler le piètre niveau de l’enseignement, un préscolaire public inexistant ou une privatisation grandissante, entre autres épines dans le pied du droit à l’éducation.

 

 

 

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