International

Renault-Nissan-Mitsubishi: Coup d’accélérateur sur les synergies

Par L'Economiste | Edition N°:5296 Le 19/06/2018 | Partager
Une collaboration qui se chiffre à près de 6 milliards d’euros
Un objectif de 10 milliards d’euros de synergies annuelles d’ici 2022
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Carlos Ghosn, PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi: «L’alliance a un impact positif direct sur la croissance et le profit de chacune de ses entreprises membres» (Ph. Jarfi)

Renault-Nissan-Mitsubishi a le vent en poupe. L’alliance entre les trois constructeurs vient d’annoncer une augmentation de 14% de ses synergies annuelles, qui passent de 5 milliards d’euros en 2016 à 5,7 milliards en 2017. Une hausse couplée à des ventes cumulées dépassant les 10,6 millions d’unités cédées, consolidant le groupe dans sa place de numéro un mondial.

Une situation dont se félicite le PDG, Carlos Ghosn: «L’alliance a un impact positif direct sur la croissance et le profit de chacune de ses entreprises membres. En 2017, l’alliance a contribué à l’amélioration de la performance du Groupe Renault, de Nissan Motor et Mitsubishi Motors – ce dernier bénéficiant pour la première fois d’une année complète de synergies».

Les trois constructeurs ont ainsi fait preuve d’une coopération considérable. Plus grande alliance automobile mondiale, ils ont multiplié les économies d’échelle et les mesures d’évitement de coûts, principalement via la fabrication de véhicules sur des plateformes communes.

En témoigne la Renault Alaskan, produite dans les usines mexicaine et espagnole de Nissan. L’Alliance a également vu ses coûts de transport diminuer, suite notamment à une mutualisation de Nissan et Mitsubishi Motors du convoyage et transports de véhicules depuis leurs usines de Thaïlande vers leurs distributeurs du monde entier.

Le groupe ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin, comme l’annonce le patron français: «Nous partagerons davantage de sites industriels, de plateformes véhicules et de technologies, tout en profitant de la présence des trois entreprises sur les marchés matures ou émergents».

Cette stratégie de coopération accrue s’inscrit dans le plan Alliance 2022, dévoilé en septembre dernier. Le groupe table sur des ventes annuelles cumulées de plus de 14 millions de véhicules, dont 9 millions fabriqués sur quatre plateformes communes. De plus, 75% des voitures devraient être équipées de motorisations communes, contre un tiers aujourd’hui.

La transition énergétique n’est pas en reste puisque le groupe prévoit le lancement de 12 nouveaux modèles 100% électriques, avec des plateformes et des composants partagés, ou encore le développement de 40 véhicules dotés de technologie de conduite autonome. Objectif: plus de 10 milliards d’euros de synergies annuelles d’ici fin 2022.

Pour autant, l’Alliance pourrait être en proie à des difficultés. En effet, Renault a été mis en cause il y a 2 ans pour des «stratégies frauduleuses» lors de tests antipollution pour ses moteurs diesel. Plus récemment, le constructeur français fut ciblé lors du rappel de 5.000 Mercedes Vito, équipées de moteurs Renault, pour utilisation de logiciels illégaux de dépollution. Si on en est encore qu’au stade des accusations, la spirale du Dieselgate pourrait bel et bien rattraper les trois constructeurs.

De plus, en décidant de rester en Iran, malgré les nouvelles sanctions américaines, l’Alliance devra vraisemblablement réduire sa production, dans un pays où les ventes s’élevaient à 160.000 unités en 2017.

Au Maroc, Renault-Nissan-Mitsubishi n’a encore rien annoncé, surtout au sujet d’une unité de production dédiée à Nissan. Le groupe est néanmoins bien ancré dans le paysage économique. Avec deux usines à Tanger et à Casablanca (Somaca), le seul constructeur français (Renault + Dacia) a enregistré près de 44% de parts de marché en 2017. Avec le partenaire nippon Nissan, le volume grimpe pour atteindre la quasi-moitié des ventes de voitures neuves au Maroc.

R.G.

 

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