Economie

Climat des affaires: Le vrai thermomètre? le vécu des entreprises

Par Franck FAGNON | Edition N°:5012 Le 27/04/2017 | Partager
Le gouvernement vise le top 50 du Doing Business en 2021
Les délais de paiement et la faible efficacité des tribunaux polluent l'environnement
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Pour le règlement d'une défaillance, il faut compter au minimum trois ans et demi. C'est l'un des points qui polluent l'environnement des affaires. Le baromètre Doing Business ne remonte pas totalement la réalité du terrain, mais il vaut toujours mieux bien y figurer puisqu'il est scruté par les investisseurs

Les plaintes des fournisseurs étrangers à l'égard des importateurs marocains se multiplient. Ce constat de Me Azzedine Kettani, président de Kettani Law Firm et arbitre international (Voir L'Economiste n° 4954 du 6 février 2017) corrobore les remontées du terrain des sociétés d'assurance crédit. La mauvaise foi d'un certain nombre d'importateurs se traduit par une détérioration du risque commercial du pays.

En y ajoutant la lourdeur et la complexité de l'appareil judiciaire, il y a de quoi refroidir les investisseurs. Il faut compter en moyenne trois ans et demi (estimation basse) pour le règlement d'une défaillance. C'est l'un des points sur lequel le Maroc doit encore progresser pour améliorer son score dans le Doing Business de la Banque mondiale. Le Royaume est 68e sur 190 nations dans l'édition 2017.

Mais il pointe au 131e rang en matière de règlement de l'insolvabilité. Même si ces baromètres ne reflètent pas totalement la réalité du terrain, il vaut toujours mieux bien y figurer puisqu'ils sont scrutés par les investisseurs. Le souhait du gouvernement est de ramener le Maroc dans le top 50 du Doing Business d'ici 2021. Pour cela, il aura fort à faire.

«Cela passera par une transformation structurelle du tissu économique et l'incitation à l'investissement», a indiqué Saâdeddine El Othmani, le chef du gouvernement. Cela nécessitera en particulier d'accélérer la réforme de la justice commerciale. Le manque de compétences et de profils pointus dans certains domaines précis pollue l'environnement des affaires. La grille du Doing Business indique juste la météo mais pas la température ressentie. Dans le monde des affaires, c'est d'abord le vécu des entreprises qui compte.

L'illisibilité des textes fiscaux, le pouvoir d'interprétation de la législation fiscale par les inspecteurs des impôts par exemple et parfois le sentiment d'inégalité dans le traitement d'un même sujet par l'administration fiscale ne sont guère encourageants. L'environnement des affaires est meilleur au Maroc que partout ailleurs en Afrique excepté au Rwanda. Mais, pour jouer le rôle de hub financier régional et de porte d'entrée pour les investissements étrangers sur le continent, il y a des changements importants à introduire.

Les investisseurs étrangers sont habitués à un certain standard sur leurs marchés et recherchent tout au moins la même qualité dans les territoires où ils souhaitent investir. Le Maroc est 18e pour l'obtention d'un permis de construire et 40e pour la création d'entreprise (il faut quatre jours pour créer son entreprise). En revanche, il figure en 87e position pour la protection des investisseurs minoritaires malgré un gain de 31 places d'une année à l'autre.

Sur ce volet, la réalité du terrain semble nettement décalée de ce que dit le baromètre de la Banque mondiale. Plusieurs dossiers de manquements sont restés sans suite. Surtout, le dispositif de sanction n'est en aucun cas un pare-feu pour protéger les intérêts des petits porteurs. C'est en partie pour ces raisons que les particuliers se sont détournés de la Bourse.

 

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