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    Samir: Eclairage sur le cahier des charges

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:4965 Le 21/02/2017 | Partager
    La consultation possible à la Cour d’appel de commerce
    20 candidats potentiels
    Américains, Britanniques, Européens mais aucun Marocain
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    Le chapeau vissé sur la tête, le liquidateur de Samir est en pleine démonstration. Le représentant de l’un des candidats étrangers se voit présenter en anglais le cahier des charges. Benjaouad Driss, directeur Trading du raffineur, fait la traduction. Le candidat est «venu à l’improviste», assure le liquidateur. Son avocat  a refusé de nous présenter son client  prétextant la confidentialité! (Ph. Jarfi)

    Les consultations du cahier des charges du raffineur Samir ont été officiellement lancées le lundi 20 février à la Cour d’appel de commerce de Casablanca. En fait, l’accès au document a été possible 4 jours plus tôt et uniquement «aux candidats qui doivent personnellement adresser une manifestation d’intérêt au liquidateur», précise l’avis d’information affiché à la juridiction de commerce. Suite à quoi une réunion est organisée avec l’intéressé qui doit encore une fois «se déplacer personnellement au bureau du syndic judiciaire». La prise de contact entre cet expert-comptable et la partie éventuellement intéressée par la compagnie se conclut par la signature d’un protocole de confidentialité.

    Il est rédigé en français et anglais. Ce n’est qu’après cette formalité que «le candidat potentiel est autorisé à consulter le cahier des charges» déposé à la bibliothèque de la Cour d’appel de commerce de Casablanca.  La liquidation de Samir a eu le mérite de mettre à nu les bizarreries procédurales consacrées par le législateur: «L’impossibilité d’obtenir une copie du cahier des charges». Ce document de plus d’une centaine de pages compte aussi 15 annexes: spécifications marocaines des produits pétroliers, biens en leasing et jugements, contrats d’assurance... (cf. L’Economiste du 10 février 2017).

    Cette impossibilité pousse le liquidateur Mohammed El Krimi à faire la précision suivante: «Nous ne pouvons pas enfreindre la loi. La présentation de la procédure de consultation est un effort de la Cour et du syndic judiciaire». Ces instances remettent un CD-Rom sur «La présentation de la procédure de la cession de la totalité des actifs de la Samir». Cette dernière étape de la consultation se conclut par la communication de «données numériques et/ou physiques» après la signature d’un protocole de confidentialité. Le ton judiciaire se veut ferme: «Il est demandé à tous les intéressés de comprendre l’utilité et l’intérêt de cette procédure comme il leur est demandé de la respecter».

    A ce jour, 20 candidats se sont montrés intéressés par le cahier des charges: «18 sur 20 sont prêts dans la mesure où ils se sont préparés à l’avance. Leurs équipes ont finalisé leurs dossiers entre mars et novembre 2016», précise le liquidateur. Ces candidats potentiels sont Américains, Britanniques et Européens. «Si vous avez un Marocain intéressé, faites-le venir»,  lance Mohammed El Krimi.  Le cahier des charges est accessible au tribunal. Un jeune financier de la Samir veille au grain. De 9h 30 mn à 15h, Amine Bouazzaoui met le fameux document à la disposition des consultants. Une quinzaine de ses collègues lui prêtent main forte: chacun détient un des 15 annexes. Les candidats potentiels ont 30 jours pour se déclarer, à compter du 8 février 2017.

                                                                                    

    Coffre-fort et trêve au bunker!

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    Un policier nous demande aimablement de signer la liste comportant les noms des journalistes invités à la Cour d’appel de commerce de Casablanca. La juridiction que préside Abderazzak El Amrani est devenue un vrai bunker depuis la mise en liquidation du raffineur Samir. Il est arrivé que certains confrères soient gentiment mis à la porte sans motif légitime.
    La présentation officielle du cahier des charges en ce lundi 20 février est une trêve. L’initiative «se justifie par le poids de l’entreprise, son statut stratégique et le volume des données à communiquer aux candidats intéressés par le rachat de la compagnie», argue le syndic judiciaire Mohammed El Krimi. Non sans rappeler que cette procédure est prévue par le code de commerce.

    Les journalistes ont été ainsi orientés vers une grande salle ovale à la décoration mauresque. Elle fait office de bibliothèque du tribunal. Notre hôte remercie la presse «pour son soutien» avant d’enchaîner sur la présentation du cahier des charges et ses annexes. Un rappel s’impose: «Pas de question hors sujet», déclare le syndic. Du genre pourquoi le parquet n’a pas engagé des poursuites pénales contre les dirigeants de Samir? Le jugement du 21 mars 2016 relève «la faute de gestion», «le business plan inadapté», «la distribution de dividendes fictives»...

    Le juge commissaire Abderafiî Bouhamria est chargé de superviser la liquidation, assortie de 3 mois renouvelables de continuation de l’activité. L’avocat de la Banque populaire et le représentant syndical, Hussein Yamani, sont également présents en tant que contrôleurs. Ils assurent la coordination entre le syndic et les autres parties, à commencer par les créanciers qui réclament 43 milliards de DH. Egalement contrôleur, la Douane -le plus grand créancier (13 milliards de DH)- est absente. Un «personnage» sort du lot: le gros coffre-fort argenté qui préserve le cahier des charges et les 15 annexes des curieux. Sa clé est jalousement gardée par le liquidateur. À la fin de chaque journée, le coffre-fort est entreposé dans une salle fermée à clé. Celle-ci reste au tribunal.

    Repères

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    • 1959
    Création de Samir par l’Etat

    • 1997
    Privatisation de la raffinerie

    • 2016
    Liquidation jugée le 21 mars

    • 2017
    Lancement de la procédure de cession le 8 février

    • 67,27%
    Part du capital du groupe Corral

    • 900
    Effectifs hors filiales

    • 42 ans
    Moyenne d’âge des salariés

    • 200
    Sous-traitants

    • 60%
    Part de marché

    • 10 millions de tonnes/an
    Capacité de raffinage

    • 2 millions de m3
    Capacité de stockage

     

     

     

     

     

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