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    Economie

    Le réacteur de l’investissement privé éteint!

    Par Franck FAGNON | Edition N°:4911 Le 05/12/2016 | Partager
    Une croissance faible et des délais de paiement trop longs entretiennent l’attentisme
    Le investissements profitent peu aux activités à forte valeur ajoutée
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    L’effort d’investissement est essentiellement public. Il faudra accélérer les réformes pour donner la main au privé. Le traitement du mal des délais de paiement et une plus grande ouverture d’un certain nombre de secteurs pourraient pousser les acteurs privés à s’engager davantage

    Dix mois après la réunion inédite entre prêteurs et emprunteurs (BAM-GPBM-CGEM) pour contrer la panne de l’investissement, les entreprises n’ont toujours pas retrouvé l’appétit. Certes, la progression des crédits à l’équipement est plus rapide qu’en début d’année (5,7% en octobre contre 1,3% en moyenne sur les trois premiers mois de l’année). Ceci dit, les investissements du secteur automobile ou encore de l’OCP biaisent ce tableau. «La hausse des prêts à l’équipement est soutenue par quelques grands projets. Les PME sont en dehors de cette dynamique», note un banquier. Les levées de fonds sur les marchés sont également peu significatifs. Quoique la liste des intervenants est réduite. Il faudra revoir les critères d’accès au marché des capitaux pour encourager les PME à s’y financer et aussi développer d’autres sources telles que le private equity.
    Reste que la multiplication des sources de financement et la baisse du loyer de l’argent (le taux moyen des prêts à l’équipement a été de 4,95% au troisième trimestre) n’ont pas fondamentalement changé la donne. Même les incitations fiscales introduites en 2016 –­ remboursement de la TVA au-delà des trois ans exonérés ou encore l’instauration d’une nouvelle grille pour l’impôt sur les sociétés – ne suffisent pas à redonner le goût de l’investissement aux entreprises privées. Il faut que les entreprises aient des perspectives sur les profits, c’est-à-dire que les dirigeants retrouvent confiance. Or, la faiblesse de la croissance, 3,2% en moyenne par an depuis 2012, et la détérioration des délais de paiement interentreprises créent un attentisme peu favorable à l’investissement privé. Les délais de paiement se sont encore détériorés en 2016, constate l’assureur crédit Euler Hermes. Régler à plus de 5 mois, voire 7 mois, est devenu courant. Les délais trop longs sont un accélérateur de défaillance des entreprises, surtout les plus petites. Le règlement de ce fléau figure parmi les propositions phares adressées par le trio BAM-GPBM-CGEM au gouvernement. Il faudra que le traitement de ce mal s’accompagne d’autres réformes pour permettre aux investisseurs de s’engager davantage. «Il faudrait peut-être déréguler certains secteurs qui sont la chasse gardée du public», suggère un économiste.
    En attendant, à court terme, l’amélioration de la conjoncture en Europe, principal marché à l’export du Maroc, devrait générer du business supplémentaire aux entreprises exportatrices et stimuler quelque peu leurs investissements. La demande extérieure additionnelle en 2017 est estimée à 1,8 milliard d’euros, l’équivalent de 19 milliards de DH par Euler Hermes. Elle serait trois fois plus importante qu’en 2016. Près de 3/4, plus exactement 70% de ces débouchés sont situés en Europe surtout en France et en Espagne. Cette embellie profitera principalement à l’agroalimentaire, le textile et la chimie. 

    Des investissements directs étrangers passifs!

    Le sujet n’est pas nouveau, mais Euler Hermes, comme d’autres avant lui, attire l’attention sur la faible efficacité des investissements. Le Maroc investit chaque année aux alentours de 30% du PIB, mais pour un résultat plus que limité comparé à d’autres pays qui consentent le même effort, voire moins. «Le rendement en croissance de l’investissement est limité», relève l’assureur crédit. Les économies qui ont maintenu le même effort d’investissement sur plusieurs années ont enregistré des hausses du PIB proches de deux chiffres par an. Or, le Maroc est loin d’enregistrer de tels scores. L’investissement est essentiellement public, ce qui peut en partie expliquer ces résultats. Pour 2017, l’Etat va encore engager 67 milliards de DH au titre du budget. A ce montant, il faut ajouter des investissements de l’ordre de 123 milliards de DH des entreprises publiques. Les critères économiques ne sont pas les seuls déterminants dans les décisions d’investissement de l’Etat. Il y a aussi des considérations d’ordre social.
    Plusieurs chantiers lancés ces dernières années ont vocation à donner des résultats sur le long terme. Cela dit, il y a encore un effort à mener pour orienter le capital vers des usages productifs. Il faudra aussi ouvrir davantage certains secteurs aux opérateurs privés. De même, il y a un besoin de rediriger les investissements directs étrangers vers des secteurs productifs. Les implantations des groupes tels que Renault, Boeing ou encore Bombardier vont contribuer à dynamiser le tissu industriel. Mais, le plus important au-delà de la création d’emplois, est de monter dans la chaîne de valeur grâce au transfert de technologie. L’industrie capte moins de 15% des IDE, très loin derrière l’immobilier et un peu en retrait par rapport au Tourisme, des secteurs dans lesquels les gains de productivité sont faibles.

     

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