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Entreprises

Gérard Mestrallet: Engie compte aller plus loin avec le Maroc

Par Safall FALL | Edition N°:4904 Le 24/11/2016 | Partager
Nareva, un partenaire de choix pour se développer au Maroc et le reste du continent
Le géant français confirme son retrait stratégique du charbon et des énergies fossiles
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Gérard Mestrallet est le président du Conseil d’administration d’Engie. La multinationale est le plus gros producteur indépendant d’électricité dans le monde avec plus  de 115 Gigawatts de capacités de production électrique à son actif et plus de 10 autres GW en cours de développement. Plus de 70% de ses installations de production sont à partir du gaz naturel et des énergies renouvelables. Le groupe compte s’appuyer sur sa longue et importante présence au Maroc pour se développer sur le marché africain des énergies renouvelables. Le géant affiche un business global de 74 milliards d’euros et table sur un rythme de 6 à 7 milliards d’euros d’investissements nets par an sur la période 2014-2016 (Ph. L’Economiste)

-L’Economiste: Au Maroc, vous avez récemment finalisé un important partenariat avec Nareva Holding. Quels en sont les objectifs ?
- Gérard Mestrallet:
Nous avons une présence historique au Maroc dans le domaine des services énergétiques et de la gestion d’eau potable. Nous avons déjà réussi un partenariat avec Nareva Holding sur la filière éolienne, notamment à Tarfaya, et sur la centrale thermique de Safi. Sur la base de ces acquis, nous avons décidé d’aller plus loin en augmentant la dimension de ce partenariat dans le secteur du renouvelable. Le Royaume s’est donné une ambition importante dans ce domaine et nous comptons l’accompagner dans ses objectifs. L’accord prévoit non seulement le développement de nouveaux projets au Maroc, mais aussi sur d’autres marchés du continent. Le Royaume s’est résolument affirmé, lors de la COP22, comme une porte d’entrée sur le marché africain. Nous comptons nous appuyer sur cet atout pour nous développer plus vite sur le continent.

-L’accessibilité des technologies est un obstacle au développement des énergies vertes dans les pays en développement. Quelle approche comptez-vous développer pour l’Afrique?
- Le grand avantage c’est que le coût de ces technologies ne cesse de baisser. Nous observons cette tendance sur le solaire photovoltaïque et les technologies éoliennes. Il est clair, de plus, que nous ne pouvons pas demander aux pays en développement de s’imposer les mêmes règles du jeu que ceux qui ont pu émettre dans le passé sans contraintes. Nous ne pouvons pas non plus soumettre les mêmes prix du carbone à tous les pays. Il y a également les flux financiers relevant des fameux 100 milliards de dollars promis par les économies en développement. Il est indiqué que nous n’en sommes encore qu’aux deux tiers  du montant qui est mobilisé. Mais il faut les trouver, ces capitaux. Si nous voulons combiner les objectifs climatiques à ceux d’accès à l’énergie pour tous, l’innovation et les nouvelles technologies seront nécessaires à l’abaissement des coûts d’accès. Avec des solutions individuelles, le photovoltaïque permet, par exemple, aujourd’hui, de développer des kits pour 100 dollars. De quoi changer la vie de beaucoup de gens. Il y a 1,2 milliard de personnes qui n’ont pas encore accès à l’électricité dans le monde. Il est clair que pour atteindre ces objectifs, il faut une mobilisation de toutes les parties prenantes, y compris les collectivités locales et territoriales.

- Sur les questions climatiques, nous avons l’impression qu’il s’est produit une sorte d’électrochoc chez le secteur privé international. Partagez-vous ce constat?
- Le secteur privé est indispensable à la réussite des engagements de Paris. Sur les trillions d’investissements qu’il va falloir réaliser pour atteindre les objectifs fixés, le privé devra en assurer les 70% au moins. Sans la mobilisation active des entreprises, les promesses de Paris ne seront jamais tenues. Le secteur privé pourra apporter du financement, des investissements, mais aussi des technologies. Et les solutions sont déjà là, d’ailleurs. Ce dont les entreprises ont besoin, c’est plus de visibilité et de cadre institutionnel favorable à l’innovation. Ce qui me frappe, néanmoins, c’est que le privé a bien répondu présent à l’urgence climatique. Cette réactivité est assez récente, vous savez. A Copenhague en 2009, avouons-le, les entreprises traînaient un peu les pieds. Il y a eu une accélération de la prise de conscience des entreprises au cours de ces deux dernières années. Je l’ai d’abord sentie à travers la mobilisation du privé lors du Business Dialogue que le gouvernement français m’avait demandé d’animer en marge de la COP21. Une quarantaine de chefs d’entreprise, et autant de négociateurs institutionnels, y étaient réunis. Nous avons constaté une mobilisation de plus en plus importante à partir de ce moment. Les entreprises, qui ont parfois considéré la question de l’environnement comme une contrainte, la prennent désormais comme une réelle opportunité de compétitivité. Une catastrophe écologique pourrait aussi entraîner une catastrophe économique.

- Pensez-vous que cette dynamique est partagée dans les marchés des capitaux privés pour la mobilisation du financement?
- Oui, nous avons assisté à la mobilisation des acteurs mondiaux du secteur financier. Ce secteur a longtemps été perçu comme un frein au développement durable. Mais cette situation a beaucoup évolué lors du Climate Finance Day, à Paris, mi-2015, en marge duquel plusieurs grands opérateurs des marchés financiers et des capitaux ont décidé de dé-carboner leurs portefeuilles. Cela veut dire, concrètement, réduire leurs investissements dans les énergies les plus polluantes. Cela a été le cas pour Engie qui a décidé de sortir progressivement du charbon. Cette mobilisation du secteur privé est donc née un peu  avant la COP21 et n’a fait que se renforcer depuis lors.

- Quels seraient les facteurs d’un marché du carbone stable et dynamique ?
- Je suis un grand militant du prix du carbone et je crois qu’il est indispensable à mettre en place. Si nous voulons lutter contre le changement climatique, il faut limiter les émissions de CO2. Il va falloir rendre pénalisante la pollution atmosphérique en appliquant l’approche du pollueur-payeur. Le système qu’on a mis en place à partir de la COP3 de Kyoto (1997) ne fonctionne pas. Il délivre un prix carbone de 5 à 6 euros la tonne, alors qu’il est de 13 dollars en Californie. Ce qui n’est ni suffisant, ni cohérent avec les objectifs de Paris. Il faut parvenir à relancer ce marché.

30 milliards de DH sur Tarfaya et Safi

Présent au Maroc depuis plusieurs décennies déjà, le groupe français a bâti sa présence autour de deux segments majeurs. Le premier est celui de la production d’énergie électrique, notamment de sources renouvelables, thermiques… Avec de sérieuses ambitions pour le «Gas to power». La société a investi 30 milliards de DH sur ses plus récents gros projets au Maroc: le site éolien de Tarfaya et la centrale thermique de Safi
• Le parc éolien de Tarfaya: Près de deux ans après sa mise en service,  le site reste le plus gros jamais développé au Maroc et dans la région. D’une puissance installée de 301 MW, le projet a été développé en partenariat avec le champion national des énergies vertes, Nareva Holding, filiale de la SNI.
• La future centrale thermique de Safi: Elle devrait être opérationnelle dès le début de l’année prochaine. Le projet porte sur la réalisation de deux unités thermiques de dernière génération d’une puissance cumulée de plus de 1.400 MW.

Une présence à 360° dans les services énergétiques

• Tractebel engineering Maroc: Lancée en 2012 au Maroc, la société opère dans les domaines du conseil et du support technique. Elle intervient dans les projets de réalisation des centrales de Mohammedia et de Jorf Lasfar, ainsi que le terminal GNL.
• Cofely Maroc: L’enseigne, l’un des spécialistes majeurs de l’efficacité énergétique, opère aujourd’hui à Tanger auprès de l’unité industrielle du constructeur automobile français Renault. Elle y assure la maintenance multi-techniques et multi-services  dans le cadre d’un contrat de Facility Management (FM).
• Cofely Ineo: Active sur le segment du génie électrique et les systèmes de communication, cette filiale d’Engie est intervenue sur le projet du tramway de Casablanca en s’occupant des équipements de communication et le système d’aide à l’exploitation et d’information voyageurs. Elle opère aussi sur le programme LGV Tanger-Rabat.
• Cofely Axima: Un peu moins connu que les autres, ce spécialiste du génie climatique et de la protection incendie est intervenue dans plusieurs projets importants (Centre de virologie, maladies tropicales et infectieuses de l’Hôpital militaire Mohammed V à Rabat, l’usine Bel à Tanger.

Propos recueillis par Safall FALL

 

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