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Analyse

Energies renouvelables : Les investissements sont là, mais pas encore la rentabilité

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4902 Le 22/11/2016 | Partager
Ils devraient dépasser 367 milliards de dollars en 2017
L’éolien et le solaire dominent
Marges, endettement… ce que risque le secteur
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Les entreprises du secteur de l’éolien ont généré une marge opérationnelle de –1% en moyenne annuelle entre 2011 et 2013, 2012 étant le pire exercice. Sur une longue période (2005-2015), le taux de marge opérationnelle de l’éolien ne parvient pas à dépasser la barre modérée des 5%

Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables devraient dépasser 367 milliards de dollars en 2017, soit une croissance de près de 10% par an sur la période 2014-2017. Si les pays développés prévoyaient une augmentation de leurs investissements dans les renouvelables de 3% par an sur cette période, les pays en développement les surpasseront, avec un taux de croissance de 18%, prédit Euler Hermes dans son étude «Croissance des investissements, mais rentabilité freinée: Pour les énergies renouvelables, la COP est à moitié pleine».
D’après la BAD, le Maroc est de loin le pays le plus avancé au Maghreb en termes d’énergies renouvelables (cf. notre édition N°4873 du 11/10/2016).
Malgré la faiblesse durable du prix du pétrole, l’investissement a crû de 10% en moyenne annuelle sur 2014-2017 pour atteindre un niveau historique de 286 milliards de dollars en 2015. «Ces énergies étaient au cœur des débats de la récente COP22 à Marrakech. Entre 2005 et 2015, dans le monde, 2.300 milliards de dollars y ont été investis. Elles sont à l’origine de 35% de la production électrique européenne, contre 13% aux Etats-Unis», indique Marc Livinec, conseiller sectoriel chez Euler Hermes. Les investisseurs sont toujours attirés par l’éolien (270 milliards de dollars prévus en 2016-2017) et le solaire (380 milliards de dollars). En revanche, les investissements dans les autres types d’énergies renouvelables, comme les biocarburants, la biomasse ou l’hydraulique, sont à la peine. Entre 2008 et 2015, ils ont reculé de 15% en moyenne annuelle et représentent moins de 6% des investissements annuels dans le renouvelable. Là aussi, deux explications sont avancées par l’expert d’Euler Hermes: «Les biocarburants se remettent difficilement de l’éclatement de la bulle du marché en 2008, qui les a ramenés à leur niveau d’investissement de la décennie

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Le graphique donne un aperçu du coût de désendettement dans l’industrie éolienne, et prouve que la différence entre les taux de marge nette et opérationnelle provient de la variation des résultats, tant financiers qu’exceptionnels. Le taux d’endettement devrait être inférieur à 20% dès la fin de 2016

précédente, quand les cours des matières premières agricoles étaient à un niveau record». Pour l’hydraulique, «il ne reste que peu de sites dans le monde où de nouveaux barrages peuvent être construits. De plus, l’approvisionnement en eau est un enjeu majeur, et peut être une source de conflits entre pays».  L’étude signale un paradoxe. Même si les investissements dans les énergies renouvelables continuent d’augmenter, la rentabilité n’est toujours pas au rendez-vous.  C’est l’enseignement à tirer lorsqu’on observe les dix derniers exercices (voir graphique). Le taux de marge nette de l’industrie éolienne a mis trois ans pour sortir du rouge, à cause des plans de restructuration mis en œuvre par les sociétés du secteur. Finalement, le redressement du taux de marge nette de l’éolien, estimé à environ 5% pour l’année 2016, est le résultat d’un processus de désendettement accéléré depuis 2014.
Contrairement à l’éolien, l’industrie de l’énergie solaire a généré, entre 2011 et 2014, des pertes bien plus lourdes. En 2013, le secteur solaire a vu son ratio d’endettement moyen grimper en flèche, et atteindre un niveau historique de 140%, notamment à cause de la plongée dans le rouge de son taux de marge nette en 2012 à -28%. «La succession de restructurations au sein de l’industrie solaire occidentale n’a rien arrangé», observe Marc Livinec. Le secteur n’est sorti de l’ornière que depuis 2014, affichant un taux de marge à peine supérieur à 2%. Cependant, le retour aux niveaux de rentabilité constatés lors de la dernière décennie (20% et plus) se voit compromis par le maintien d’un ratio d’endettement toujours très élevé, attendu à 85% en 2016.

 

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