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    Politique

    Le PAM est également sorti vainqueur

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:4873 Le 11/10/2016 | Partager
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    Abderrahim Bouhmidi, professeur universitaire: «Si la Constitution faisait l’objet d’une interprétation extensive, le PAM formerait, sans doute, un gouvernement sans difficulté majeure, contrairement à son rival» (Ph. Bziouat)

    Le score réalisé par le PJD aux législatives du 7 octobre suscite beaucoup d’interrogations sur les raisons de cette victoire. A la veille des élections, le parti de la mouvance islamiste a recruté à tour de bras des candidats. Mais sont-ils tous acquis à l’idéologie pjédiste?

    - L’Économiste: Comment s’explique la victoire du PJD malgré des décisions impopulaires et un bilan contestable?
    - Abderrahim Bouhmidi:
    Techniquement on ne peut pas parler de victoire du PJD qui, certes, a amélioré de quelques sièges son score précédent, mais sans plus. Le grand vainqueur, en termes de progression, c’est bien le PAM. En talonnant le PJD, il s’érige désormais en première force d’opposition.
     
    - A quoi attribuez-vous le faible taux de participation?
    - Les Marocains ne sont pas fâchés avec les élections, mais avec les partis politiques. La nature ayant horreur du vide, il faut reconnaître au PJD une omniprésence et une permanence sur le terrain. Par ses organes, mais aussi par son officine, le MUR, le PJD recrute à tour de bras, encadre mais surtout éduque. D’ailleurs, les trois principes sur lesquels repose l’activisme du PJD sont l’éducation, puis l’éducation et enfin l’éducation. En outre, dans une approche on ne peut plus populiste, le PJD développe un discours de proximité à l’adresse des jeunes, des femmes, des petites gens, des chômeurs, d’une classe moyenne en voie de paupérisation. De plus, tant que le tissu associatif n’est pas pris au sérieux par les partis politiques, le jour du scrutin, les citoyens iront à la pêche.
    - On assiste à un début de bipolarisation du champ politique…
    - Il est prématuré de parler de bipolarisme. Le bipolarisme signifie l’existence de deux mouvances majeures, constituées de plusieurs formations politiques, unies entre elles par une même idéologie et un même idéal. Or, ni le PAM, ni le PJD ne sauraient se targuer d’un tel rôle fédérateur. La confrontation, souvent  peu orthodoxe et de basse facture, entre deux dirigeants par trop impétueux, ne saurait être fondateur de bipolarisme.    

    - Qu’est-ce qui n’a pas marché pour le PAM qui semblait si proche de la victoire?
    - Il faut rappeler que le système du scrutin par liste n’est pas propice pour donner un vainqueur sans appel. Ceci dit, s’il est vrai que le PAM est également sorti vainqueur du scrutin du 7 octobre, il n’en reste pas moins qu’il a accumulé des erreurs fatales, particulièrement en tenant ostensiblement un discours franchement antireligieux. Fustiger l’islam, c’est  montrer une hostilité à l’identité des Marocains. In fine, le PAM s’est tiré une balle dans les pieds.

    - Avec un paysage politique aussi éclaté, assisterons-nous aux mêmes tractations pour arriver à la même alliance?
    - Le paysage politique n’est pas aussi balkanisé qu’on le croit, car le phénomène d’extinction semble atteindre inexorablement les «hizbicules».
    Tous les scénarios, même les plus fous, sont à envisager comme celui de supposer l’existence d’une cinquième colonne au sein de la masse des élus PJD, suffisante en nombre, qui décide d’abandonner le navire. Le PJD se retrouverait avec un nombre de sièges inférieur à celui de son rival, qui deviendrait le premier parti en nombre de sièges. Dès lors, la guerre de Troie aura lieu. Ce qui nécessiterait une nouvelle interprétation de la Constitution sur le sens de «premier parti».
    Propos recueillis par
    Hassan EL ARIF

     

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