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    Stratégie de carrière: Réseautage, com, audace, sens de l’initiative… les secrets des patrons

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4855 Le 14/09/2016 | Partager

    La chance sourit à ceux qui savent la provoquer. Que vous soyez né avec une cuillère en argent dans la bouche ou pas, cela ne prédétermine pas forcément votre trajectoire. Une stratégie de carrière, animée par la passion et renforcée par un système de valeurs solide, peut vous faire réaliser des exploits. Des patrons partagent les secrets de leur stratégie professionnelle. Certains appliquent à la lettre la feuille de route qu’ils se sont tracée. D’autres évoluent au feeling, mais tout en gardant en tête des objectifs clairs et des principes inaliénables.

    ■ M’Hammed Abbad Andaloussi, président de Injaz Al Maghrib

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    Le fondateur de Injaz Al Maghrib est de tous les cocktails et de tous les meetings importants. Cela fait partie des ingrédients clés de sa stratégie professionnelle. Un ingrédient qui lui a permis de se constituer un carnet d’adresses bien garni. Dès qu’il fait son apparition dans une salle, les patrons se ruent vers lui. L’entrepreneur social, pour ainsi dire, attise les convoitises. Non pas qu’il ait des choses à offrir. Mais M’hammed Abbad Andaloussi a su développer une marque forte à laquelle tout le monde veut s’associer. De nombreuses entreprises souhaitent greffer leur RSE sur le modèle de son ONG.
    Issu d’une famille modeste, le patron de Injaz est le dernier d’une fratrie de sept enfants. Faute de moyens, aucun de ses frères et sœurs n’a pu obtenir son baccalauréat. Très jeune, il décide de défier toutes les contraintes et d’emprunter, coûte que coûte, le chemin de la réussite. Son ambition, devenir directeur général d’une banque. Dès sa première année au lycée Mly Abdallah, sur conseil de son professeur d’anglais, il commence à traverser l’Europe en autostop, afin de rejoindre un «chantier de jeunesse», où il cueillait des fraises à proximité de Londres. Il pouvait ainsi à la fois gagner de l’argent et améliorer son anglais. Le jeune Abbad dévorait les livres et cherchait sans cesse à s’informer et à se cultiver. Après avoir obtenu sa licence en économie de la faculté de droit de Casablanca, sorti major de sa promotion, il intègre, en 1970, la Compagnie marocaine de crédit et de banque (ancêtre de Wafabank). Sa tactique: être une force de proposition et soumettre sans cesse des idées innovantes. Il a été, par exemple, derrière l’ouverture du premier guichet automatique au Maroc dans les années 80, et le lancement de la première carte de crédit. Autres ingrédients, le travail acharné, la formation continue et la communication, parfois même à outrance. Et ça lui réussit. Abbad Andaloussi gravit les échelons, un à un, jusqu’à devenir DGA. Coup du sort, en 2004, il est victime d’un AVC qui lui fait redéployer ses cartes. Ce fut aussi à l’époque où Wafabank fut absorbée par le groupe Attijari. Il choisit donc de se consacrer au monde associatif, où il s’implique depuis 1972. Pour commencer, il gère la fondation Attijariwafa bank, où il lance de nombreux programmes en faveur des jeunes des classes préparatoires. Vient ensuite l’aventure Injaz en 2007.
    L’ONG mondiale qui éduque les élèves des écoles publiques à l’entrepreneuriat. En dix ans, Abbad Andaloussi réussit à s’associer à 90 partenaires et à fédérer plus de 2.750 cadres bénévoles. Il convainc même l’Education nationale d’insérer son programme à l’école publique. Pour augmenter sa visibilité à l’international, il participe à des sommets mondiaux et intègre des réseaux internationaux d’entrepreneuriat social. Sa stratégie finit par payer. En 2010, le World Economic Forum lui attribue le prix du meilleur entrepreneur social de la région Mena. En 2011, il reçoit le prix mondial de la citoyenneté des mains du président Clinton. «Tout cela ne vient pas par hasard», insiste-t-il. Ambition, passion, sérieux et sens de l’initiative. Ce sont là ses secrets. «Une fonction, quelle qu’elle soit, vous pouvez l’enrichir, comme vous pouvez l’appauvrir. Pour ma part, je ne me suis jamais limité à mes attributions», confie-t-il.
    Toutefois, pour lui, le moment est venu de quitter Injaz. «Je suis un homme de challenge, dès que je réussis une mission, je passe à autre chose», lance l’entrepreneur social. Le 30 septembre, il passe le relais à un nouveau président pour relever, dès le 1er octobre, un nouveau défi. Celui du lancement d’une entreprise sociale de consulting, accompagnant les entreprises dans leurs stratégies RSE et les ONG souhaitant se développer. A 69 ans, il continue de planifier sa carrière et de préparer de nouveaux projets.

                                                                         

    ■ Marouane Tarafa, PDG de la Somed

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    C’est un parcours sans faute que Marouane Tarafa a réussi. Son baccalauréat du lycée Lyautey en poche, il a intégré les classes préparatoires, avant de rejoindre l’Ecole centrale de Nantes, et de conclure avec le MBA des Ponts et Chaussées délocalisé à l’EHTP.
    De l’ambition, le patron de la Somed (Société Maroc Emirats arabes unis de développement) en a toujours eu. Son objectif, gravir les échelons pour arriver au top. Sa stratégie, ne jamais s’arrêter d’apprendre, tout le temps et de tout le monde. «Une carrière est impossible à construire avec une simple ambition. Il s’agit surtout de choisir un parcours permettant d’enrichir le plus ses compétences», argue-t-il. Une conviction qu’il a acquise très jeune. De son père enseignant universitaire et de sa mère institutrice, il a appris à aimer les livres et à diversifier ses centres d’intérêt. «Le couronnent ne vient que plus tard dans la vie, entre l’âge de 40 ou 45 ans. Entre-temps, il faut continuer à se former. Si une opportunité vous permettant d’enrichir votre CV et vos connaissances se présente, il faut la saisir», estime Tarafa, également président de la commission R&D et relations avec l’université de la CGEM. Mais pas uniquement sur le plan technique. «Malheureusement, les parents mettent la pression sur leurs enfants pour intégrer de grandes écoles. Cependant, cela ne suffit pas. Si sur le plan comportemental ils sont mauvais, ils ne réussiront jamais en entreprise», déplore-t-il. Ouverture, esprit critique et d’analyse, conceptualisation, négociation, communication, résilience et capacité à ne jamais dévier de sa trajectoire... Ce sont là les ingrédients clés d’une carrière, selon lui, mais que ni les familles ni le système scolaire n’apprennent à nos jeunes.
    Avant de devenir PDG de la Somed en 2008, Marouane Tarafa a géré pratiquement tous les types de directions (marketing, RH, commerciale, finance, logistique, DGA…) dans plusieurs entreprises et secteurs d’activité (ONA, Auto Hall, Cosumar,…). Ce qui lui a permis de développer une grande polyvalence. «Pour convaincre, il faut faire le commercial de ses idées. Il est aussi important d’être exemplaire. Sinon, les gens ne vous suivront pas», conseille-t-il.
    A l’avenir, il se voit enseignant à l’université publique, dans laquelle il souhaite s’investir, sans contrepartie.

                                                                         

    ■ Mohammed Fikrat, PDG de Cosumar

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    «La meilleure stratégie est de ne pas en avoir!» lance Mohammed Fikrat. Mais en vérité, le patron de Cosumar en a bien une. Celle de se concentrer sur ses défis, faire ce qu’il a à faire, correctement et avec passion. «Votre stratégie devrait être celle de l’excellence, de l’engagement et du respect des valeurs. Il est aussi important de s’inspirer des personnes que le hasard met sur votre chemin, qu’elles soient bonnes ou mauvaises», pense-t-il. Pour lui, il n’y a pas mieux que de faire son travail correctement, et de «laisser la nature faire son travail». C’est-à-dire qu’au final, «ce n’est pas vous qui cherchez la chance, c’est elle qui vient vers vous». Une philosophie qui lui a plutôt bien réussi. Classé parmi les meilleurs de son lycée à Marrakech, il découvre par pur hasard l’existence des classes préparatoires. Avec un ami, il décide de relever le défi et s’inscrit aux classes prépas du lycée Lyautey, les seules qui existaient au Maroc à l’époque. Par la suite, rien ne l’arrêtera. Après sa sortie de l’Ecole centrale de Paris, il rejoint le groupe OCP en 1981, où il enchaînera les responsabilités. En 2004, il devient PDG de Cosumar. Pour lui, il n’y a pas de mystère, «les gens vous observent, vous font confiance et vous confient des responsabilités». Quand une opportunité s’offre à lui, il fonce, mais ne fait pas les choses à moitié. Aujourd’hui, il se positionne lui-même en mentor des plus brillants de ses équipes.

                                                                         

    ■ Mohamed Amine Zariat, président de Tibu

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    Son avenir, Mohamed Amine Zariat, l’a déjà rêvé. Il l’a même scrupuleusement planifié. Muni d’un crayon et d’une feuille, il ne cesse de noter toutes les idées qui lui passent par la tête. Sa vie, il l’a partagée en «sections»: Etudes, famille, associatif, développement à l’international, projets, religion,… «J’essaie d’être le plus équilibré possible, afin d’être tout le temps épanoui et toujours donner le meilleur de moi-même», explique-t-il. Du haut de ses 26 ans, Amine est Fondateur de l’ONG Tibu de basketball, spécialisée dans le développement personnel des jeunes à travers le sport, et qui sillonne tout le Maroc depuis 2010. Il est aussi créateur de la première Académie du basketball au Maroc, de la première école de HandiBasket et de la première académie du leadership, fondateur de centres de proximité dans les quartiers chauds de Casablanca… Son nom figure désormais parmi les entrepreneurs sociaux les plus prometteurs. En 2014, il a été sélectionné parmi les 20 espoirs du Maroc par l’association TIZI. «Avant d’entamer un projet, je l’imagine, je le visualise dans les moindres détails avant de passer à l’action», livre l’ex-joueur international de basketball.
    Le déclic, il l’a eu durant ses études à l’université de Caen, où il a obtenu une licence en management des entreprises. Durant un cours de développement personnel, de son professeur Leïla Naïm, élue meilleure coach du Maroc en 2010 par une ONG américaine, il apprend les bases de la stratégie de carrière. Il se les approprie au point de les suivre à la lettre.
    Tous ses objectifs de carrière, il les a dessinés sur un mur chez lui. Ils sont même assortis de dates. Amine Zariat ambitionne, par exemple, de devenir ministre de la Jeunesse et des Sports en 2021 et président de la NBA monde en 2030. Pour y arriver, il multiplie les formations et les certifications internationales et assiste à de nombreuses conférences. «Il ne suffit pas d’avoir une stratégie. Il faut aussi des compétences qui vont avec», estime-t-il. Actuellement, il prépare une certification de l’Académie internationale des sciences et techniques du sport (AISTS) de Lausanne. Il se prépare également à une certification à Harvard et participe à la majorité des programmes de la NBA à l’international, afin de maîtriser ses process. Le jeune entrepreneur social a aussi démarré une formation de coach de 2 ans au Lead Institute Coach. Il prend, en outre, des cours d’anglais et d’arabe.
    Sa devise, «les 3 C»: citoyenneté, compétence et courage. «Quand j’ai démarré, j’avais 20 DH en poche. C’est la passion qui m’a poussé à me dépasser. J’ai dû ensuite travailler sans relâche», confie-t-il.

     

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