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Economie

Sucre: Le choc de l'envolée des cours

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:4850 Le 05/09/2016 | Partager
La subvention pourrait renouer avec les niveaux de 2011
Ecart entre la production et la consommation au niveau mondial
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Le cours du sucre brut a dépassé la barre des 500 dollars la tonne. Il est proche de ses plus hauts niveaux depuis 4 ans

L'alerte est lancée ces jours-ci par l'organisation internationale du sucre: «l'économie sucrière mondiale est confrontée pour la deuxième année à un écart encore plus grand entre la production et la consommation».  Cela se traduit par une remontée du cours du sucre à l'international qui pourrait impacter les finances publiques. Sur ce marché qui attire traditionnellement les spéculateurs,  le sucre a vu son cours s'envoler de plus de 90 % à New York et de plus de 55 % à Londres depuis un an.  
Or, le sucre figure toujours sur la liste des produits subventionnés par l'Etat. Sa libéralisation a été abandonnée par le gouvernement car ce  produit de «base» est jugé «sensible». A la veille des élections, une telle réforme aurait été cataloguée parmi les «plus impopulaires» du gouvernement.    
A fin juin,  la charge de compensation relative au sucre a atteint 1,71 milliard de dirhams. Un chiffre certes en légère baisse par rapport à la même période que l'année dernière mais, au premier semestre, le sucre brut importé avait subi l'impact de la baisse des prix à l'échelle internationale (avant retournement de conjoncture). Cela a permis à la Caisse de compensation d'encaisser les équivalents tarifaires dont le montant a atteint 96 millions de dirhams à fin juin.  Sur les cinq dernières années, la charge de compensation de sucre est passée de 5 milliards de dirhams en 2011 et 2012 à 3,2 milliards en 2014. Ce repli s’explique par la diminution de la subvention à l’importation qui revient à la baisse du cours du sucre brut sur le marché international. La subvention à l’importation est passée de 2,4 milliards de dirhams en 2011 à une restitution de l’ordre de 200 millions de

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Le sucre granulé représente 56% de la consommation aussi bien en 2016 qu’en 2015. La  consommation du pain de sucre reste également stable, soit à 30%.

dirhams en 2014 et ce, suite au repli du cours du sucre brut de 660 dollars la tonne à 355 dollars la tonne. En fait, la subvention à l’importation représente la part variable de la charge de compensation du sucre puisqu'elle  dépend principalement des aléas du marché international. Et le Maroc reste dépendant des importations pour combler la demande nationale!
 Avec le retournement de conjoncture, la facture pourrait augmenter. En tout cas, l'OIS a prévenu que la production au niveau mondial ne couvrirait pas les besoins croissants en sucre surtout que la consommation mondiale augmente de plus de 2 %, et dépasse les 175 millions de tonnes. Le déficit anticipé pourrait être le plus important des 16 dernières années. Les réserves de sucre de la planète, jugées aujourd'hui encore importantes, seraient nettement entamées. Ainsi, le ratio stock sur consommation (qui renseigne sur l'importance des stocks restants par rapport à la consommation de l'année) devrait ressortir à 43 %, un niveau jamais atteint en six ans. Pour l'Organisation internationale du sucre, il s'agit là d'un «niveau critique».
Au Maroc, près de la  moitié des besoins de consommation sont pour l'instant sécurisés. La production du sucre devrait s’établir à plus de 530.000 tonnes pendant cette année marquée par une pluviométrie modeste. Les besoins annuels du marché national en sucre atteignent près de 1,2 million de tonnes avec une croissance estimée à 1,8% par an.
Les résultats de la campagne actuelle sont tirés par la zone des Doukkala qui enregistre pour la 3e année consécutive une croissance à deux chiffres de la production betteravière, des rendements ainsi que du chiffre d’affaires (cf. L'Economiste n° 4835 du 15 août 2016). La région concentre 40% de la production nationale sucrière: 230.000 tonnes en 2015-2016 pour un chiffre d'affaires à l'hectare de 42.000 dirhams contre 35.000 la campagne précédente. Ces performances sont notamment attribuées aux avancées techniques réalisées. La semence monogerme a été ainsi généralisée à l’ensemble de la superficie. Il en est de même des semis qui sont mécanisés à 100% et pratiqués à hauteur des trois quarts de manière précoce.

 

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