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    Analyse

    Liste nationale
    Jamais sans mon quota!

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4833 Le 11/08/2016 | Partager
    Les femmes députées ont fait pression pour l’augmentation des sièges
    Les quotas maintenus, mais les femmes peuvent se présenter sur la liste des jeunes
    Les vieux routiers encore là
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    Les femmes députées qui ont plaidé en faveur de l’élargissement de la liste nationale, pour atteindre une représentativité féminine dépassant un tiers des sièges, se sont basées sur l’article 19 de la Constitution relatif à la parité (Ph. Bziouat)

    Le maintien de la liste nationale pour les élections du 7 octobre prochain avait suscité la polémique lors de la révision de la loi organique sur la Chambre des représentants. Plusieurs femmes députées ont fait pression pour ouvrir la voie à une reconduction de leur candidature. En clair, en plus des 60 femmes élues lors du mandat précédent, 60 nouvelles devraient s’ajouter. Elles se sont basées sur une interprétation extensive de l’article 19 de la Constitution et d’autres dispositions de la loi organique sur la Chambre des représentants, évoquant la nécessité de porter la représentativité des femmes au sein du Parlement au tiers, en vue d’assurer la parité. Une revendication qui a dû faire face à une fin de non recevoir de la part de l’Intérieur, mais aussi de plusieurs patrons de partis. Aujourd’hui, la réglementation pour le prochain scrutin a maintenu les mêmes quotas. La liste nationale sera composée de 90 sièges, dont 60 au profit des femmes. La nouveauté, la partie réservée aux jeunes de moins de 40 ans sera également ouverte aux jeunes femmes, permettant ainsi de renforcer la représentativité féminine au sein de l’hémicycle. Ainsi, 30 sièges seront partagés entre les candidats des deux sexes. Plusieurs députées, ainsi que des ONG ont plaidé en faveur du maintien des quotas favorisant l’accès des femmes au Parlement. Pour les responsables d’ONU-femmes, c’est une approche encore nécessaire, du moins jusqu’à la consolidation de la représentativité féminine, et son ancrage dans les habitudes politiques. Un avis partagé par de nombreuses députées. Pour Milouda Hazib, chef du groupe parlementaire du PAM, «il s’agit d’une pratique qui correspond au contexte marocain patriarcal, dans lequel les femmes peinent à se frayer un chemin dans les instances décisionnelles». D’autres députées insistent sur l’importance de «renforcer les outils de discrimination positive au profit des femmes, afin de capitaliser les acquis de cette expérience, qui a permis de mettre à contribution plusieurs compétences féminines». Plusieurs exemples confortent cette position. Par exemple, Milouda Hazib a fait preuve de beaucoup de dynamisme dans les rangs de l’opposition. D’autres, comme Kenza El Ghali, ont apporté leur touche à la diplomatie parlementaire. Cette élue istiqlalienne s’est impliquée dans le renforcement des liens avec les Parlements des Etats de l’Amérique latine.
    Cependant, plusieurs intervenants, y compris au sein des partis politiques, rejettent la logique des quotas. Pour eux, «le renforcement de la représentation féminine dans le Parlement doit passer par des initiatives internes des formations politiques». En clair, les partis doivent avoir le courage de miser sur des profils féminins dans les circonscriptions locales. A ce jour, peu de formations s’aventurent à présenter des candidatures féminines en tête de liste. Elles préfèrent miser sur les valeurs sûres, généralement des vieux routiers.
    Aujourd’hui, plusieurs observateurs déplorent que ce «sont surtout les profils qui étaient peu visibles durant cette législature qui avaient plaidé en faveur de leur reconduction dans la liste nationale pour briguer un 2e mandat». «Contrairement aux jeunes députés qui ont marqué ce mandat par leur dynamisme, les autres n’ont pas pu renforcer leur expérience ni augmenter leur cote sur la scène politique pour pouvoir voler de leurs propres ailes», a estimé le politologue Mohamed Amrani Boukhobza. A l’instar des femmes qui ont fait du lobbying auprès des patrons des partis, ces députés «veulent entretenir ce qui peut être considéré comme une rente politique», estime un membre d’un parti de l’opposition. Or, le système des quotas constitue «une opération exceptionnelle, temporaire, qui ne peut être considérée comme une règle», a rappelé Boukhobza.

    Bataille locale

    La mise en place de la liste nationale répond à un besoin de renouvellement des élites au sein du Parlement. L’idée est de permettre aux jeunes et aux femmes un premier accès au Parlement. Après un seul mandat au titre de la circonscription nationale, la bataille locale est indispensable pour revenir à la Chambre des représentants lors de la prochaine législature. C’est une épreuve incontournable pour garantir la légitimité de l’élection. «Une logique qui doit prévaloir», selon Hassan Tarik, élu USFP. «Après une première expérience, les jeunes députés ont tous les moyens pour défendre leurs chances au niveau local», a-t-il estimé, précisant qu’il ne se présenterait pas lors du prochain scrutin.

     

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