L'Edito

Résistances

Par L'Economiste| Edition N°:2411 Le 29/11/2006 | Partager

Les femmes politiques ont été jusque-là bien patientes, et surtout bien sages. Mais la trêve a assez duré. Après avoir vainement attendu de voir si ces messieurs allaient finir par remettre la question des quotas sur le tapis, elles ont finalement décidé de prendre les choses en main. Pas question de rendre les armes ni de subir le statut de victimes collatérales de la croisade antibalkanisation. A l’évidence, les partis s’accommodent bien de la quasi-invisibilité des femmes au niveau politique. Toutes les formations surfent sur le fonds de commerce qu’est devenu la représentativité des femmes mais bien peu joignent la parole à l’acte. La résistance contre les femmes s’exprime à travers le débat sur le seuil d’éligibilité. Un débat qui aura permis de mettre en relief quelques contradictions au sein du champ politique. Pas un qui ne se soit soucié de toutes ces candidates qui risquent de rester sur le carreau. En 2002 déjà, le passage de femmes au Parlement aura été laborieux avec 7% de seuil d’éligibilité. L’on conviendra que si ce chiffre passe à 6%, cela ne donnera pas la même démographie. Lorsque le parcours des candidates est semé d’embûches, il ne reste plus que cette discrimination positive, en dépit de son caractère inique sur le fond, comme seul moyen d’instaurer un minimum d’équilibre. Pour 2007, il y aura donc une forte attente sur cette question-là. Chez les femmes aussi, la poussée d’en bas existe mais il lui manque l’instance politique qui lui donnerait confiance en soi. Si elles sont minoritaires, et pas seulement à l’échelle politique, les femmes n’ont en revanche plus rien à prouver sur le plan des compétences ou du leadership. S’il y a des résistances, il faut donc les chercher ailleurs.Mohamed Benabid

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