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    Par L'Economiste| Edition N°:2362 Le 15/09/2006 | Partager

    DE hauts fonctionnaires de la police, de la gendarmerie et des agents d’autorité sont actuellement cités devant le procureur pour des liens possibles avec des réseaux de trafics de drogue. L’affaire est publiquement traitée, ce n’est pas par hasard. Outre leurs aspects judiciaires, les enquêtes engagées à l’endroit de responsables sécuritaires constituent des messages qui méritent d’être analysés. D’abord, le premier message indique que le Maroc souhaite s’inscrire dans un Etat de droit. C’est-à-dire que les règles sont les mêmes pour tous, et s’appliquent de manière égale à tous. Ceci est indépendant de la situation occupée ou du rôle joué dans la société et dans l’appareil de l’Etat. En effet, la construction d’un Etat démocratique suppose d’abord un Etat de droit. Sinon la démocratie devient synonyme de désordre où règne le plus fort. Dans le contexte de la société marocaine très imprégnée de féodalisme, il est politiquement courageux de vouloir installer un Etat de droit, et ce en donnant l’exemple par le haut.Le deuxième message, aussi important que le premier, dit ici que l’Etat signifie clairement que les hommes qui le servent sont à son service et qu’il n’est pas question pour lui de devenir leur instrument personnel. L’ordinaire des systèmes autoritaires est de s’appuyer sur des hommes et des femmes à travers qui ils exercent leurs autorités sur la société. Mais, peu à peu, ces serviteurs finissent par incarner eux-mêmes le pouvoir, au point que le pouvoir devient leur otage. Par exemple, dans l’affaire dite de «l’assainissement» en 1996, le Maroc a vécu la plus forte expression de cette perversion du système politique. Le nouveau règne souhaite construire un Etat moderne et démocratique, dans lequel nul ne pourra capter à son profit la puissance de l’Etat.Abdelmounaïm DILAMI

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