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L'Edito

L'éditorial

Par L'Economiste| Edition N°:27 Le 30/04/1992 | Partager

LE Parlement européen vient de repousser une nouvelle fois le protocole-Maroc au moment où doivent se tenir les derniers travaux pour le renouvellement de l'accord de pêche.
Mais au Maroc même, la situation de la pêche hautu-rière est préoccupante: les chiffres sont là, incontour-nables. Mais, chat échaudé craignant l'eau froide, c'est la stratégie attentiste qui prévaut.
Il est vrai que l'eau était vraiment très chaude.
Dans le pur style des années 70, la pêche est lancée sous l'étiquette de "politique prioritaire": développement accéléré avec une petite dose d'investissements publics et une grosse de soutien public à des investissements privés. C'était encore, il est vrai, l'époque où l'on pouvait dire sans risquer de faire rire, que tout est politique. Il suffisait de décider, croyait-on.

Il est arrivé ce qui devait arriver: de merveilleux outils bâtis trop souvent sur du vent, des éléphants blancs.
On peut comprendre l'irritation des pouvoirs publics devant les monstres économiques issus d'une politique sans discernement. Mais on ne peut suivre les pouvoirs publics lorsqu'ils sont tentés par les généralisations et qu'ils en tirent argument pour renoncer à toute intervention, y compris pour protéger les ressources du pillage des pirates.
Toutes les entreprises de pêche ne sont pas des éléphants blancs. Celles qui ne le sont pas, ont déjà payé cher l'existence des monstres, ne serait-ce qu'en raison de l'inégalité de traitement, de l'abaissement des ressources halieutiques, ...
Il serait dramatique que sous prétexte que d'autres ont usé et abusé de la garantie de l'Etat, c'est-à-dire du contribuable, il ne soit pas apporté l'attention nécessaire à un secteur qui conserve de bonnes possibilités de croissance raisonnable et saine.

L'Economiste

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