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L'Edito

Dépolitiser?

Par L'Economiste| Edition N°:4106 Le 05/09/2013 | Partager

La Charte de l’Enseignement, seul document stratégique fixant  la politique scolaire, fixait un objectif : 20% des élèves devaient être formés par des écoles privées. L’engagement stratégique était si fort que feu Abdelaziz Meziane (conseiller de deux Rois) avait même lancé l’idée de vouchers ou de bons éducatifs pour rétablir l’équilibre entre le privé et le public. En effet, les parents qui font le choix du privé payent deux fois pour l’éducation, une fois à la caisse de l’école, et une deuxième fois, avec leurs impôts. Ce désir d’établir une concurrence claire et loyale donne le niveau de réflexion atteint au tournant de l’an 2000: une concurrence de ce type engendre forcément une saine émulation, d’où découleront les progrès de nos écoles.
Treize ans plus tard, on arrive péniblement à la moitié de l’objectif, avec des privés qui se plaignent d’être durement discriminés.
Pourtant ce chiffre ne dit pas tout. Alors que les «marchands de soupe scolaire» n’ont pas disparu, les bonnes écoles privées sont de plus en plus pourchassées par les services des ministères, ceux de l’Education nationale. Il y a aussi des nouveaux venus dans le cantonnement du bon privé: les services du ministère de l’Emploi, tuteur de la formation pro-fessionnelle.
Les uns et les autres accumulent obligations sur obligations pour rendre la prestation scolaire prohibitive. Alors qu’on voulait établir une loyale émulation, les deux administrations fixent des  pré-requis si élevés qu’ils freinent l’investissement honnête et rigoureux. A ces pré-requis s’ajoutent les foucades du moment et les décisions prises par des électrons libres. Ne citons que, par exemple, la gestion fantaisiste des visas scolaires pour les candidats de l’Afrique sub-saharienne.
Cet exemple donne la mesure du bond en arrière que le Maroc a fait. Faut-il, comme cela se dit de plus en plus suite au discours royal, ôter aux politiciens la haute main sur l’enseignement?

Nadia SALAH

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