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    Economie

    Zones arides: Et si on valorisait le cactus!

    Par L'Economiste | Edition N°:2654 Le 19/11/2007 | Partager

    . Une culture alternative par excellence . Forte rentabilité et économie d’eau . A quand l’introduction de variétés fourragères à haut rendement? Le discours autour des cultures alternatives est-il tout simplement anesthésiant dès lors que la sècheresse s’installe? Sinon comment expliquer l’absence d’une stratégie d’aridoculture? A commencer par des plantes qui font partie du paysage rural et réputées peu exigeantes en eau et plus rentables que les céréales. Pourvu que la recherche-développement s’en mêle. C’est particulièrement le cas du cactus. Non répertoriée, longtemps marginalisée, la culture du cactus est pourtant à la base d’une économie en plein essor dans de nombreux pays comme l’Italie, l’Espagne, le Mexique, le Brésil ou encore la Turquie. En cause, le développement du marché des fruits exotiques en Europe et aux Etats-Unis. Et le Maroc n’est pas resté en marge du regain d’intérêt de plus en plus témoigné à cette plante aux multiples utilisations. Néanmoins, l’engouement est de date récente et demeure cantonné, dans de nombreuses régions du pays, aux utilisations traditionnelles. Brise-vent, haies limitant les parcelles, consommation humaine et animale résument l’essentiel du peu d’intérêt. Tant du côté agronomique que de la part d’un consommateur découragé par l’aspect agressif du fruit. Pourtant, la culture recèle un potentiel considérable de valorisation des terres marginales, arides et semi-arides. D’abord, du fait de son pouvoir d’adaptation aussi bien aux conditions climatiques favorables que rigoureuses. Ensuite, en raison de ses multiples utilisations pour la production des fruits, du fourrage ainsi que pour des usages industriels. Au point qu’elle fait désormais l’objet de culture intensive dans de nombreux pays. Avec à la clé des programmes de recherche-développement en tant que culture fourragère ou maraîchère. Mais la production du fruit reste bien sûr l’aspect le plus recherché et le plus développé. Une enquête réalisée par l’Inra (Institut national de recherche agronomique) dans la région d’Aït Baâmrane, province de Tiznit, a montré que la culture du figuier de Barbarie se trouve parfaitement intégrée dans le système d’exploitation traditionnel. Elle y constitue même le pilier de l’économie familiale. Et dans plusieurs douars, la céréaliculture a été délaissée au profit de ce cactus. Et pour cause! Les multiples avantages qu’il offre. Tout d’abord, la plante est parfaitement adaptée aux conditions d’aridité de la région, surtout pour ce qui est de l’eau. Avec une pluviométrie annuelle ne dépassant guère 100 mm, la plante végète et fructifie normalement. Phénomène au demeurant coutumier dans les autres régions. Car le figuier de Barbarie est présent au Maroc de Tanger à Sidi Ifni, sauf dans les zones sahariennes. La culture nécessite ensuite moins d’investissement que la céréaliculture et assure un rendement de loin supérieur aux cultures céréalières, de surcroît, plus exigeantes en eau. Le rendement est estimé à 10.000 quintaux/ha contre 2 à 5 quintaux/ha pour le blé ou l’orge. Outre l’emploi qu’elle procure à une main-d’œuvre abondante au titre de la récolte. Raquettes et fruits hors normes sont utilisés comme complément de fourrage pour les animaux. Plus encore, les fleurs de la plante constituent une source de nutrition très appréciée par les abeilles domestiques. D’où l’association possible de l’apiculture à la plante. Mais curieusement, la recherche agronomique, bien qu’elle s’est largement investie dans le domaine, n’a pas dégagé des pistes d’exploitation moderne. Du moins, en ce qui concerne l’introduction et le développement des variétés à vocation fourragère. La production de fourrage constitue, en effet, la deuxième grande utilisation du cactus indien. Plusieurs espèces et variétés ont été sélectionnées à cette fin en Amérique latine. Des études réalisées au Mexique ont montré que la productivité de l’espèce «Opuntia» en matière sèche varie de 12 à 16 tonnes/ha en fonction des régions. En irrigué, cette productivité peut atteindre 30 tonnes/ha. Cela représente un rendement au mètre carré de 1,37 kg/an ce qui fait du figuier de Barbarie l’espèce la plus productive des zones arides (la moyenne pour d’autres espèces est de 0,71 kg/m2/an). D’une façon générale, les tissus des Opuntia ont une faible teneur en protéines et en phosphore. Ils sont moyennement riches en énergie, mais regorgent d’eau et s’avèrent très riches en vitamine A. C’est pourquoi ces tissus sont recommandés comme complément de fourrage, surtout en été. Une raquette fraîche contient 90% d’humidité, le reste c’est la matière sèche. C’est donc une valeur inestimable durant les périodes sèches où l’abreuvement devient rare. Et des expériences menées par l’Inra ont montré que des ovins gardés en enclos peuvent survivre pendant 500 jours sans eau s’ils consomment une ration de raquettes. Tout plaide donc pour ériger cette plante miracle en culture alternative par excellence. Surtout pour mieux valoriser les terres arides et baisser la pression sur la ressource hydrique qui s’y raréfie dramatiquement.A. G.

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