×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Youssoufi propose une réingénierie du social

Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

Déclaration très (trop?) consensuelle, mais aussi Déclaration qui permet de gagner du temps pour mettre en oeuvre une sorte de réingeniérie politique, que Youssoufi appelle "pacte pour le changement".


Le terme n'est pas dans le discours, mais il inspire autant l'action vis-à-vis de l'Adminis-tration que vis-à-vis de la politique sociale: réingénierie, c'est-à-dire reconstruction autrement.
Dans la Déclaration du Premier ministre, le terme de social prend une signification plus resserrée que par le passé. Il est moins qu'avant une sorte de fourre-tout dans lequel se logeaient et se logent toujours des privilèges ou bien dans lequel des lobbies vont chercher la justification de leur rente de situation. Le gouvernement veut refondre les mécanismes d'aides sociales. Ses prédécesseurs en ont tous parlé sans pouvoir le faire.

Pour reconstruire le système de solidarité sociale, le gouvernement de M. Youssoufi souhaite promou-voir une concertation qui passera par les nouveaux acteurs de la vie civile, en particulier les organisations non-gouvernementales (ONG) qui s'impliquent déjà dans la lutte contre la pauvreté et l'exclusion. Autant pour gagner du temps face à ses promesses électorales que pour réellement reconstruire le système, le gouvernement veut recenser les "populations qui devront bénéficier en priorité des services sociaux gratuits de l'Etat". M. Youssoufi cite la santé, la nutrition et l'assistance sociale. De manière assez surprenante, il ajoute parmi les services sociaux gratuits le logement. Il s'agit en fait de "rationaliser l'aide au logement".
Néanmoins, le Premier ministre n'a donné ni calendrier, ni objectif à court ou moyen terme pour réduire la pauvreté. Contrairement aux discours socialistes d'autrefois, M. Youssoufi ne désigne pas le niveau du SMIG comme facteur de pauvreté. Il ne fait à ce sujet aucune promesse et ne cite pas non plus les syndicats comme partenaires du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté.
Réingéniérie aussi du côté de l'Administration et du secteur public. Le gouvernement se propose de réactiver un très ancien projet de structure, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique.

Innovation


Jusqu'à maintenant, le travail de modernisation de l'Adminis-tration n'a pris que deux formes. La première avait été laissée à l'initiative de quelques ministères sans pouvoir s'étendre à l'ensemble de la fonction publique. La deuxième a toujours dérivé vers un "dialogue social" qui se termine sans autre résultat que des augmentations de salaire fort maigres pour les bénéficiaires, fort coûteuses pour l'Etat et le contribuable. Avec le Conseil Supérieur, le gouvernement espère éviter le piège consistant à ne raisonner que sur l'existant pour le reconduire en plus cher et tout aussi inefficace. Innovation: le gouverne-ment met trois préalables d'éthique, de rigueur et d'écoute. Il n'hésite pas à parler de la lutte contre la corruption, de l'abus de pouvoir, de l'impunité... Mais il ne va pas jusqu'au bout de l'idée de développer "l'écoute et le service des citoyens et de l'entreprise" en instituant, par exemple, le mécanisme du médiateur, du recours direct ou de la cellule anticorruption tels qu'ils existent dans de nombreux pays. En revanche, le gouvernement propose de revoir le régime des rémuné-rations et annonce le gel des hauts salaires de la fonction publique, mais sans pour autant prononcer le mot de transparence sur ces sujets quasi-tabous. C'est au sein du Conseil Supérieur qu'il place ce travail, une manière d'échapper aux multiples groupes de pression, dont les plus visibles mais pas les plus actifs, ni les plus efficaces sont les syndicats.

Côté finances publiques, pas vraiment de surprise, puisque le ton avait déjà été donné à maintes reprises: respect des grands équilibres. La nouveauté vient de l'annonce que le prochain Budget sera aussi un budget de transition. C'est une manière diplomatique de dire qu'il n'est pas question de lâcher la bride aux dépenses sociales. C'est aussi une manière de rester cohérent avec la proposition de refondre les mécanismes d'aide.
Enfin, fort remarqué, le long développement accordé à la Justice: M. Youssoufi s'inscrit dans la ligne déjà mise en place sous le précédent gouvernement par son actuel ministre, le Pr Azziman.


Les points à retenir


. Social: Réforme "en profondeur» des mécanismes de transferts; identification des populations cibles pour les services sociaux gratuits; mécanisme transparent pour la Zakat; partenariat avec les ONG; attention spéciale pour les enfants et les femmes.
. Justice: Modernisation et moralisation du système judiciaire; renforcement de l'inspection judiciaire; formation des juges; facilitation du recours; création d'un système de juges d'exécution au civil et au pénal.
.Chômage: Un "pacte pour l'emploi»; développer la croissance pour réduire le chômage; une structure d'intermédiation; des travaux d'utilité publique.
. Mise à niveau du tissu économique: "Une des priorités du gouvernement"; maintien des engagements internationaux (NDLR: OMC et Union Européen-ne essentiellement); modernisation des entreprises industrielles; mécanisme de concertation entre partenaires sociaux au sein de l'entreprise; planification; poursuite des programmes de normalisation-certification-qualité, de formation professionnelle et d'instrument d'appui.

.Privatisations: "Aboutissement" du programme; réemploi des ressources dans l'investissement et la modernisation des structures.
. Investissement: Transparence et visibilité économiques pour élever l'investissement; recherche de l'investissement étranger; création d'une structure "unique" de promotion de l'investissement; clarification de la Charte.
. Finances publiques: Maintien de l'objectif d'abaisser la pression fiscale et d'accroître l'assiette; respect des équilibres; lutte contre le gaspillage dans les dépenses de fonctionnement; lutte contre la corruption et les privilèges; renforcement du contrôle parlemen-taire sur les dépenses publiques.
. Politiques sectorielles: Poursuites des programmes engagés en agriculture (priorité à l'amélio-ration de la structure foncière et réexamen de la situation des terres collectives), infrastructures (auto-route et eau), habitat, tourisme, transports (avec libéralisation et mise à niveau) et dans la pêche (contrôle des accès, restructuration de la flotte, condition des pêcheurs).

Nadia SALAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc