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Vision 2012: Vraiment trop lent!

Par L'Economiste | Edition N°:2660 Le 27/11/2007 | Partager

. Les chantiers d’extension de l’offre d’hébergement carburent. Excepté la Marina, les autres chantiers sont à la traîneLe constat est sans appel. «Nous avons pris un retard inquiétant sur la Vision 2012», confie un responsable au ministère du Tourisme. Selon la même source, «cédant à l’effet d’annonce, nous avons multiplié des projets tous plus séduisants les uns que les autres, sans prendre réellement conscience du temps nécessaire pour les concrétiser». En clair, la Vision 2012 aurait du retard sur les délais. 20 mois après le coup d’envoi des premiers chantiers, la mécanique se serait-elle grippée? Quel est réellement le taux d’avancement de la vingtaine de mégatprojets que l’on veut structurants pour Casablanca? Comme c’est le cas pour d’autres villes du Royaume, c’est le PDRT (Plan de développement régional touristique) qui fait office de feuille de route. Ce plan, dévoilé en mars 2005, reprend le plan d’action et les montages financiers de 20 projets d’envergure. Quatre grands axes de développement. Selon ces orientations, la ville verra son «âme culturelle réhabilitée». Elle deviendra une escale à «l’animation permanente» disposant d’une «offre d’hébergement touristique de qualité». Une agglomération abritant «un Palais des congrès emblématique de sa supériorité économique». Où en sommes-nous?Une tournée des chantiers fait ressortir que les projets qui avancent le mieux sont ceux qui ont trait à l’axe stratégique pour l’amélioration de l’offre pour l’hébergement touristique. Traduisez: l’hôtellerie. Dans ce secteur, la construction d’établissements ne rencontre visiblement pas de problèmes. Preuve en est, l’inauguration à quelques semaines d’intervalle par Accor Hospitality Maroc, du Novotel et de l’Ibis Casa City Center ( www.leconomiste.com). La construction de ces deux hôtels intervient dans le cadre du sous-projet «Casa City Center» qui concrétise «un programme de développement intégré de l’offre hôtelière, immobilière, commerciale et de loisir» dans le centre-ville. Accor en a la charge intégrale et devrait investir 690 millions de DH à l’horizon 2012, selon les termes du PDRT. Le groupe devrait, par ailleurs, inaugurer dès 2009 un hôtel Sofitel. Un rythme qui enthousiasme le ministère du Tourisme. Ce dernier juge «l’état d’avancement supérieur à la cadence prévue» et prévoit d’atteindre, dès 2009, 85% de l’objectif de capacité d’accueil fixé par le PDRT. Toutefois, des sources au ministère du Tourisme, questionnent la rapidité de ce rythme. «L’Ibis et le Novotel nouvellement construits ont affiché complet 2 jours après leur inauguration, cela prouve que la demande est déjà là et en masse». L’option d’une hôtellerie de haut standing que semble privilégier le PDRT est elle, discutable. En effet, selon la même source, «le Maroc doit réguler son offre afin de garantir aussi la construction de trois étoiles. Ce type d’établissement étant prisé par le tourisme intérieur, arabe et/ou africain». Les avancées sur le second axe stratégique pour le développement de «l’animation» restent, pour leur part, moins marquées. Entre autres chantiers de cet axe, la revalorisation du parc de la Ligue Arabe. Les 10 hectares que les casablancais souhaiteraient tant voir réhabilités, ont vu se succéder les projets de développement, sans qu’aucun ne se concrétise. Revu et corrigé par le PDRT, le parc intégrera un jardin botanique et disposera d’un parking souterrain. Coût des travaux: 52 millions de DH. Pour l’heure, le projet en est toujours à sa phase d’étude. Et la date de début des travaux n’a pas encore été fixée. Plus à l’ouest, c’est le parc de Sindibad qui intéresse. Tombant en ruine, l’espace de loisir emblématique de Casablanca, devrait faire l’objet, selon le PDRT, d’une concession à un privé, choisi par voie d’appel d’offres. Des sources proches du dossier confirment que des offres ont déjà été déposées par des opérateurs privés. Seul hic, ces derniers prévoient dans leur plan une assiette foncière plus large que l’existant, intégrant jusqu’au karting avoisinant. Par ailleurs, l’élargissement «éventuel» du terrain réservé au parc, pourrait être écarté à cause de la proximité du site archéologique et du bidonville de Sidi Abderrahmane. Ce pourrait bien être aussi des problèmes de foncier qui retarderont la construction du parc de loisir de Sidi Moumen. En effet, le terrain prévu pour ce parc a également été programmé pour accueillir le grand stade de Casablanca.Autre chantier: la réhabilitation de la gare de Casa Port. Après avoir obtenu gain de cause dans l’affaire Centre 2000, l’Office semble s’éterniser dans une phase d’étude. Il est prévu de construire sur l’emplacement du site de l’ex-Centre 2000, une tour abritant «bureaux et commerces de haut standing».Dans le voisinage de la gare, c’est également de «mise à niveau et d’ouverture du port» qu’il est question. Bien qu’ayant accueilli à travers son port 140.000 touristes (dépensant en moyenne 100 dollars US individuellement) en 2006, Casablanca ne dispose pas d’un quai dédié aux croisières. Le PDRT ambitionne de remédier à cela par «l’amélioration paysagère de l’environnement immédiat du port à l’usage des touristes». Toutefois, sur ce chantier, il est reproché à l’Agence nationale des ports (ANP) son manque d’enthousiasme. Celle-ci favoriserait «une exploitation industrielle plus rémunératrice du port de Casablanca». Les progrès sur le troisième axe de développement, la construction d’un Palais des congrès emblématique, paraissent tout aussi hésitants. Quatre emplacements ont été étudiés. El Hank, le Parc des expositions de l’Office des changes (OCEC), l’actuel emplacement de l’aéroport d’Anfa et la future Marina. C’est ce dernier emplacement qui a été retenu. Une maquette a même été déposée à l’Agence urbaine, selon le CRT. La même source indique par ailleurs que les ambitions du PDRT ont été largement revues à la baisse. «Le Palais des congrès ne sera pas aussi emblématique qu’on l’aurait espéré, car il devrait avoir tout au plus une capacité de 2.000 places».  Enfin, la réhabilitation de «l’ âme culturelle» de Casablanca est au point mort. Son plus grand chantier prévoit d’aménager un site archéologique à Sidi Abderrahmane. L’emplacement abrite pour l’heure un bidonville. Et c’est l’obstacle le plus difficile à franchir pour l’instant. Quatre millions de DH sont alloués annuellement à la promotion de Casablanca. Ces fonds permettent entre autres à la ville d’être représentée dans les salons internationaux, de financer le matériel publi-promotionnel et les educ-tours à l’intention des voyagistes. C’est dire que, si la Vision 2012 périclite, c’est tout le Maroc qui promeut du vent.


Calcutta ou Barcelone

Driss Benhima, alors wali de Casablanca, évoquait les deux villes de Calcutta et Barcelone, que tout les sépare sur un plan urbanistique, pour illustrer les voies de développement qui s’offrent à la capitale économique. Sa recommandation, entre autres, inspirera en 2005 le PDRT (Plan de développement régional touristique) de Casablanca, l’instrument de la vision 2012. «Un plan volontariste qui rompt avec l’approximation des programmes précédents», en détaillant délais et moyens. Pas moins de 20 mégaprojets sont annoncés. Coût de l’investissement; 8 milliards de DH, dont 6,4 seront pris en charge par le privé. Le reste étant couvert par l’Etat. De la réhabilitation du centre-ville à la mise en œuvre de programmes de reforestation en passant par la construction d’un aquarium, la multitude de chantiers a pour finalité, à l’horizon 2012, d’exploiter pleinement le potentiel touristique de la capitale économique. Dans le détail, il s’agira de tripler le nombre de nuitées de la métropole (3 millions) et de doubler sa capacité d’hébergement (20.000 lits) avec, à la clé, 30.000 emplois et 3,2 milliards de recettes.R. H.

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