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    Un professeur de français pas comme les autres

    Par L'Economiste | Edition N°:2644 Le 02/11/2007 | Partager

    . «Si vous êtes enseignant, c’est que vous avez aimé l’école!»«ON ne devient pas enseignant son diplôme en poche, mais par expérience». Hicham Haddi, professeur de français à la coopérative Ennamae d’alphabétisation, d’éducation et de formation de Meknès, est un homme passionné. Il prend son métier très au sérieux: «Si vous êtes enseignant, c’est que vous avez aimé l’école». Il est un peu plus de 19 h 30 et la petite salle de la coopérative est pleine à craquer. La voix forte, Hicham commence le cours: «Le temps mange la vie!». Les élèves, l’air attentifs, retiennent leur souffle. Hicham débute par un rappel de la leçon précédente, axée sur le changement climatique. «Quel temps fait-il?». Silence dans la salle. «Il pleut», hésitent quelques uns. La voix de l’enseignant tonne: «Vous êtes censés apprendre vos leçons!». Sur le même ton, il complète les réponses des uns et des autres par deux ou trois mots. Mais après cette colère toute pédagogique, le jeune professeur-stagiaire à l’ENES met vite à l’aise ses élèves. Il ne suffit pas de maîtriser son domaine et de savoir expliquer les complexités de la matière, il faut aussi être doté d’un certain charisme. Hicham n’en manque pas. Modeste, il n’en impose pas moins le respect.Défenseur acharné de la langue française, il enchaîne son programme. Il se dirige vers le tableau pour écrire le thème de la soirée. Ses mains sont entachées de craie bleue qu’il tient nerveusement. Le silence règne. Exercice pratique: comment répondre au téléphone?Un peu théâtral, il se retourne vers les élèves, les lunettes à la main: «Je lis!». Suivent la lecture d’un dialogue sur son cahier et un ordre sans appel:«Vous devez l’apprendre par cœur ce dialogue, comme si vous buviez de l’eau!» - Oui, Monsieur… , répondent les jeunes étudiants troublés. - «Le visa vous attend…, un voyage à Mexico!», renchérit Hicham pour les motiver et détendre l’atmosphère.Après une heure de cours, Hicham prend une chaise et surprend ses troupes en annonçant: «Je suis fatigué, vous comprenez?»Entre deux, il confie: «En matière de langue française, je n’arrête pas d’apprendre en enseignant cette langue aux élèves. Je me tiens au courant ainsi des évolutions de mon domaine…»Reposé, le jeune enseignant quitte sa chaise et repars au combat. Celui de la langue française, mais aussi et surtout du dévouement vis-à-vis de ses élèves. A noter que ce portrait a été réalisé lors d’un stage de formation pour des journalistes à Meknès, dans les locaux de la coopérative, en vue de sensibiliser la presse aux actions des ONG. Une initiative de l’ambassade de Grande-Bretagne au Maroc.F.Z.T.

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