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Société

Affaire Izzou, Bin Louidane & Cie
La bataille défense/parquet engagée

Par L'Economiste | Edition N°:2644 Le 02/11/2007 | Partager

. Les avocats réclament la nullité des procédures . Et accusent les enquêteurs de «torture» lors de la garde à vueActuellement traitée par la Cour d’appel de Casablanca, l’affaire de corruption et de trafic international de stupéfiants promet de houleux débats. Le procès qui réunit des hauts responsables sécuritaires tels qu’Abdelaziz Izzou, ex-patron de la sécurité des palais royaux, et des narcotrafiquants notoires (Mohamed Kharraz, alias Ch’rif Bin Louidane) en est encore aux questions de forme, mais la tension est à son comble durant les audiences. La dernière en date a eu lieu mercredi 31 octobre à la salle 5 de la Cour d’appel. Après avoir déposé une plainte jugée irrecevable et «accusant de faux les PV d’enquête», la défense s’est attaquée aux vices de forme. L’avocat d’Abdessalam Aiad, un des proches de Bin Louidane, a réclamé à la Cour la réalisation d’une expertise médicale pour son client. Ce dernier aurait été, selon son avocat, «victime de maltraitance et de torture durant la période de garde à vue». Plus mouvementée, la seconde intervention concernait le colonel de Gendarmerie royale, Akka Abhar, également poursuivi dans ce dossier et comparaissant en état de détention préventive. Abdellatif Wahbi, avocat d’Abhar, a réclamé la nullité de toute la procédure d’enquête et d’instruction concernant son client. Pour appuyer ses propos, Wahbi invoque l’article 268 du code de procédure pénale (CPP) qui accorde un privilège judiciaire aux officiers. Cette disposition stipule que «lorsque l’imputation vise un officier (…), pour un crime ou un délit commis dans l’exercice de ses fonctions, le premier président de la Cour d’appel, saisi par le procureur général près cette cour (…), ordonne que l’affaire soit instruite par un juge d’instruction choisi hors de la circonscription où l’inculpé exerce ses fonctions».Wahbi a donc affirmé que cette disposition n’a pas été respectée «puisque c’est le juge Jamal Serhane qui a, indifféremment, instruit les dossiers de tous les accusés dans cette affaire». Devant la véhémence de l’avocat, le représentant du ministère public n’est pas resté les bras croisés. Il a soutenu que toutes les procédures ont été respectées et «que c’est bien le président du tribunal qui a désigné Serhane pour instruire le dossier d’Abhar».La réponse du ministère public aura été le dernier acte de l’audience. Celle-ci reprendra le 7 novembre.Pour rappel, l’affaire Izzou, Bin Louidane & Cie a éclaté au grand jour après l’arrestation de ce dernier le 25 août 2006. Lors de son interrogatoire, Bin Louidane donne le nom d’une trentaine de sécuritaires de la région du Nord qui lui «auraient facilité le trafic des stupéfiants entre les côtes marocaines et espagnoles, en contrepartie d’importantes sommes d’argent». Naoufal BELGHAZI

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