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    Société

    Meknès/Coopérative Ennamae
    Des licenciés se rendent utiles pour leur quartier

    Par L'Economiste | Edition N°:2644 Le 02/11/2007 | Partager

    . Cours de langues, d’informatique et de couture. Soutien scolaire pour les petits écoliersIl est 19 h, le local est bien animé à la Coopérative Ennamae d’alphabétisation, d’éducation et de formation (Cenalef) de Meknès. De petits écoliers affluent, avec leurs parents, venus suivre des cours de soutien au sein du centre. Cette coopérative, créée en 1999 par un groupe de licenciés, vient remplir le vide en matière de soutien pédagogique au sein du quartier populaire de Wjah Arous (visage de mariée en arabe). «En plus du soutien scolaire pour les jeunes écoliers, explique le président Abderrahim Filali Azhari, la Coopérative Ennamae (accroissement en arabe) dispense aussi des cours de langues, d’informatique, de couture et d’alphabétisation pour des prix symboliques. Nous organisons également des journées de sensibilisation pour la santé.» Les retardataires arrivent en courant. Les autres en profitent pour bavarder dans le couloir. Le professeur de français, un jeune licencié en littérature française, est arrivé il y a belle lurette. Il attend le reste du groupe: beaucoup travaillent et ont du mal à se libérer. Voilà un an qu’il enseigne ici en attendant de décrocher son diplôme et d’être professeur dans un lycée (voir article ci-contre). Les étudiants sont dispatchés selon leur niveau. Le prix des cours est de 100 DH par mois. Enfin, vers 19h30, Hicham Haddi, notre jeune professeur, peut enfin commencer son cours. Dans une petite salle toute peinte en jaune, les élèves se sont installés. Ils sont beaucoup trop nombreux par rapport aux places disponibles. Deux rangées de quatre tables, un grand tableau noir, un calendrier et des affiches sont le seul décor de cette modeste salle de cours. A part quelques collégiennes et un lycéen, les autres travaillent déjà. Parmi eux, Driss, la trentaine, commerçant. Il vient trois fois par semaine pour suivre ces cours d’une heure et demie. C’est pour partir en France qu’il veut perfectionner son français. Il a échoué une première fois au test de langue pour l’obtention de son visa. L’ambassade de France lui donne quatre mois pour se représenter.Mais ce n’est pas la seule motivation des élèves de ce groupe comme Hassan. La plupart veulent apprendre à communiquer et améliorer leur niveau. Le cours commence, il n’est pas facile de le suivre, car, dehors, de petits écoliers révisent leurs cours de maths à haute voix. D’autres plus âgés, excités devant leur PC, manipulent nerveusement la souris.«Yassine, répond à la question!»: Le professeur s’adresse à un jeune lycéen. Celui-ci répond correctement bien que quelque peu gêné par son accent et par les ricanements des autres. Pas facile non plus pour l’enseignant qui doit gérer plusieurs niveaux de français en même temps. De nouveaux arrivants affluent. Ce sont des parents venus chercher leur progéniture. Ce quartier, certes populaire, ne vit pas la nuit. Il fait noir et seul le bruit de quelques voitures vient briser le silence de la rue déjà endormie.20h20, Hicham, gagné par la fatigue, n’en reste pas moins vigilant: il fait enlever sa casquette à un de ses protégés.Meriem, une petite collégienne, arbore la «tenue officielle» des adolescents de son âge: jean-baskets-pull et porte encore son tablier. Elle suit très attentivement la leçon et ne semble aucunement gênée par ses fautes de syntaxe. Elle répond à toutes les questions.«Protagonistes». Dès que le «prof» a prononcé ce mot, il est envahi de regards interrogateurs. «Le carnet SVP, vous avez un nouveau mot à retenir!» Très disciplinés, les étudiants s’exécutent rapidement. Puis, Oumaima, une adolescente très timide, lit l’énoncé du cours. Elle s’interrompt. Ses voisins n’hésitent pas à lui souffler la réponse et à l’encourager en arabe. «Pas d’arabe en cours de français!» rappelle à l’ordre le professeur Hicham. Plus jeune que certains de ses élèves, Hicham sait s’imposer et faire régner l’ordre dans sa classe.21 h, fin de la leçon. On se sépare pour se donner rendez-vous à la semaine prochaine. D’ici là, les étudiants se voient offrir gratuitement par Hicham un voyage… au pays de la grammaire française!


    Annamae ou l’aventure d’un groupe de licenciés

    En 1999, un groupe de licenciés du quartier Wjah Arous de Meknès décide de créer une coopérative pédagogique. La coopérative Annamae est alors née. A l’aide de modestes moyens, ces jeunes diplômés œuvrent pour combattre le spectre de l’analphabétisation. Leurs efforts vont vite porter des fruits. Ils signent des conventions avec des organismes de l’Etat, notamment l’Anapec. La coopérative s’est également assurée le soutien financier de l’ambassade de Grande-Bretagne. D’ailleurs cette dernière a financé un stage de formation pour des journalistes à Meknès, dans les locaux de la coopérative, en vue de sensibiliser la presse aux actions des ONG. La coopérative Annamae a pu décrocher des subventions pour mieux s’équiper. Aujourd’hui, elle compte sept membres et quatre annexes. Elle forme plus de 540 personnes dont 240 en alphabétisation. Sara BADI

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