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Economie

Un nouveau plan pour stimuler la création d’entreprises

Par L'Economiste | Edition N°:1980 Le 17/03/2005 | Partager

. Financement, cadre juridique et réglementaire… les axes d’une démarche. Vers une révision du capital exigée pour les SARL? . La domiciliation de l’entreprise, un surcoût inutileLa création d’entreprises pose problème. Il n’y a surtout pas assez d’initiatives. Le gouvernement est conscient de ces insuffisances et compte inverser la tendance. Pour cela, une batterie de mesures est prévue. L’objectif est d’insuffler une nouvelle dynamique à la croissance économique. A cet effet, Rachid Talbi Alami, ministre des Affaires économiques et générales, a présidé deux réunions avec le ministère des Finances, le ministère de l’Industrie et du Commerce, la CGEM, la fédération de la PME, l’agence nationale de la PME… La démarche retenue s’appuie sur quatre axes dont l’un concerne l’esprit d’entreprise. La culture entrepreneuriale n’est pas très développée. Les jeunes diplômés ne semblent pas très intéressés par la création d’entreprises. Ils veulent intégrer l’Administration. Des expériences d’initiation à l’entreprenariat, menées dans certaines grandes écoles, méritent d’être généralisées. L’idéal est de développer cette initiative dans l’ensemble du système d’enseignement avec des modules spécifiques à la création et la gestion d’entreprise. Selon l’état des lieux dressé par ce ministère, les entrepreneurs sont souvent mal formés à l’exercice de leurs futures responsabilités. Le dispositif d’assistance et de formation à la création d’entreprises, mis en place par l’OFPPT, sera étendu à d’autres villes. Il s’agit aussi de prendre des initiatives pour aider les salariés à se reconvertir et saisir les opportunités de l’initiative privée. Cependant, un premier travail sera mené sur l’environnement général. Sur le plan du cadre juridique et réglementaire, des corrections sont nécessaires. Le capital minimum de 100.000 DH exigé pour la création d’une SARL est jugé élevé. Ce montant ne correspond pas toujours aux besoins réels dans les secteurs de l’artisanat, les services ou les NTI. Alors beaucoup de porteurs de projets, ne disposant pas de ce capital de départ, basculent dans l’informel. Pour cela, il faut réduire le montant de cette mise. Des pays développés ont fixé le fonds minimum à niveau symbolique. . “Processus compliqué”La domiciliation des entreprises présente également un obstacle. L’achat ou la location d’un local commercial sont très chers. Ce sont des coûts qui freinent la création d’entreprises et détournent inutilement des capitaux de leur fonction productive. Pour contourner cet obstacle, il est nécessaire de domicilier les entreprises dans les chambres de commerce, les pépinières… Idem pour les infrastructures d’accueil dont l’accès est considéré comme un “processus compliqué”. Les procédures administratives ne sont pas en reste. Toutefois, force est de reconnaître que les formalités administratives pour la création d’entreprises ont été assouplies depuis la mise en place des Centres régionaux d’investissement (CRI). Le financement de la création pose problème. Sur ce registre, une panoplie d’instruments existe, mais n’ont pas produit l’effet de levier attendu. Il faudra les reprofiler et mettre en place des mécanismes de financement régionaux pour les adapter aux produits et services développés localement. L’accès au financement pose également problème. L’état des lieux fait apparaître un déficit d’information sur le dispositif existant et l’insuffisance des garanties présentées par le créateur d’entreprises. A cela s’ajoute la forte centralisation des outils, conduisant à l’absence d’implication des acteurs locaux. Sur ce registre, on propose de renforcer les structures d’appui pour être en mesure d’accompagner l’entrepreneur dans la préparation de son business plan et la présentation d’un projet bancable. Autre mesure, la création de synergies entre ces réseaux d’accompagnement et le financement. Rappelons que les organismes ayant pour mission l’accompagnement à la création d’entreprises sont nombreux: CRI, chambres de commerce, délégations du ministère du Commerce et d’Industrie, la maison des jeunes entrepreneurs… Malgré cette profusion, des promoteurs éprouvent des difficultés à recueillir l’information nécessaire et ne reçoivent pas toujours l’assistance indispensable pour concrétiser leur projet. Pour cela, il est impératif d’améliorer la qualité et l’offre des services de ces structures sur l’ensemble du territoire. Le Maroc ne se limite pas à Casablanca ou Rabat. Il s’agit aussi de démultiplier ces structures en associant fortement les collectivités locales.Mohamed CHAOUI

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