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Economie

Un insecte s’attaque à la tomate

Par L'Economiste | Edition N°:2854 Le 05/09/2008 | Partager

. Tuta Absoluta peut pondre 200 œufs et avoir 10 à 12 générations par an. Pour le moment, seule Bouâareg, commune rurale de Nador, est infectéeTuta Absoluta, retenez bien ce nom. C’est l’insecte qui attaque, depuis le mois de mai, la tomate à Bouâareg, commune rurale de Nador. Originaire d’Amérique du Sud, cet insecte mesure à peine 5 mm. Il est apparu en Espagne en 2006 et d’une façon concomitante, en Algérie et au Maroc, en mai dernier. C’est à cette période que les agriculteurs marocains ont commencé à constater les premiers dégâts causés par cet insecte jusque-là inconnu au Maroc. Tuta Absoluta est capable de provoquer d’importants dégâts au niveau du plein-champ en raison du fait que les cultures n’y sont pas protégées. D’après les informations fournies par les autorités compétentes espagnoles, dans la région d’Almeria, en cas d’infestation, l’insecte peut détruire jusqu’à 100% des cultures. «Nous sommes en train de faire de la prospection pour avoir une idée aussi précise que possible de l’étendue de l’infestation. Pour le moment, la présence de l’insecte est limitée à Bouâareg, mais il y a toujours un risque d’extension de l’infestation à travers la commercialisation du fruit, le transport des tomates ou de leurs plants, le déplacement de l’insecte lui-même d’une région à une autre...», explique Amal Rahel, chef du Service central de la protection des végétaux, au ministère de l’Agriculture et des Pêches. Selon notre interlocuteur, on doit s’estimer heureux qu’en raison de sa taille, ce papillon ne vole pas beaucoup. De plus, en raison des températures élevées qui prévalent au Maroc, il n’a pas beaucoup de chance de se déplacer de lui-même.La région de Nador n’est pas une grande productrice de tomates, à peine 41 ha de cultures en plein-champ et sous serres, mais les autorités redoutent que Berkane ne soit à son tour contaminée, puis Agadir. Ces deux régions comptent d’importantes cultures de tomates. «Les directions provinciales de l’agriculture d’Oujda et de Nador ont organisé, les 29 et 30 août, deux journées de sensibilisation au profit des agriculteurs et un arrêté gubernatorial est en cours de signature chez le gouverneur de Nador. L’objectif de cet arrêté est de rendre obligatoire la lutte contre cet insecte et de prendre les mesures appropriées», rassure Rahel, qui affirme que tous les professionnels du Royaume sont maintenant alertés. Par ailleurs, une réunion avec les membres de l’Apefel (Association des producteurs exportateurs de fruits et légumes du Maroc) est prévue la semaine prochaine pour examiner la stratégie de lutte contre ce nouveau ravageur qui, outre la tomate, a aussi un faible pour le haricot, l’aubergine et la pomme de terre.Au niveau du ministère de tutelle, une cellule de crise a été mise en place, comprenant la Direction de la protection des végétaux, du contrôle technique et de la répression des fraudes, ainsi que les responsables locaux.S’agissant des moyens de lutte contre Tuta Absoluta, Rahel précise qu’il est difficile de combattre ce ravageur dans les plein-champs. De par l’expérience des spécialistes d’Amérique du Sud, l’insecte résiste à certains produits chimiques. Rahel invoque l’expérience espagnole en matière de désinfection des serres. «Il existe des triangles de piégeage contenant des phéromones à glue pour attirer le mâle. Et ces pièges sont disponibles au Maroc». Applicable dans les serres, cette technique n’est pas adaptée au plein-champ à cause du soleil et de la poussière qui abîment les pièges», déclare le chef du service central de protection des végétaux. Les experts marocains sont devant un insecte inconnu qui a fait son apparition au Maroc pour la première fois. Venant d’Amérique du Sud, l’on ne sait pas encore comment il évoluera dans des conditions climatiques différentes de celles de son continent d’origine.Hassan EL ARIF

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