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    Affaires

    Transport de fonds: Vigilance avec ou sans terrorisme
    Entretien avec Quentin Loontjens, directeur régional de G4S

    Par L'Economiste | Edition N°:2355 Le 06/09/2006 | Partager

    Leader mondial du transport de fonds, Group 4 Securicor (nouveau nom de Group 4 Falck), est présent au Maroc depuis 10 ans. Dans cet entretien, le directeur régional Afrique du Nord du groupe, Quentin Loontjens, exprime son point de vue par rapport au risque terroriste et détaille les grandes lignes des règles de sécurité appliquées dans cette activité. - L’Economiste: Comment vous évaluez le risque terroriste lié à votre activité au Maroc?- Quentin Loontjens: Je crois qu’il n’y a pas lieu de parler d’un risque lié uniquement aux actions terroristes. Notre activité est confrontée, depuis toujours, aux différentes catégories d’organisations criminelles. Le transport de fonds étant un de leurs moyens de financement. Les actions terroristes se distinguent par leur aptitude à semer la terreur populaire. Elles ne concernent pas uniquement les groupes religieux radicaux. . Quelle est donc votre appréciation des dernières arrestations du groupe Ansar Al Mahdi qui comptait s’attaquer aux transporteurs de fonds pour se financer?- Pour nous, ces événements ne constituent pas un signal d’alarme. Nous avons depuis toujours conscience de l’existence de risques pareils. Cela dit, au lieu de s’alarmer, il faudrait plutôt se réjouir. Les forces de l’ordre ont, tout de même, réussi à éradiquer cette mouvance avant qu’elle ne puisse réaliser ses objectifs. Cela nous fait moins de criminels à gérer!. Vous voulez dire qu’aucune mesure spéciale n’a été déclenchée suite à cette opération?- Dans des situations pareilles, nous adressons des notes internes aux équipes travaillant dans le périmètre de l’incident ou l’arrestation, pour les prévenir. Cette procédure ne concerne pas uniquement les menaces «terroristes», mais également les autres actes criminels qui visent notre activité.. Est-ce que ces événements peuvent servir à développer votre savoir-faire?- Nous avons la chance d’appartenir à un groupe présent dans plus de 100 pays de par le monde. La direction centrale a mis en place un groupe de recherche qui examine les attaques perpétrées de par le monde pour en tirer les conclusions utiles à notre activité. Ces éléments nous permettent d’enrichir nos procédures pour éviter des incidents similaires à l’avenir. . Comment vous évaluez l’état de sécurité au Maroc à la lumière de ces événements?- Au Maroc, nous bénéficions d’un environnement beaucoup plus sécurisé que dans plusieurs pays d’Europe, où l’on assiste à des hold-up pratiquement chaque semaine. Et ce, grâce à la faiblesse du nombre d’armes en circulation et des barrages sécuritaires existants à la sortie des agglomérations urbaines. Mais nous sommes, tout de même, en proie à des attaques à l’arme blanche ou aux fusils de chasse. Nous adoptons, en tout cas, le niveau de vigilance prescrit par les normes du groupe pour assurer un maximum de performance. . Quels sont les critères qui définissent ce niveau de vigilance?- Toute entreprise de transport de fonds se doit de réaliser sa mission sans qu’aucun accident, quelle que soit son envergure, ne se produise dans les convois. Notre objectif consiste, donc, à mettre en œuvre tous les moyens humains et matériels possibles pour limiter l’effet des différentes catégories de risque sur notre activité. Toutefois, nous ne pouvons pas parler de «normes standards» pour définir le niveau de vigilance. Ces règles sont définies, d’un commun accord avec le client, en fonction du lieu, de l’environnement de livraison ainsi que de l’importance des fonds transportés. En fonction de ces critères, nous élaborons des procédures qui nous permettent d’assurer le maximum de sécurité. Cela va de l’horaire et du lieu de livraison aux personnes habilitées à intervenir.... Peut-on donc parler de différence entre les normes de sécurité dans les grandes et les petites agences bancaires?- La détermination des standards de vigilance, au cas par cas, ne veut pas dire pour autant que les normes universelles de sécurité bancaire sont compromises. Ces règles sont obligatoires quelle que soit l’institution à livrer, il faut juste les appliquer proportionnellement à la taille. Par exemple, une grande agence composée de plusieurs pièces a besoin de plus de détecteurs d’intrusion qu’une structure de moindre taille disposant d’une seule pièce. . Quels sont les dispositifs de sécurité à prévoir pour les véhicules blindés?- Le principe du blindage consiste à empêcher les criminels de s’emparer des fonds à livrer en attendant l’arrivée des secours. Pour ce faire, les véhicules sont conçus de telle sorte à ce que toutes les tentatives d’intrusion soient réprimées, et ce, pour une durée suffisante pour l’arrivée de l’aide. Les camionnettes de transport de fonds sont d’ailleurs équipées de GPS qui permet de les localiser en temps réel et prévenir immédiatement les forces de l’ordre. Même si les agresseurs arrivent à s’emparer de l’argent, ce qui est très improbable, le système déclenche un mécanisme d’autodestruction des billets volés. Cela dit, je ne suis pas autorisé à dévoiler les caractéristiques détaillées de ces véhicules pour des raisons de sécurité.. Si les véhicules sont sécurisés, comment être certain que les transporteurs de fonds accomplissent parfaitement leur mission?- Chez nous, le passage d’un opérateur à l’activité transport de fonds n’est pas systématique. Il doit d’abord faire ses preuves dans le gardiennage pendant plusieurs années avant d’être sélectionné. Une fois choisi, il est soumis à un programme de formation qui lui permet d’assimiler les procédures méticuleuses du transport de fonds. Nous avons généralement affaire à de bons pères de familles qui ont conscience de la délicatesse de leur mission. Nous essayons également de limiter la pression psychologique sur l’opérateur en automatisant les procédures dans la mesure du possible. . Reste à sécuriser le passage entre le véhicule et le lieu de livraison des fonds, appelé communément risque trottoir- C’est là qu’intervient le rôle des procédures préétablies avec le client. Ces règles permettent à nos équipes de bien reconnaître le lieu, l’horaire et les conditions de livraison pour sécuriser l’opération au maximum.. Peut-on avoir une idée de la somme des fonds que vous transportez au Maroc?- Nous ne pouvons pas nous amuser à dévoiler ce genre d’information pour servir notre gloire personnelle. Il faut avant tout réfléchir à nos 2.500 opérateurs engagés sur le terrain, dont la sécurité peut bien être compromise par des déclarations pareilles.Propos recueillis par Nouaïm SQALLI

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