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    Economie

    Textile-habillement
    «Les délocalisations stabilisent une main-d’œuvre prête à émigrer»

    Par L'Economiste | Edition N°:1907 Le 01/12/2004 | Partager

    Elu depuis moins de trois mois à la tête de l’Association des industries du textile et de l’habillement, Karim Tazi s’inquiète des répercussions des chamboulements internationaux sur l’industrie marocaine. Dans une interview exclusive, il livre à L’Economiste les grandes lignes de son mandat et son analyse sur les rendez-vous mondiaux qui détermineront l’avenir du secteur. - L’Economiste: Quels sont les grands axes de votre mandat?- Karim Tazi: Ils sont au nombre de quatre. La professionnalisation de la structure permanente de l’Amith et la mise en place d’une très grande base de données de l’industrie textile marocaine. Egalement au programme, la mise à niveau des entreprises qui devront amorcer le virage vers la cotraitance et le produit fini. Sans oublier le développement des consortiums et groupements d’entreprises ainsi que la promotion du Maroc comme terre de délocalisation des industries espagnoles et portugaises. Il est évident qu’il y a une limite à ce que des industriels bénévoles peuvent réaliser et que le recours à des salariés bien formés et motivés est la seule façon d’atteindre les objectifs ambitieux que l’Amith a pour le secteur. Cela suppose également le renforcement de l’assise financière de l’association et nous avons l’intention d’y parvenir en renforçant les prestations payantes. Quant à l’accompagnement des entreprises dans leur démarche de mise à niveau, on peut dire que ces dernières sont devant une jungle d’organismes et de mécanisme différents. Foman, Fortex, Giac, Meda, CSF… et j’en passe. Les entreprises ont besoin d’aide pour construire leur démarche. C’est ce que nous essayons de faire, mais que nous comptons encore mieux faire à l’avenir. Une autre de mes priorités, la promotion du Maroc comme destination “top of mind” des délocalisations espagnoles et portugaises. Il s’agit là d’une opportunité historique pour le Maroc et d’une occasion pour nous de redynamiser le tissu industriel marocain.- A votre avis, comment le Maroc peut-il se positionner vis-à-vis de la colère qui monte en Europe contre les délocalisations?- Aussi douloureux soit-il, ce mouvement de délocalisation est inéluctable. Ce qu’il nous faut, c’est expliquer à nos partenaires européens que si les délocalisations pouvaient servir à construire cet espace euroméditerranéen alors elles seraient un moindre mal. En effet, créer des emplois au Maroc c’est renforcer une économie cliente de l’Europe et stabiliser une main-d’oeuvre qui aurait fini par émigrer. A quelque chose malheur est bon.- Comment percevez-vous le développement du secteur à court et moyen termes?- L’industrie du textile et de l’habillement devra passer par une phase de restructuration qui a d’ailleurs déjà commencé. Pour ce qui est du marché européen, je crois que l’on s’apercevra très vite, à condition que le Maroc se repositionne sur des créneaux de forte réactivité, notre industrie a encore de beaux jours devant elle. J’insiste sur le rôle de l’Etat, car dans une contrainte de forte réactivité, chaque heure compte et certaines administrations telles que la Douane, l’Odep ou l’Onda devront comprendre le rôle qui est le leur en tant qu’acteurs à part entière de cette chaîne logistique. La parfaite fluidité des flux de marchandises entrants et sortants sera cruciale et nous ne pourrons nous permettre aucun goulot d’étranglement. Une grande partie de la compétitivité marocaine dépendra d’elles. Pour ce qui est du marché américain, on peut être optimistes car, alors même que l’ALE n’est pas encore entré en vigueur deux investissements énormes, Legler et Tavex, sont venus renforcer un amont sans lequel l’énorme potentiel de ce marché ne pourra être réalisé.- Que représente la menace chinoise pour le marché local?- Il faut faire une distinction entre les produits chinois importés légalement et ceux qui font l’objet de sous-facturation. Ce sont ces derniers qui représentent la menace la plus grave. Des milliers d’emplois marocains sont en danger, sans compter l’intérêt du consommateur, car souvent ces produits souffrent de sérieux problèmes de qualité. L’Amith a récemment rencontré le directeur général des Douanes et nous sommes sortis de cette réunion convaincus de sa détermination à tout mettre en oeuvre pour contrecarrer ces pratiques. Là où les fraudeurs jouent en trichant sur les valeurs, nous pouvons répondre en imposant des normes qualité. Reste que sur un plan pratique, il y a un important travail à faire pour former les agents à ces normes et affiner les procédures de contrôle. Là encore, seule l’action conjointe des professionnels et des pouvoirs publics peut apporter une réponse à cette menace.- Comment comptez-vous favoriser la création des consortia?- En mettant en valeur les expériences réussies. On ne le sait pas assez, mais plusieurs expériences de consortia ont été menées au Maroc, notamment grâce à l’aide de l’Onudi, et la plupart d’entre elles sont des succès.En se regroupant, les entreprises peuvent accéder à des services ou des ressources qu’elles ne peuvent pas obtenir en agissant individuellement. Elles peuvent également partager des frais d’exploration commerciale, de création de collections. Les consortia ont d’innombrables avantages, mais ils représentent une rupture par rapport à la façon traditionnelle d’agir d’une entreprise. Il faut dédramatiser cette rupture.Propos recueillis par Nadia DREF

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