Affaires

Télécoms: Wana persiste à défendre sa technologie CDMA

Par | Edition N°:2772 Le 08/05/2008 | Partager

. Mobile: La phase II du développement. L’écart de 5 milliards de DH, un «incident normal». Tirer profit des avantages de la téléboutiqueON ne donnait pas cher de la peau de Wana, quand en mars 2007 la filiale télécoms de l’ONA se lançait sur le segment du téléphone fixe, alors une sorte de chasse gardée de Maroc Telecom. Aujourd’hui, les chiffres de l’Agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT), au 31 mars 2008, sonnent comme un contre-pied. Sur le segment fixe résidentiel, dont le parc a atteint près de 2,2 millions de lignes, Wana s’impose en leader avec 62,6% de parts de marché. A noter toutefois que ce parc connaît une croissance en dents de scie. Elle avait atteint 41,93% au 1er trimestre 2007 avant de retomber à 13,7% à la même période cette année. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les chiffres démontrent que seul le choix du consommateur détermine la réalité du marché. Pour arriver à cette performance, le 3e opérateur a osé inventer un produit adapté aux besoins du consommateur marocain. Celui-là même qui a fait le succès de l’ingénieuse invention de Maroc Telecom, la téléboutique. Le concept Bayn, «la meilleure téléboutique entre tes mains», naissait. Un concept marketing fondé sur trois principes de base, chers au consommateur marocain. Un: en plus des avantages certains qu’offre la traditionnelle téléboutique de Maroc Telecom, Bayn permet d’appeler «en tout confort tous les téléphones portables et fixes à 1 DH seulement». D’où le 2e argument qui tient de la réalité du pouvoir d’achat du consommateur marocain lambda, «tu peux maîtriser tes dépenses au dirham près, comme à la téléboutique». La 3e approche décline le concept en termes de «ta téléboutique est entre tes mains». Chez Wana, on explique simplement par le fait que «tu peux appeler à tout moment de jour comme de nuit, partout dans ta ville». Pour le reste, tout est dit dans cette accroche: «Avec Bayn, plus besoin de te déplacer à la téléboutique pour profiter de ses avantages, ta téléboutique est dans ta poche». Seulement, c’est au niveau de ce concept même de «téléboutique dans la poche» que semblait se poser le problème de perception du consommateur. Et le gag de Gad El Maleh, sur l’offre Bayn, avait jeté le discrédit sur l’opérateur quant à sa capacité à imposer sa marque. Décriée par des «experts» dans les salons bien-pensants comme un «loupé marketing» avec «une cible floue» et un «réseau qui ne marche pas», l’offre Bayn se révèle être une belle leçon de marketing. En 15 mois, elle accapare 62,60% de parts de marché, reléguant Maroc Telecom au second rang, avec 37,40% de parts de marché. Un cas marketing d’école? Rien n’est moins sûr.En tout cas, le marché semble s’y prêter. L’ANRT, pour donner du tonus à la licence fixe résidentiel qui peinait à s’imposer, décide de s’inspirer des pratiques en Asie et en Amérique, en offrant une mobilité restreinte en plus. Alors que dans d’autres Etats, on peut sortir avec son fixe dans son quartier, avec la bénédiction du régulateur, Wana décide de lancer un fixe qui soit à l’échelle de toute une ville comme Casablanca, soit un rayon de 35 km à la ronde. Les résultats de l’étude de marché révèleront une niche de consommateurs inépuisable. Et l’observation des usages téléphoniques des Marocains fait alors ressortir un constat pertinent: «Les consommateurs ont tous un téléphone mobile, mais ne leur sert que pour recevoir des appels et envoyer des SMS». Auparavant, ces mêmes critiques «télécoms» vilipenderont tous les services de téléphonie grand public de Wana, basés sur la technologie CDMA (Code division multiple access). Un débat qui oppose cette technologie de standard américain, utilisée pour le réseau cellulaire surtout en Amérique du Nord, à celle GSM, répandue au niveau européen. Chez Wana, on reste convaincu que «ce choix s’explique par les avantages qu’offre la technologie CDMA, qui permet plus de couverture par rapport au GSM». Si l’on en croit plusieurs spécialistes, l’accès de données avec la technologie CDMA est beaucoup plus élevé et son débit se situe à 153,6 kilos bits/seconde, contre 50 kilos bits/seconde pour la technologie GSM. Pourtant, parmi les causes de la démission de Saâd Bendidi de la tête de l’ONA (cf.www.leconomiste.com), une «mauvaise appréciation de la stratégie technologique» de la filiale télécoms du groupe. De sources proches du dossier, l’on tient néanmoins à relativiser l’affaire de l’écart de 5 milliards de DH du montant d’investissement, en plus des 7 milliards initialement prévus. «C’est tout à fait normal dans les télécommunications», s’insurge un des administrateurs de Wana. Il rappelle le cas de Méditel qui avait annoncé un investissement de 1 milliard de DH pour finalement investir 4 milliards. De toute évidence, les 5 milliards de DH supplémentaires demandés, nécessaires à la phase II de développement du projet Wana, «pourront être revus à la hausse comme à la baisse, en fonction du projet de développement de la filiale».Plus que question de quelques jours. La phase II du projet de développement de Wana, pour son offre mobile, est en finalisation. C’est peut-être sur ce segment que devrait se jouer le vrai avenir de la filiale télécoms de l’ONA.


Carton plein sur le segment Internet!

WANA a séduit 80% des nouveaux clients Internet au premier trimestre 2008 et a franchi en 3 mois le seuil de 15% de parts de marché grâce à son offre Internet 3G. Ils sont 44.000 nouveaux abonnés au premier trimestre 2008 à avoir opté pour l’Internet Wana contre 11.000 pour les deux autres opérateurs.Bachir THIAM

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