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Economie

Tarifs AMO: Ce n’est pas définitif
Entretien exclusif avec Chakib Tazi, directeur général de l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam)

Par L'Economiste | Edition N°:2226 Le 03/03/2006 | Partager

Le régulateur rassure. Les tarifs de l’assurance maladie obligatoire ne sont pas définitifs ni la liste des médicaments remboursables d’ailleurs. Des ajustements se feront au fur et à mesure que l’AMO prendra sa vitesse de croisière. Ce sera d’ailleurs une des tâches de la future commission de transparence qui sera instituée à l’occasion du premier conseil d’administration de l’Anam. Chakib Tazi, qui a la difficile mission d’arbitre entre organismes de remboursement et producteurs de soins, jette au passage un pavé dans la marre: les médecins n’auraient pas fait de contre-propositions aux tarifs des assureurs.- L’Economiste: Ces dernières semaines, on a assisté à une montée en fronde des producteurs de soins. Les professionnels de la santé affirment avoir été ignorés lors des préparatifs de l’AMO…- Chakib Tazi: La commission qui a œuvré lors des travaux préparatoires de la mise en œuvre de l’AMO a été constituée des différents intervenants dans le domaine des médicaments. Il s’agit notamment du Conseil national de l’ordre des médecins, du Conseil national des pharmaciens, de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique, de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens d’officine, du Syndicat des médecins du secteur libéral sans oublier la Cnops, la CNSS et les CHU de Casablanca et de Rabat. Or, il faut comprendre que la liste des médicaments remboursables, arrêtée par cette commission n’est pas définitive. Elle fera l’objet de modifications permanentes, chaque fois qu’un médicament est jugé important. Ces changements seront effectués par une commission de transparence qui sera instituée au sein de l’Anam, lors de sa première réunion du conseil d’administration qui aura lieu dans les prochains jours. Cette commission décidera de l’introduction ou du retrait de médicaments selon leur service médical rendu. C’est en tout cas ce que le décret 733 de portée générale donnant application de l’AMO stipule. - On reproche à la liste des médicaments remboursables d’être trop restrictive? - C’est la méthodologie de travail qui a donné ce résultat. Je tiens à souligner que les intérêts sont divergents et certains médicaments, au regard de leur service médical rendu, n’ont pas été jugés indispensables à la liste. - Les tarifs de la nomenclature médicale ont également révélé de profondes divergences? - Plusieurs spécialistes perçoivent 120 DH par consultation et n’en demandent pas plus. A mon sens, il n’y a pas que la satisfaction des médecins qui doit être prise en compte. Nous devons aussi prendre en considération l’aptitude des malades à payer leurs soins et la capacité de financement disponible des organismes gestionnaires de l’AMO. Il y va, d’une part, de l’équilibre budgétaire et de la pérennité du système. D’autre part, la proposition de fixer à 120 DH le prix d’une consultation chez un spécialiste a été soumise à négociation. Mais, rien n’est encore arrêté. C’est juste une proposition à laquelle, malheureusement, les médecins n’ont pas donné de contre-proposition. . Assumer les responsabilitésCela dit, je tiens à préciser que l’Anam arbitre les négociations et ne fait pas de propositions. Ce sont les organismes gestionnaires et les professionnels qui doivent se mettre d’accord. Ainsi, les professionnels ont proposé 200 DH la consultation chez un spécialiste alors que les organismes gestionnaires ont opté pour 120 DH. De ce fait, les médecins se sentent agressés. Mais ce n’est pas une façon de négocier. Ils doivent se mettre à table, discuter et assumer leurs responsabilités. Au cas où les deux parties n’arriveraient pas à un accord, le ministre de la Santé sera dans l’obligation de trancher. - Vous êtes pointés du doigt pour manque de communication…- Je ne crois pas qu’il y ait un déficit de communication. Une campagne institutionnelle a été diffusée par les médias audiovisuels. Sans oublier toute la communication au sein des Chambres de commerce et par le biais des responsables du personnel. Peut-être que tous ces efforts n’ont pas été suffisants pour se familiariser avec l’AMO. Aujourd’hui que l’AMO est une réalité, nous ressentons un regain d’intérêt que nous sommes disposés à satisfaire.


La colère des oncologues

Pour la plupart des oncologues, la liste des médicaments remboursables a été établie par des responsables du ministère de la Santé sans concertation avec les médecins et les institutions de cancérologie. Mounir Bachouchi, oncologue au Centre d’Oncologie Al Azhar (privé) à Rabat, regrette que la liste des médicaments ne comporte qu’un quart de ceux normalement prescrits en cancérologie. «Avant l’AMO, le malade bénéficiant d’une couverture de la Cnops était traité selon les standards internationaux. Sa couverture lui donnait accès aux dernières innovations en matière de traitement», ajoute-t-il. Pour lui, un médicament comme Herceptine, prescrit pour les thérapies ciblées du cancer du sein et pouvant coûter jusqu’à 20.000 DH par mois, n’est plus remboursé. «Des cancers comme celui du poumon, du côlon, du sein métastatique, des ganglions ou encore du pancréas ne peuvent plus être soignés avec les restrictions de la liste des médicaments remboursables».


Pour l’Amip, une “catastrophe”

L’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) avait préparé et proposé une liste de médicaments. Toutefois, affirme son président Omar Tazi, elle n’a jamais été prise en compte. Pour lui, la liste des médicaments remboursables ne pose pas tellement problème puisqu’elle sera régulièrement revue. «C’est la base de remboursement des médicaments, alignée sur les prix des génériques, qui représente une catastrophe et pour le malade et pour les laboratoires pharmaceutiques». Tazi espère que cette base soit modifiée avant les premiers remboursements des dossiers qui doivent intervenir dans deux mois. Sinon, plusieurs laboratoires baisseront les prix de leurs génériques pour qu’ils soient remboursés. «Ceci faussera le jeu de la concurrence», précise-t-il. Pour le président, il faut que les prix des médicaments remboursables par l’AMO soient compris dans une moyenne entre celui du princeps (molécule d’origine) et celui du générique. Propos recueillis par Mustapha BENTAK

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