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Economie

Sijilmassi: «Trois structures pour deux missions»

Par L'Economiste | Edition N°:2665 Le 04/12/2007 | Partager

. Le PDG du crédit agricole attaché aux «missions sociales». Sfar et Ardi pour le service public et CAM la banque universelle. L’introduction en Bourse pour 2009Le PDG du crédit agricole, Tariq Sijilmassi, est très attaché à la mission sociale de sa banque. Il considère que c’est une structure «très citoyenne» engagée au quotidien auprès de l’agriculteur marocain. Mais il sait bien faire la différence entre cette vocation de service publique et l’activité commerciale du CAM en tant que banque universelle. Dans cette interview, il met l’accent sur les perspectives de développement du CAM et la nouvelle filiale dédiée aux agriculteurs moyens . L’Economiste: Comment se décrit aujourd’hui la structure du crédit agricole du Maroc? - Tariq Sijilmassi: Pour assurer les fonctions du crédit agricole du Maroc nous avons scindé ses structures en trois compartiment, qui répondent aux nouvelles exigences de la banque. Il s’agit d’abord de la banque universelle CAM. C’est désormais la quatrième banque de la place avec un PNB de 3,5 milliards de DH. Notre mission de service public est assurée d’une part par la fondation Ardi de Microcrédit. Cette structure qui compte 300 agences fournit des financements aux micro-exploitations dans le monde rural. D’autre part, nous avons créé la société de financement spécialisée (SFAR) pour prendre en charge les agricultrices non-bancables, mais qui ont besoin de financement plus important que le microcrédit. Tout cela est sous l’égide du holding Crédit Agricole du Maroc qui regroupe les fonctions support et assure le contrôle, l’audit et l’inspection des filiales. . Quelle est l’incidence de cette nouvelle structure sur les organes de gestion du CAM? - La banque devient de facto un holding. Elle sera toujours chapeautée par un conseil de surveillance présidé par le Premier ministre avec comme membres les ministres des Finances et de l’Agriculture. De par ma fonction de président du directoire, j’assure aussi la présidence des filiales (Ardi, SFAR, Holdagro, Safacred...). . Qu’est-ce qui a motivé la création de la nouvelle filiale SFAR?- Cette nouvelle structure répond à deux principaux objectifs. D’une part, assurer des fondamentaux solides pour la valeur CAM en Bourse. Si nous gardons cette catégorie d’agriculteurs dans le portefeuille de la banque universelle, nos indicateurs financiers dépendront de la pluviométrie. Ce qui plombera sérieusement le comportement de notre action sur le marché et pénalisera les investisseurs. D’autre part, il est question d’offrir des solutions de financement à 800.000 agriculteurs refusés d’office chez les banques universelles. De plus, les solutions de micro-crédit sont en deçà de leurs besoins en termes de durée et de montant. La SFAR disposera d’un réseau de 300 agences. Elle accordera des crédits jusqu’à 100.000 DH avec des durées modelables. Elle peut aussi financer les besoins d’investissement de sa cible. . Comment la SFAR sera-t-elle structurée? - C’est une filiale à 100% du CAM, dotée d’un capital de 100 millions de DH. C’est d’ailleurs la SFAR qui nous permettra de matérialiser notre contrat-programme avec l’Etat pour le financement des agriculteurs moyens qui devrait être signé d’ici quelques semaines. C’est aussi un partenaire pour l’affectation du don accordé au Maroc dans le cadre du Millenium Challenge Account. Le réseau SFAR assurera le financement des agriculteurs pour la conversion des 220.000 ha de cultures vivrières à la plantation d’oliviers. Cela permettra de porter le revenu annuel de l’hectare de 600 à 10.000 DH. Le partenariat avec l’Etat et le MCA est un moyen de sécuriser les financements et de bien encadrer les emprunteurs. . CAM a-t-il un rôle à jouer dans l’implémentation du nouveau produit d’habitat social élaboré par le gouvernement dans la loi de Finances 2008? - Nous sommes encore en deçà de nos objectifs dans le segment de l’immobilier traditionnel. C’est une activité qui recèle encore un potentiel énorme, d’autant plus que le risque d’éclatement de la bulle spéculative est improbable actuellement. Dans ce contexte, l’expérience du nouveau produit d’habitat social du gouvernement mérite d’être tentée. . Comment faites-vous pour concilier les équipes issues des différentes structures, à savoir la CNCA, la BNDE, et la BMAO?- Il est difficile de fédérer des cultures d’entreprises disparates autour d’une même structure. Mais nous avons la particularité d’avoir le Crédit agricole comme noyau dur qui fédère l’ensemble du personnel, quelle que soit son origine. Nous bénéficions d’ailleurs de l’expertise des ex-BNDE et ex-BMAO dans la banque universelle classique et la banque d’investissement.


Mini-fonds pour le développement rural

Outre sa participation au fonds d’investissement Oléa Capital, la banque a créé une mini structure pour le développement rural dans la région de Drâa. Le fonds Targa doté de 30 millions de DH est dédié à la mise en valeur des produits de terroir locaux à travers la création de petites unités industrielle, pour l’emballage et le conditionnement de produits comme le Safran, l’huile d’Argan, les dattes... L’objectif étant de faire bénéficier la population de la valeur ajoutée de leurs produits. Des fonds similaires sont en projet pour les régions de Ziz (Errachidia), Chaouen et Khénifra.


La participation au capital plafonnée à 20%

La loi de Finances 2008 comporte une disposition qui permet aux opérateurs privés de détenir jusqu’à 20% du capital du CAM. Cette participation était auparavant limitée à 10%. C’est ce qui a d’ailleurs compliqué la prise de participation de la CDG. Grâce à cette nouvelle mesure, CAM offrira une participation plus attractive aux institutionnels nationaux et étrangers. L’objectif étant d’atteindre un actionnariat décomposé en trois grands blocs de référence. D’abord l’Etat qui détiendra toujours une part supérieure à 51% du capital. Le reste sera réparti entre le privé et le flottant bourse. L’introduction du CAM à la cote est en effet prévue pour fin 2008 ou début 2009. Y aurait-il déjà un opérateur privé intéressé par une prise de participation au CAM?. «Pas encore à l’heure actuelle. Mais le potentiel de la banque est très convaincant pour les opérateurs intéressés. Il n’y a pas lieu de faire des différences entre les nationaux et les étrangers. L’essentiel c’est l’apport de l’éventuel actionnaire privé dans le développement de la banque», souligne Sijilmassi. Propos recueillis parNouaim SQALLI

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