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    Société

    Salles de cinéma
    Les véritables raisons d’un déclin
    Par Abdelhamid MARRAKCHI

    Par L'Economiste | Edition N°:3119 Le 01/10/2009 | Partager

    Dans L’Economiste du 17/09/2009, Noureddine Sail, directeur général du CCM, analysait les raisons du déclin des salles de cinéma marocaines. Un point de vue que ne semble pas partager la Chambre marocaine des salles de cinéma. Une réaction de son président Abdelhamid Marrakchi Cela fait la troisième fois que Mr le directeur général du CCM incrimine les exploitants des salles de cinéma, et les accuse de s’être enrichis grâce à ce secteur, et d’avoir investi dans la pêche et l’immobilier, laissant le cinéma mourir à petite dose.Notre association, outrée par cette déclaration répétitive, tient à mettre les points sur les «i». Durant les années 80, certes le nombre d’entrées avoisinait les 50 millions de spectateurs, les recettes enregistrées par l’ensemble du parc cinématographique national se situaient entre cent et cent vingt millions de DH (100.000.000 et 120.000.000 DH).L’Etat prélevait 44% de taxes sur le chiffre d’affaires des salles, réparties comme suit: 6% au CCM 6% à l’Entraide nationale 20% aux communes10% au fonds d’aide pour la production et l’entretien léger des salles1% à la Palestine1,5% aux droits d’auteur0,5% au droit de timbre Un palier était réservé à la petite exploitation, le règlement de ces taxes était payé chaque semaine par chèque certifié à l’Administration des douanes et impôts indirects. Le CCM a été chargé par la suite de ce recouvrement. Après la déduction de ces taxes, il restait dans les caisses des propriétaires des salles la somme de 50 à 60 millions de DH.La location des films nécessitait la moitié de ce montant soit 25 à 30 millions de DH. Le solde, soit 25 à 30 millions de DH, constitue le chiffre d’affaires de l’ensemble des 280 salles, formant le parc à l’époque.L’exploitant doit engager les dépenses suivantes:- Entretien des salles- Eau et électricité- Salaires des employés et charges sociales- Patente- Loyers- Taxes d’enseigne, publicité et divers.En plus l’exploitant n’étant pas considéré producteur fiscal, il ne peut prétendre à récupérer la TVA sur tous ses achats.Après déductions de ces prélèvements et dépenses, l’entreprise doit s’acquitter de l’impôt sur les bénéfices, qui atteignait à l’époque presque 50%. En définitive, il ne restait à l’exploitant que les yeux pour pleurer. Il faut ajouter à cela que le prix du ticket du cinéma était homologué, en vertu de la loi de 1971 instituée pour le contrôle des prix de certains articles. La libération des prix est venue trop tard, pour permettre aux exploitants des salles de cinéma un réajustement bénéfique, car les salles étaient en pleine décomposition par manque de moyens financiers.Lorsque le directeur du CCM de l’époque a pu obtenir avec l’appui des chambres professionnelles, le réajustement des taxes pour une période de 5 ans pour toute salle à rénover et de 10 ans pour toute nouvelle création, une trentaine de salles ont été remises en état, en installant le son dolby, une décoration moderne et des sièges confortables, le numérique n’existait pas encore, son apparition date depuis 2 à 3 ans, et son installation est tributaire du nombre de films tourné avec ce système.Puis vint l’avènement des cassettes vidéo, ce qui a mis un coup de freins à toute nouvelle rénovation. Les complexes Dawliz à Casablanca, Rabat, Tanger et Meknès ont apporté une nouvelle optique du cinéma, grâce à l’ex-directeur général du CCM Mr Souhail Benbarka, à qui nous rendons hommage, jusqu’à ce qu’elles soient détrônées par la création des Megarama à Casablanca et ensuite à Marrakech. Ces complexes eux-mêmes ne sont pas rentables avec 11% du taux de fréquentation à Casablanca et 3% à Marrakech (le taux de couverture doit dépasser 20%).Puis vint l’avènement du piratage sur DVD et VCD. Les premiers touchés furent les distributeurs de films, qui arrêtaient leur activité, sur 50 maisons de distribution, il ne reste que 5 en activité ralentie, sauf le Megarama qui fut contraint de s’ériger en importateur de films pour fournir ses complexes, ainsi que les autres salles qui auraient disparues si le Megarama n’avait pas existé.Qui faut-il incriminer: - L’exploitant qui a fermé son établissement faute de moyens financiers pour le rénover et à cause de l’exode de ses clients?- L’Etat à travers le CCM qui n’a pu endiguer la piraterie par ces actions sporadiques et inefficaces?La disparition des Dawliz, leur remplacement par les Megarama n’a pas influencé les propriétaires des salles (qui ont mis la clé sous le paillasson) afin de démolir leurs établissements espérant des jours meilleurs; c’est le cas des salles de Casablanca pour ne citer que: le Triomphe, Lux, l’Empire, Opéra, Verdun au centre-ville, Kawakib, Mauritania, Amal, Zahra, Saada, Atlas, Shéhérazade, al Baida en médina, etc. Il faut rappeler dans ce contexte, que même des salles très anciennes comme celle des Roches Noires, le Beaulieu d’Aïn Sebaâ sont encore debout, c’est aussi le cas des villes comme Rabat, Fès, Meknès, Marrakech, Tétouan, Tanger, Oujda, Taza, Agadir, El Jadida, Mohammedia, etc. Nous voudrions bien savoir comment les propriétaires de ces salles ont pu s’enrichir dans un secteur en voie de disparition, pour aller investir dans la pêche, l’immobilier, voire même la banque…Quant à l’avenir de ce secteur sinistré, il dépend d’une volonté politique du gouvernement, d’une décision au plus haut niveau de l’Etat, pour l’aider à retrouver son embellie, lui ristourner en partie les taxes qui lui ont été injustement imposées, et comme dit l’adage marocain «aucun chat ne fuit la maison du mariage».L’administration de tutelle doit s’unir aux professionnels pour réfléchir en commun, agir en commun et fêter en commun la renaissance du cinéma national, car sans salles, la production de films n’a aucune raison d’exister.La création des multiplex est un projet ambitieux qui a besoin d’une étude approfondie et d’énormes capitaux et l’éradication totale de la piraterie.

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