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Safi en guerre contre les pilleurs de sable

Par L'Economiste | Edition N°:2430 Le 26/12/2006 | Partager

. Des moyens limités pour surveiller les 120 km de côtes de la province. Les voleurs bénéficient de l’aide des riverains. En projet, des postes de surveillance permanents pour les plages  LES autorités locales de Safi ont peut-être brisé un tabou en organisant, jeudi 21 décembre, une journée de communication autour des carrières de sable. Cette rencontre a vu la participation d’hommes de loi, d’experts de l’environnement et d’entreprises comme Drapor. D’ailleurs, cette dernière annonce son installation prochaine dans la région pour offrir le sable de dragage comme alternative. Une solution qui serait fiable pour satisfaire la demande croissante des constructeurs pour ce matériau. Les exploitations de sable actuellement autorisées à Safi se trouvent dans leur intégralité sur des propriétés agricoles. Et aucune autorisation d’extraction n’est délivrée sur le domaine maritime de l’Etat, est-il formellement déclaré. Ce qui n’empêche pas les pilleurs de sable de sévir, notamment de nuit, en s’assurant des complicités occultes. Les interventions répressives des autorités locales sont pourtant continues et les condamnations sévères. Mais la surveillance des 120 km de la bande littorale de Safi n’est pas aisée. «De fait, les moyens tant humains que matériels sont limités», est-il indiqué. Les voleurs de sable eux s’assurent, de manière sonnante et trébuchante, la complicité des gens des douars. Ils peuvent aussi se révéler particulièrement agressifs. La nuit, ils empruntent des routes secondaires et des pistes avec des camions non immatriculés et roulant tous feux éteints. Des conducteurs prennent même soin de munir le devant et l’arrière de leurs engins de projecteurs puissants afin d’aveugler d’éventuels poursuivants. Ils n’hésitent pas à freiner brusquement et à revenir à grande vitesse en marche-arrière pour percuter le véhicule des membres d’une commission de contrôle. Récemment, une Land-Rover tout terrain a été ramenée au parc provincial toute accidentée. Les membres de la commission de contrôle s’en sont sortis avec des blessures heureusement superficielles. Les voleurs de sable sont prêts à tout pour mener à bien leur sinistre commerce. La commission provinciale de contrôle se compose de membres de la wilaya, de la direction provinciale de l’équipement et de la Gendarmerie royale. Ses dernières interventions ont permis d’intercepter 36 camions en flagrant délit d’exploitation de la propriété publique. Les poids lourds ont été mis en fourrière et des amendes ont été infligées. Celles-ci sont calculées à hauteur de 500 DH/m2. Des barrières en béton armé ont été construites pour interdire les accès aux plages. Des plages vierges qui sont malheureusement dénaturées par ces démolisseurs de la nature. Des barrières et des murettes ont été installées aux entrées des plages du nord de Safi à Beddouza, à Sidi Bouseksou, à Chninate, à Jlidate, à Sidi Radi et au niveau de la plage Rghaya. Aucune autorisation d’exploitation de sable n’est accordée au nord de Safi tant sur le domaine maritime que sur les propriétés agricoles privées, est-il indiqué. Mais les convoitises sont sans limites. Le sable procure de l’argent facile sans investissements conséquents. C’est au sud de la ville, en allant vers Essaouira, que des carrières sont autorisées et toutes se trouvent sur des terrains privés. C’est du sable de dunes qui est d’une faible teneur en sels marins à l’inverse des extractions des plages. Et contrairement aux idées préconçues, les sels marins rendent le béton friable et donc inapte aux constructions, est-il déclaré. Les extractions de sable sont estimées à quelque 450.000 m3 par an. Alors que les besoins de Safi pour ce matériau de construction sont évalués à 250.000 m3 dont près de 40.000 m3 sont extraits de l’oued Bouchane pour alimenter Youssoufia et Chamaîa.  L’excédent est commercialisé à Marrakech ou Casablanca. «Au niveau de la région, quelque 1.600 autorisations de construire pour 4.200 logements sont délivrées annuellement dont 60% pour la ville», déclare le directeur de l’équipement à Safi. Et selon des recensements de 2004, la part des constructions non autorisées est de 6,8% dans la ville de Safi et 4,8% à Youssoufia. Des mesures drastiques sont entreprises pour empêcher la mise à nu des plages. Des cahiers des charges et des récépissés de sorties sont fortement réglementés. Pour la préservation du réseau routier, le poids autorisé par camion ne doit pas dépasser les 40 tonnes. Le prix du chargement des camions est passé en quelques mois de 250 à 800 DH. Et grâce aux efforts soutenus des autorités locales, les recettes des communes limitrophes sont passées de 423.393 DH en 2005 à plus de 1,3 million de DH depuis mai 2006. Selon les prévisions, les recettes iront augmentant pour atteindre 2,4 millions en 2007. Le dragage du sable au niveau des ports est présenté comme alternative par le représentant de l’entreprise Drapor, pour qui le gisement potentiel de sable au niveau des baies et du port de Safi est estimé de grande capacité. Dans ces sites, la capacité de renouvellement est estimée à quelque 450.000 m3/an. L’entreprise propose le dragage à la traînante sur des profondeurs avoisinant les 20 m et une capacité de production de 350.000 à 500.000 m3/an à raison de 50 camions par jour. Ce qui permettra largement de satisfaire les besoins de la province et d’approvisionner d’autres régions. De plus, les taxes communales et des redevances seront assurées de manière substantielle alors que le prix de sable sera revu à la baisse à hauteur de 20%.


Surveillance

LES barrières en béton armé et les murettes construites par les autorités pour prévenir le pillage de sable sont constamment détruites par les habitants des douars limitrophes aux plages. Ils se font de l’argent en travaillant avec les voleurs de sable en chargeant leurs camions. Les portables sont aussi très utilisés pour prévenir l’arrivée de la commission de contrôle. Les complicités sont partout. Le ministère vient d’accorder un budget pour la mise en place de postes permanents de surveillance. Les modalités de fonctionnement en équipements et en moyens humains sont en cours de réalisation. Mais il faut aussi surveiller les surveillants…De notre correspondant,Mohamed RAMDANI

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